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29 mars 2002 - Moyen-Orient : Intervention de M. Jean-David Levitte, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

La France s’associe pleinement au discours que prononcera tout à l’heure l’Ambassadeur d’Espagne au nom de l’Union Européenne.

La situation au Proche Orient est exceptionnellement grave. Les plus hautes autorités françaises ont exprimé aujourd’hui leur très grande inquiétude face à l’évolution tragique des événements.

La France appelle à la cessation immédiate de toutes les formes de violence et de terreur, à l’arrêt des hostilités et à la conclusion sans délai d’un cessez-le-feu entre Palestiniens et Israéliens. Elle demande au Président Arafat de prendre toutes les mesures nécessaires pour faire cesser les violences et les actes de terreur. Elle demande au Premier Ministre Sharon de faire cesser sans délai les opérations militaires conduites par les forces armées israéliennes qui doivent engager leur retrait.

Rien ne saurait justifier le meurtre de civils innocents. L’attentat de Netanya et celui de Jerusalem aujourd’hui doivent être condamnés avec horreur. Comme le Secrétaire général des Nations Unies l’a rappelé à plusieurs reprises, les attaques terroristes sont moralement répugnantes et odieuses. Nous exprimons notre compassion et notre profonde sympathie à toutes les victimes et à leurs familles. L’Autorité Palestinienne a la responsabilité de faire tout ce qu’elle peut pour combattre le terrorisme. Mais elle ne peut le faire que si ses capacités sont préservées et qu’elle n’est pas affaiblie. Yasser Arafat ne peut agir que si on lui en laisse les moyens.

Les autorités françaises sont convaincues que la réaction du premier ministre Sharon et de son gouvernement, en réponse aux attentats, mène à une fuite en avant catastrophique et à une impasse tragique. La répression tous azimuts, l’usage excessif de la force, les punitions collectives contre tout un peuple enfermé et humilié, l’acharnement contre la personne de Yasser Arafat, président légitime de l’Autorité Palestinienne, alimentent une spirale sans fin de la violence. Elles sont inacceptables.

Les actions engagées depuis ce matin à Ramallah et dans plusieurs villes de Cisjordanie doivent cesser. Les forces israéliennes doivent engager leur retrait. L’intégrité physique et la sûreté personnelles du président de l’autorité palestinienne doivent être protégées. Il doit retrouver son entière liberté de mouvement.

Les actions contre les institutions et le personnel humanitaires et médical, notamment les ambulances, sont injustifiables. L’accès aux secours et soins médicaux doit être garanti pour tous.

La France l’a dit et le répète : la paix ne peut passer par les armes. Il n’y a pas de solution militaire. S’en tenir à une approche sécuritaire est une illusion et un piège. La situation restera bloquée aussi longtemps que le gouvernement israélien se refusera à entamer, en parallèle aux mesures de sécurité, des négociations politiques conduisant à la création d’un Etat palestinien indépendant, viable et démocratique. Il faut mener de front le traitement des aspects sécuritaires et le règlement des questions politiques. Il faut combattre le terrorisme comme s’il n’y avait pas de négociations de paix ; il faut mener les négociations de paix comme s’il n’y avait pas de terrorisme.

Les plus hautes autorités françaises ont salué la déclaration du sommet arabe adoptée hier à Beyrouth, intitulée " initiative de paix arabe " et inspirée des proposition du prince héritier Abdallah d’Arabie saoudite. Cette déclaration représente une contribution historique à un avenir de paix au proche Orient. Elle trace la perspective d’une paix globale et durable reposant sur la normalisation des relations entre tous les Etats arabes et Israël en échange d’une fin totale de l’occupation israélienne des territoires conquis en 1967, en conformité avec les résolutions 242, 338 et 1397 du Conseil de sécurité et le principe de l’échange de la terre contre la paix.

Dans l’immédiat, la France appelle instamment les parties à la raison. Les dirigeants politiques des deux côtés ont la responsabilité première de faire cesser l’escalade de la violence et de rechercher la paix. La communauté internationale doit les aider à y parvenir. Nous encourageons les efforts diplomatiques de tous, qui doivent être intensifiés. Nous souhaitons que les Etats-Unis se réengagent davantage encore. L’Union Européenne est de plus en plus mobilisée, en particulier au sein du " quartet " qui poursuit inlassablement ses efforts sur le terrain.

Il y a quinze jours, le Conseil de sécurité adoptait la résolution 1397 qui appelle, entre autres à une cessation immédiate de tous les actes de violence. Cette résolution doit être appliquée. Les armes ne doivent pas avoir le dernier mot. Les parties doivent retrouver la voie de la raison et le chemin de la paix. Dans ces circonstances tragiques il revient à notre Conseil de le leur rappeler avec force./.



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