Twitter Facebook Flickr Youtube RSS Share

29 mars 2000 - La situation en Guinée-Bissau : Intervention de M. Jean-David Levitte, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président,

Je voudrais, après mes collègues, remercier le Secrétariat, remercier en particulier M. Prendergast, pour la présentation qu’il nous a faite du rapport du Secrétaire général sur l’évolution de la situation en Guinée-Bissau.

La France porte une appréciation positive sur l’action dynamique, dans ce pays, du représentant du Secrétaire général, M. Nana-Sinkam, et du bureau des Nations Unies. Nous considérons que la présence sur place de l’ONU, depuis le mois de juin 1999, a permis au pays de passer d’un état de guerre à un état de paix et de rétablir progressivement l’ordre constitutionnel. Les positions courageuses de M. Nana-Sinkam, les contacts étroits qu’il a entretenus avec les autorités et le pouvoir judiciaire ont permis une amélioration du respect des droits de l’homme et de l’Etat de droit. C’est, comme le soulignait à juste titre M. Prendergast, un excellent exemple du rôle irremplaçable des Nations unies.

La France s’est réjouie du succès de l’organisation des dernières élections présidentielles et législatives en Guinée-Bissau. Les premiers objectifs fixés par le président Kumba Yala nous paraissent aller dans le bon sens et méritent d’être appuyés par la communauté internationale. Le souci du président de consulter régulièrement la société civile sur les différents programmes entrepris nous parait aller dans le bon sens. La France participera naturellement dans un esprit positif et constructif à la prochaine table ronde organisée par le PNUD.

Monsieur le Président,

Compte tenu du déroulement satisfaisant des élections, il nous semble important que le pouvoir civil puisse se voir reconnaître toute la légitimité nécessaire pour mettre en oeuvre son action. Le plein respect de l’accord d’Abuja du 1er novembre 1998, négocié sous les auspices de la CEDEAO, nous parait impliquer la dissolution de la junte. Le retour total à la normalité constitutionnelle constitue une véritable priorité. Les forces armées doivent désormais obéir sans équivoque aux injonctions du pouvoir civil.

Je voudrais ici, Monsieur le Président, saluer le rôle très positif joué par la Gambie, et en particulier par le ministre, M.Sedat Jobé. Nous espérons que l’accord trouvé le 22 mars pourra être appliqué. Nous appuyons toutes les initiatives visant à promouvoir la démobilisation et la réinsertion des militaires dans la vie civile et nous attendons, comme d’autres, avec impatience, les résultats de la mission de la Banque mondiale qui doit se dérouler au début du mois d’avril.

La France encourage le représentant du Secrétaire général, M. Nana-Sinkam, à poursuivre des consultations avec les pays de la région pour régler les problèmes de sécurité aux frontières. L’adoption des mesures de confiance présentées par le Président Konaré du Mali, en sa qualité de président en exercice de la CEDEAO, nous paraît aller également dans le bon sens. L’absence de paix en Guinée-Bissau constituait un facteur de risque et de déstabilisation pour toute la sous-région.

Les progrès sont incontestables, cependant l’information contenue dans le rapport du Secrétaire général selon laquelle un grand nombre d’armes légères continueraient de circuler dans la population constitue pour notre délégation un sujet de vraie préoccupation. Je m’associe donc aux propos de l’Ambassadeur de Malaisie qui a souligné l’importance d’une mise en oeuvre dynamique du programme de récupération de ces armes. C’est un dossier essentiel pour l’avenir de la Guinée-Bissau et la stabilité de la sous-région tout entière.

Monsieur le Président, je vous remercie.



Bookmark and Share
Bookmark and Share
Rss
Organisation des Nations Unies Présidence de la République France Diplomatie La France à l'Office des Nations Unies à Genève Union Européenne Première réunion de l'ONU