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30 janvier 2002 - Timor-Est : Intervention de M. Jean-David Levitte, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Je voudrais vous féliciter d’avoir organisé en une même matinée deux débats importants, l’un sur l’Afghanistan, l’autre sur Timor-Est, qui constituent deux symboles : ils témoignent du rôle décisif des Nations unies pour aider les peuples en grande difficulté à affirmer leurs droits, à faire vivre leurs aspirations.

A mon tour je voudrais dire combien nous avons été sensibles à l’intervention devant le Conseil de sécurité du Premier ministre d’Australie, M. John Howard, et je voudrais saluer le rôle joué par l’Australie depuis les premiers jours de l’INTERFET.

Je tiens à féliciter chaleureusement M. Sergio Vieira de Mello de son exposé, clair et précis, comme d’habitude. Il rend parfaitement compte du travail remarquable réalisé par l’ATNUTO, sous sa conduite efficace et inspirée.

Je voudrais aussi souhaiter la plus amicale des bienvenues à M. José Ramos-Horta, ministre timorais des Affaires étrangères et de la coopération. Le succès de la transition vers l’indépendance lui doit beaucoup. Il est le maître d’oeuvre de l’intégration du futur Timor indépendant dans son environnement régional. En quelques mois seulement, il a présidé à la normalisation réussie des relations avec le gouvernement indonésien, et singulièrement avec la présidente Megawati.

Une intervention sera prononcée par la suite au nom de l’Union européenne. La France y souscrit pleinement. Je limiterai donc mon intervention à quelques commentaires :

- Le débat de ce jour intervient à une période charnière de l’histoire de Timor. L’ATNUTO poursuivra son mandat jusqu’au 20 mai prochain, jour de l’indépendance. Une résolution sera adoptée demain à cette fin. L’ATNUTO confirmera ainsi ce qui est unanimement admis : elle est l’une des "success stories" récentes des Nations unies.

- L’ATNUTO s’est acquittée de manière exemplaire des différents éléments de son mandat : la transition politique et administrative se déroule sans heurts, la sécurité est assurée dans l’ensemble du territoire, le processus de réconciliation est engagé, les conditions d’un redémarrage économique sont réunies.

- Mais l’histoire de Timor ne s’arrête pas là. Un autre succès reste à construire : celui de l’après-indépendance. La logique sera différente. Comme le souligne le Secrétaire général (au paragraphe 91 de son dernier rapport) : "il importe que l’assistance internationale se transforme, dès que possible, en une formule plus normale d’aide au développement".

- La forme de la future présence internationale est déjà largement esquissée. Elle est satisfaisante : un horizon de deux ans, une présence civile ciblée sur quelques besoins clés de l’administration timoraise, une présence militaire progressivement reconfigurée pour répondre au mieux aux besoins des Timorais (5000 hommes au jour de l’indépendance, puis, sans doute, entre 2500 et 3000 hommes).

- Toutes ces questions seront précisées dans le prochain rapport du Secrétaire général, prévu en avril, après les élections présidentielles timoraises. Notre Conseil pourra ensuite adopter la résolution qui établira la "mission intégrée" des Nations unies.

- Dans ce contexte, il nous paraît souhaitable notre Conseil puisse tenir son prochain débat en présence de représentants du PNUD, de la Banque mondiale et du FMI, comme cela a déjà été le cas à plusieurs reprises.

- Un triple partenariat doit être établi. Partenariat d’abord entre organes des Nations unies : l’Assemblée générale a un rôle important à jouer dans les stratégies de consolidation de la paix. Partenariat ensuite entre le Conseil de sécurité et les contributeurs de troupes : ils doivent être consultés autant que possible, éventuellement suivant la formule innovante de la résolution 1353, au travers de réunions privées avec le Conseil de sécurité. Coordination enfin entre le Conseil de sécurité et les autres parties prenantes : les institutions financières internationales (le FMI, la Banque mondiale), les organisations régionales (l’ASEAN, la Banque asiatique de développement), les donateurs bilatéraux et les entreprises privées (pour mettre en oeuvre les "partenariats globaux" lancés par le Secrétaire général)

Tous ensemble, nous devons poursuivre nos efforts pour que Timor-Est indépendant soit et demeure un bel exemple de construction d’un état, selon les vœux de son peuple, avec le concours déterminé de la communauté internationale./.



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