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27 novembre 2001 - Kosovo : Intervention de la Conseillère politique de la Mission permanente de la France auprès des Nations unies

Le représentant permanent de la Belgique exprimera au cours de notre débat la position de l’Union européenne. La France s’y associe naturellement sans réserve. Je me bornerai, pour ma part, à quelques commentaires spécifiques.

Les élections du 17 novembre au Kossovo ont été un succès.

Elles ont été un succès pour le représentant spécial du Secrétaire Général, la MINUK, l’OSCE et la KFOR, dont l’action conjointe a permis le déroulement du scrutin dans des conditions exemplaires. La sécurité a été assurée. L’organisation a été remarquable : j’en veux pour preuve le vote des personnes déplacées en Serbie et au Monténégro, qui a pu être préparé en moins de deux semaines grâce à la contribution efficace de l’OSCE. En outre, les patients efforts de la MINUK, depuis le printemps dernier, ont pu convaincre les Kossovars de l’importance des enjeux associés à ces élections.

Mais ce succès est d’abord celui des Kossovars eux-mêmes, quelle que soit leur origine ethnique. Ils se sont rendus aux urnes en nombre, de façon pacifique et responsable, pour désigner leurs représentants à l’assemblée du Kossovo, conformément aux dispositions du cadre constitutionnel de l’autonomie provisoire. Ce faisant, ils ont permis qu’un pas important soit fait dans la mise en oeuvre de la résolution 1244.

Il convient à présent que cet essai soit transformé.

Au travers des institutions qui vont se mettre en place à la suite de ces élections, toutes les composantes de la population devront travailler ensemble à la construction d’un Kossovo démocratique, pluraliste et prospère.

Dans les semaines qui viennent, l’assemblée du Kossovo commencera ses travaux, un président du Kossovo sera élu et un gouvernement sera investi. Les responsables kossovars sur lesquels les suffrages se sont portés auront la responsabilité de faire vivre les institutions de l’autonomie provisoire dans le respect de la résolution 1244 et du cadre constitutionnel. Les compétences qui leur ont été confiées sont très étendues, notamment en ce qui concerne l’administration du Kossovo au jour le jour. Ils devront donc s’atteler à cette tâche de gestion concrète, dont l’objet est l’amélioration de la vie quotidienne de tous les Kossovars. Nous tenons à les féliciter de leur élection et à leur adresser des voeux de réussite dans l’accomplissement de leur mandat. Sous l’égide du représentant spécial du Secrétaire Général, les élus devront veiller à respecter strictement leurs attributions et à se conformer aux dispositions du cadre constitutionnel.

Par ailleurs, la participation importante de la population le jour du vote doit être suivie d’une participation active de toutes les composantes de la société kossovare à la vie des institutions créées par la MINUK. Je pense en particulier aux membres de la communauté serbe. Répondant aux appels des autorités yougoslaves et de la communauté internationale, ceux-ci se sont déplacés en nombre pour participer au scrutin et obtenir la place qui leur revient à l’assemblée du Kossovo. Ce résultat devrait encourager le ralliement de tous les responsables politiques serbes aux institutions du Kossovo, notamment au niveau municipal.

Il est nécessaire que le dialogue et la réconciliation soient des maîtres-mots dans le Kossovo de demain.

Cela implique qu’au gouvernement et à l’assemblée, les responsables politiques kossovars prennent soin de se conformer aux règles usuelles du débat démocratique entre la majorité et la minorité. Plus généralement, cela exige que les membres des institutions de l’autonomie, par leurs déclarations comme par leurs actes, fassent en sorte que tous les habitants se sentent chez eux au Kossovo.

Une attention particulière devrait être portée à la sécurité et à la question des retours de membres de la communauté serbe. Il serait souhaitable que les nouvelles autorités élues se prononcent, clairement et sans tarder, en faveur du processus des retours et appuient activement les efforts du représentant spécial en vue d’en assurer le succès.

Il convient par ailleurs d’approfondir le dialogue avec les autorités yougoslaves. Celui-ci est prévu par la résolution 1244 et le document conjoint signé le 5 novembre par M. Haekkerup et M. Covic. Le développement du dialogue et, au-delà, une coopération pragmatique entre la MINUK, les nouvelles autorités élues et les autorités yougoslaves sur les sujets de préoccupation commune servent aussi les intérêts bien compris de tous les Kossovars./.



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