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27 juin 2000 - La situation au Timor oriental : Intervention de M. Jean-David Levitte, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

En premier lieu, je souhaiterais rappeler l’appréciation extrêmement positive que la France porte sur le travail considérable réalisé par M. Vieira de Mello et son équipe à Timor Est depuis l’établissement de l’ATNUTO. Grâce aux Nations unies, la situation au Timor oriental est désormais stabilisée, la construction de l’administration timoraise a avancé, le processus de réconciliation nationale est engagé. La France soutient sans réserve la poursuite de cette action. Dans ce contexte positif, le principal point sombre, qui n’est d’ailleurs pas directement lié aux activités de l’ATNUTO, est celui des populations réfugiées à Timor Ouest. Il faut permettre à ceux qui veulent rentrer à Timor Est de le faire en toute liberté. Il est pour cela indispensable que les autorités indonésiennes mettent fin, comme elles s’y sont d’ailleurs engagées, aux activités des milices, et offrent éventuellement à ceux qui ne souhaiteraient pas revenir au Timor oriental des perspectives d’installation dans d’autres parties de l’Indonésie.

En second lieu, je voudrais marquer combien il est important d’associer le plus possible les Timorais au processus de transition en cours. Des mesures ont déjà été prises dans ce sens avec, notamment, l’établissement du Comité consultatif national. Il convient maintenant d’aller au-delà. Nous nous félicitons que M. Vieira de Mello ait pu poursuivre les négociations avec tous les responsables politiques Timorais afin de mettre en place dans des délais rapprochés une transition exemplaire vers un système normal de gouvernement. L’établissement d’un gouvernement de coalition et d’un véritable organe législatif, ainsi que l’organisation d’élections d’ici la fin de l’an prochain, en seront les étapes marquantes. Dans cette même perspective, M. Vieira de Mello pourrait sans doute nous informer, après consultation des responsables politiques timorais, du choix d’une date-cible pour l’indépendance. Après d’autres, je voudrais souligner que l’indépendance ne signifiera en rien la fin de la présence de la famille des Nations unies à Timor. Elle signifiera son maintien sous d’autres formes.

Dans cet esprit, nous nous félicitons des premières réductions d’effectifs de l’ATNUTO confirmées par M. Vieira de Mello. Nous estimons que l’apaisement de la situation locale permet une réduction substantielle et progressive des effectifs militaires d’ici la fin de l’année, puis au premier semestre de l’année 2001, sans naturellement mettre en cause le dispositif de sécurité à la frontière. La formation accélérée et la montée en puissance d’une police locale efficace et compétente nous semblent prioritaires pour assurer une transition en douceur. Un départ brutal de l’ATNUTO à l’échéance de son mandat pourrait en effet constituer un facteur majeur de déstabilisation pour le pays nouvellement indépendant. Il faut donc prévoir et organiser une décroissance de la force échelonnée dans le temps.

Le troisième point, et non le moindre, est de s’assurer que Timor Est, au terme du processus de transition actuel, puisse être un Etat viable, capable notamment d’atteindre l’autosuffisance en matière agricole et de développer un certain nombre d’exportations, notamment de café et de pétrole. Je voudrais sur ce point interroger M. Vieira de Mello concernant l’état des discussions en cours entre l’ATNUTO et l’Australie sur le traité de la fosse de Timor. Je voudrais également l’interroger sur les mesures d’accompagnement prises en faveur du développement du secteur privé : estime-t-il que celles-ci sont suffisantes ? Des financements spécifiques pour les PME-PMI ont-ils pu être mis en place par les principales banques de développement, en particulier la Banque mondiale et la BAD ?.



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