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25 août 1999 - Les enfants en période de conflits armés : Intervention de M. Yves Doutriaux, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président, après avoir lutté si longtemps pour son indépendance, votre pays assume ce mois-ci la présidence du Conseil de sécurité et vous-même, Monsieur le Ministre, allez présider les tra-vaux de la cinquante-quatrième session de l’Assemblée générale. La France s’en réjouit, et félicite votre pays pour la conduite extrêmement efficace et active des travaux du Conseil de sécurité en ce mois d’août, qui a été un mois particulièrement actif à New York. Je vous en remercie.

Je vous remercie d’avoir tenu ce débat public sur la question des enfants dans les conflits armés. Cette préoccu-pation témoigne à nouveau de la volonté du Conseil de sécurité d’assurer dans l’exercice de ses compétences la protection des populations civiles, le respect du droit international, le maintien de la paix. La paix, c’est ce que veulent les enfants qu’a rencontrés M. Olara Otunnu par-tout où il s’est rendu en Afrique, en Europe, en Asie, en Amérique.

Le débat de ce jour offre l’occasion opportune d’adop-ter une résolution bienvenue et à laquelle ma délégation souscrit pleinement.

Le constat dramatique qui a été établi, notamment par M. Otunnu, et les témoignages constants, comme celui de la situation vécue par les enfants de Sierra Leone, ne peuvent que nous inciter à agir pour assurer le respect et le renforcement de la protection minimale dont doivent bénéfi-cier les enfants.

Je soulignerai quelques éléments dans ce débat : en premier lieu, la ratification véritablement universelle de la Convention relative aux droits de l’enfant et son renforce-ment en ce qui concerne l’âge de participation dans les conflits armés qui, on le constate cruellement, ne permet pas encore de lutter contre le fléau que continuent à subir des milliers d’enfants dans le monde. Nous souhaitons que les négociations en cours sur la question aboutissent en l’an 2000 à l’adoption d’un protocole additionnel à la Conven-tion relative aux droits de l’enfant qui mette un terme à l’utilisation des enfants soldats et élève l’âge limite de la participation dans les hostilités à 18 ans.

La définition de normes internationales n’est bien entendu pas suffisante mais c’est le premier pas nécessaire. Ainsi, nous saluons et soutenons l’action entreprise par le Représentant spécial, M. Olara Otunnu, pour obtenir des parties au conflit à s’engager concrètement à respecter ces droits établis par les conventions. Il faut que l’ensemble du système des Nations Unies, mais aussi les Etats et les autres acteurs, contribuent à cette prise de conscience et agissent ensemble. La Convention relative aux droits de l’enfant est un instrument relativement récent — 10 ans seulement — mais nous devons continuer à progresser dans la voie d’une meilleure protection.

Nous nous réjouissons, en ce sens, de l’adoption du Statut de la Cour pénale internationale intervenue depuis notre précédent débat sur la protection des enfants l’année dernière. L’entrée en vigueur de la Convention d’Ottawa sur l’interdiction des mines antipersonnel constitue un autre développement positif.

La France souhaite continuer à oeuvrer activement pour protéger les enfants. Elle l’a fait en s’engageant à soutenir financièrement un projet concret de M. Otunnu. Mais dans le cadre des fonctions qui sont les nôtres au Conseil de sécurité, nous veillerons à ce que cette préoccu-pation — la protection des enfants — soit dûment et systé-matiquement prise en compte dans toutes nos décisions, y compris lors de l’application de régimes de sanctions.

La résolution que nous allons adopter tout à l’heure nous fournit à cet égard une "feuille de route" pour mettre en oeuvre ces engagements. Il faudra en assurer un suivi, à l’occasion notamment des rapports du Secrétaire général sur la protection des civils, ainsi que dans chaque cas particulier pour toutes les opérations mandatées par le Conseil de sécurité.

Par ailleurs, la diffusion incontrôlée et déstabilisatrice d’armes légères et de petit calibre fait des enfants autant des victimes que des bourreaux. C’est pourquoi la France a adopté, avec ses partenaires de l’Union européenne, comme vient de le relever le représentant britannique, une action commune et nous suivons avec intérêt les efforts identiques entrepris par d’autres pays et d’autres groupes régionaux pour maîtriser ce phénomène.

Nous devons mobiliser tous les moyens à notre dispo-sition pour que les enfants aient droit à la paix. Je salue la précieuse contribution que nous a apportée M. Otunnu et qu’il continuera à développer dans le cadre de son impor-tante mission, ainsi que celle qui est entreprise de manière constante sur le terrain par les institutions et autres organes des Nations Unies, en particulier le Fonds des Nations Unies pour l’enfance, le Haut Commissariat pour les réfugiés et le Haut Commissariat aux droits de l’homme.

Les enfants sont l’avenir de l’humanité. La protection des enfants est pour nous tous un objectif essentiel.



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