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27 mars 2001 - Moyen-Orient : Intervention de M. Jean-David Levitte, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Pendant plusieurs longues journées, les quinze membres du Conseil de sécurité ont travaillé dans un esprit particulièrement constructif sur le dossier le plus difficile à leur ordre du jour : le conflit du Proche-Orient. Ils l’ont fait en maintenant un contact permanent et positif avec les parties concernées.

Tous les membres de notre Conseil partagent deux convictions :

- parce qu’il n’existe aujourd’hui aucune médiation, parce que les négociations de paix sont dans l’impasse et que le cycle de la violence échappe de plus en plus à tout contrôle, les Nations Unies doivent agir. C’est ce qu’elles font à travers l’action de leur Secrétaire général qui participe en ce moment même au sommet de Amman. Mais M. Kofi Annan ne peut agir dans les meilleures conditions que s’il reçoit de notre Conseil un mandat clair.

- notre deuxième conviction est que le Conseil de Sécurité, sur un dossier aussi difficile, ne peut se faire entendre et aider le Secrétaire général à peser sur le cours des choses que s’il est rassemblé.

C’est dans cet esprit que les quatre membres européens du Conseil ont travaillé avec tous leurs partenaires. Le résultat est là : il prend la forme, ce soir, d’un projet de résolution que nous déposons officiellement. Ce projet est substantiel et équilibré. Adopté, il donnerait à M. Kofi Annan et aux parties en conflit, une perspective claire du chemin à suivre pour que cesse la violence, que soient levées les mesures de toute sorte qui enferment le peuple palestinien dans d’insupportables contraintes, pour que reprennent les négociations de paix.

Ce soir, notre projet de résolution, malgré un soutien quasi-unanime, ne recueille pas encore tous les concours nécessaires à une action efficace de notre conseil. C’est pourquoi nous avons décidé de ne pas le mettre aux voix, et de continuer à y rallier le soutien qui nous manque ce soir.

S’agissant du texte présenté par nos partenaires des pays non-alignés, les quatre Européens ont décidé de s’abstenir, malgré les grands mérites de ce projet.

La raison de cette abstention tient essentiellement à la démarche différente que nous avons ensemble choisie. Le vote de ce soir ne change en rien la politique de la France au Proche-Orient, son engagement aux côtés de tous ceux qui souffrent aujourd’hui et veulent bâtir leur nation, leur Etat dans la paix.

En conclusion, je voudrais une fois encore rendre hommage à tous nos partenaires et aux représentants des parties en conflit, comme à ceux des pays arabes. Ensemble, nous avons accompli ces derniers jours un travail remarquable. Ensemble, continuons-le pour que les Nations Unies puissent jouer tout leur rôle au service de la paix dans la justice.



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