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28 août 2001 - Kosovo : Intervention de M.Yves Doutriaux, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies

La France s’associe à la position de l’Union européenne, qui sera exprimée par le représentant permanent de la Belgique. Je souhaite simplement compléter la déclaration de l’Ambassadeur De Ruyt par quelques observations à titre national.

Je tiens d’abord à remercier M. Jean-Marie Guéhenno pour l’exposé qu’il vient de nous faire.

1) Concernant les élections générales au Kosovo, moins de quatre-vingts jours nous séparent de la date du vote. Ce scrutin, qui fait suite à la promulgation par M. Haekkerup du cadre constitutionnel de l’autonomie provisoire, permettra de continuer à faire vivre la résolution 1244. Il marquera une nouvelle étape de sa mise en oeuvre. Il contribuera à la poursuite de l’affermissement de la démocratie.

Nous nous réjouissons des efforts de la MINUK et de l’OSCE pour que ces élections soient un succès et pour que le transfert de compétences au profit des institutions de l’autonomie provisoire se déroule de façon ordonnée.

Mais en prévision des échéances qui s’annoncent, l’engagement de tous ses habitants du Kossovo, quelle que soit leur origine ethnique, est nécessaire. Toutes les parties concernées ont des responsabilités à cet égard. Concernant l’enregistrement des membres de la communauté serbe du Kossovo, une dynamique s’est amorcée. Il serait souhaitable que celle-ci s’accélère, dans les prochains jours et les prochaines semaines, et que la communauté serbe décide de participer au vote.

En déposant leur bulletin dans l’urne, le 17 novembre, tous les Kossovars pourront faire entendre leur voix. Dans un tel scrutin, chaque voix compte, chaque vote pèse. Pour influencer les décisions des futures institutions autonomes et favoriser le respect de ses intérêts, chaque électeur a tout avantage à prendre part au choix de ses représentants démocratiquement élus.

Permettez-moi aussi de saluer la nomination du vice-premier ministre serbe, M. Nebojsa Covic, au poste de président de la commission yougoslave de coordination pour le Kossovo. Cette nomination a été suivie, ces dernières semaines, d’entretiens entre M. Covic et M. Haekkerup. Ces rencontres constituent des développements positifs. Nous encourageons l’intensification de ce dialogue bénéfique.

2) S’agissant des questions de sécurité, nous nous réjouissons de la promulgation par la MINUK d’une série de réglements pour combattre le terrorisme et la criminalité organisée au Kossovo. Le nouveau pilier "justice et police" de la mission des Nations Unies favorisera également la bonne marche du dispositif. Il conviendra de veiller à ce que la réglementation en vigueur ne laisse subsister aucune faille susceptible d’être exploitée par les auteurs d’actes criminels.

La vigilance constante de la KFOR est, elle aussi, indispensable. Nous nous réjouissons, notamment, du renforcement récent de ses effectifs déployés le long de la frontière macédonienne. En effet, la situation en Macédoine exige que l’attention portée aux agissements illégaux dans la zone frontalière du Kossovo soit redoublée.

En Macédoine, l’Union européenne a joué un rôle directeur pour stopper cette crise et jeter les bases d’une stabilisation durable. Le haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune, M. Javier Solana, et l’envoyé spécial de l’Union européenne pour la Macédoine, M. François Léotard, ont joué un rôle crucial sur place, avec M. James Pardew, pour faciliter le dialogue entre les parties. Cette implication a contribué à la signature par les plus hauts responsables macédoniens, à Skopje, de l’accord-cadre du 13 août, qui pose les bases d’une profonde réforme de la Macédoine, non pas sous la forme d’un partage territorial sur des bases ethniques, mais selon trois principes classiques : décentralisation, subsidiarité et protection des minorités.

A ce stade, l’OTAN est en train de procéder à la collecte des armes que l’UCK-M s’est engagée à lui remettre. La France participe, avec un contingent de 530 soldats, à cette opération fondée sur la volonté des parties. Elle soutient également les efforts de l’Union européenne en faveur d’une stabilisation durable en Macédoine, grâce notamment à une conférence des donateurs pour l’ARYM, ainsi qu’une aide humanitaire et macro-économique renforcée.

Les responsables politiques de l’Europe du Sud-Est, y compris les membres des partis kossovars, ont un rôle à jouer pour la consolidation de la paix, la démocratisation et la réconciliation en Macédoine et dans la région.

3) Je voudrais enfin revenir sur l’intitulé formel de notre séance de ce jour : "résolution 1160, 1199, 1203, 1239 et 1244". S’agissant de la résolution 1160, qui date de 1998, la France estime que les conditions sont désormais remplies pour la levée sans restriction de l’embargo sur les armes à destination de la Yougoslavie. Nous souhaitons que le conseil de sécurité puisse lever cet embargo dans les meilleurs délais./.



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