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3 juin 2004 - Libéria : Intervention de M. Jean-Marc de la Sablière, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Je tiens tout d’abord à saluer la présence parmi nous du Président Bryant. Je saisis cette occasion pour le féliciter, au nom de la France, des efforts remarquables qu’il déploie pour le redressement de son pays. Nous savons tous que sa tâche est considérable. Il peut compter sur l’appui de mon pays comme sur celui du Conseil de sécurité.

Je remercie également M. Klein pour son exposé sur la situation au Libéria.

Je dois dire que les propos que je viens d’entendre sont très encourageants.

1 / Ils sont encourageants pour trois raisons :

- D’abord parce que la MINUL, forte d’un peu plus de 14 000 hommes, est aujourd’hui en mesure de se déployer sur l’ensemble du territoire.

- Ensuite, et c’est un enjeu essentiel, parce que le processus de désarmement a repris. Le nombre d’anciens combattants désarmés, plus de 34 000 à ce jour, ouvre de nouveaux espoirs pour la stabilité du Libéria.

- Enfin, parce que la réforme du secteur de la sécurité s’est engagée.

2 / Le Président Bryant vient d’évoquer la question de la levée des sanctions qui pèsent sur son pays conformément à la résolution 1521 du Conseil.

A cet égard, nous observons avec grand intérêt l’action engagée par le gouvernement libérien et la MINUL en faveur du rétablissement du contrôle de l’Etat sur ses ressources naturelles. Nous ne pouvons naturellement qu’encourager les autorités libériennes à poursuivre leurs efforts en ce sens. Le Conseil continuera à suivre de très près les progrès réalisés en la matière au regard des critères définis dans sa résolution 1521.

3 / Des progrès notables ont donc été accomplis. Cependant, pour parvenir à une stabilité durable, le Libéria doit encore faire face à trois défis majeurs :

- D’abord, la démobilisation durable des combattants. Celle-ci se heurte à deux obstacles. Premier obstacle : il faudra réduire le nombre des armes en circulation. A cet égard, nous sommes préoccupés par les difficultés rencontrées, semble-t-il, dans la récupération de l’armement. Deuxième obstacle, il faudra réinsérer dans la vie civile les anciens combattants. Cette tâche sera certainement la plus difficile. Elle nécessitera un effort durable de l’ensemble de la communauté internationale. La France y participera, avec ses partenaires de l’Union européenne.

- Le deuxième défi, c’est la reconstruction de l’Etat et des services publics de base. Elle est essentielle pour permettre au peuple libérien de bénéficier enfin de la paix retrouvée.

- Le troisième défi, c’est l’organisation d’élections libres et transparentes en octobre 2005. Au Libéria comme ailleurs, des élections crédibles sont la seule garantie d’une sortie de crise réussie. C’est à l’aune de la réussite de ces élections et de l’engagement de tous les partis dans le processus démocratique que l’on pourra juger de la solidité du processus de paix au Libéria.

Et un processus de paix durable et solide au Libéria est une garantie pour la paix et la stabilité de toute la région.

4 / Pour conclure, je souhaite exprimer notre satisfaction à l’égard des efforts engagés en faveur de la coordination entre les opérations des Nations unies en Afrique de l’ouest.

La France a constamment plaidé en ce sens. Nous avons toujours pensé que le partage d’informations, le partage des ressources logistiques, le travail en commun aux frontières ou encore la coordination des programmes de DDR sont indispensables pour renforcer l’efficacité de l’action de chacune des opérations.

Nous espérons que les opérations des Nations unies continueront sur cette voie./.



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