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30 juillet 2002 - Kosovo : Intervention de M. Yves Doutriaux, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président,

Je souhaiterais remercier le représentant spécial du Secrétaire général, M. Michael Steiner, pour son excellent exposé et saluer aussi la présence parmi nous de M. Nebojsa Covic, vice-Premier ministre de Serbie et président du centre de coordination conjoint yougoslave et serbe pour le Kosovo.

La France souscrit bien sûr à l’intervention qui sera faite tout à l’heure par la représentante permanente du Danemark au nom de l’Union européenne. Je me limiterai à quelques commentaires sur les sujets auxquels nous attachons une importance plus spécifique à titre national.

Monsieur le Président,

Le bilan positif que nous constations en avril dernier lors du dernier passage à New York de M. Steiner se confirme. La phase actuelle est déterminante dans la mise en œuvre de la résolution 1244 et les progrès réalisés nous permettent ainsi un bon espoir de voir les efforts de paix de la communauté internationale se concrétiser et se traduire enfin durablement dans les faits. Les priorités et les "repères" ("benchmarks") identifiés par le représentant spécial nous donnent à cet égard un bon étalon de mesure du chemin parcouru : en particulier, la mise en place d’institutions provisoires efficaces et démocratiques, en réalisant en particulier une intégration pluriethnique conformément aux dispositions de la résolution 1244, la primauté du droit, la liberté de mouvement et le droit au retour des réfugiés, la réduction des effectifs du Corps de protection du Kosovo, l’instauration d’une relation positive avec Belgrade, le développement de la coopération régionale et le développement d’une base économique solide pour le Kosovo.

Des progrès considérables ont été enregistrés ces derniers mois, après la formation du gouvernement de coalition en mars, dans la mise en place d’institutions démocratiques fonctionnelles. Il est en particulier très encourageant de voir s’engager à la fois le mouvement de transfert de certaines attributions de la MINUK aux autorités exécutives et, parallèlement, le processus législatif être lancé et se poursuivre graduellement, comme en témoigne l’adoption le 4 juillet dernier de la résolution concernant les conditions de retour des réfugiés et personnes déplacées. C’est un pas positif important dont l’esprit doit donner le ton pour le travail futur de cette assemblée.

Les prochaines élections municipales donneront l’occasion de renforcer encore la base démocratique des institutions provisoires, en offrant une nouvelle possibilité de participation aux communautés qui étaient restées à l’écart du scrutin précédent du 28 octobre 2000. Ce doit être un des objectifs essentiels, à notre sens, de la Mission des Nations unies au cours des prochains mois.

Monsieur le Président,

Au Kosovo, la primauté du droit, le développement économique et la création d’une société égale pour tous et pour toutes les communautés, constituent des impératifs inextricablement liés. Il faut progresser de pair dans ces trois domaines, pour qu’un avenir multiethnique durable puisse y être construit.

A cet égard, il faut se réjouir des progrès enregistrés dans le dialogue interethnique, qui, malgré le nombre encore modeste de retours durables de réfugiés et personnes déplacées dans leurs foyers, laisse un bon espoir de voir avancer le processus de réconciliation entre les communautés. Parallèlement, l’élucidation du sort des personnes portées disparues reste indispensable. Un tel effort apparaît crucial pour les populations concernées et permettra de mieux "tourner la page" sur le passé et les affrontements. Les retours des personnes déplacées seront également facilités par une plus grande liberté de mouvement sur le territoire du Kosovo et les récents progrès enregistrés dans les relations de la MINUK avec Belgrade conformément au document commun du 5 novembre 2001. La lutte efficace contre la criminalité est une autre condition et les récentes arrestations opérées par la MINUK sont un bon signal à cet égard.

Il convient aussi de rappeler la nécessité pour la MINUK d’étendre et de maintenir son autorité dans l’ensemble du Kosovo et de conserver pleinement ses attributions, autres que celles qui sont transférées aux institutions locales conformément au cadre constitutionnel de l’autonomie provisoire au Kosovo : cela doit s’appliquer à Mitrovica, où nous saluons les efforts de la MINUK et de la KFOR pour poursuivre une approche globale et graduelle à la fois, en concertation avec les autorités de Belgrade, afin de démanteler les structures parallèles ; cela vise aussi les relations extérieures du Kosovo, qui restent du seul ressort de la MINUK et du représentant spécial du Secrétaire général. L’approfondissement des relations de la MINUK notamment avec Belgrade et Skopje, décrit dans le rapport du Secrétaire général, mérite à cet égard d’être encouragé. Le développement de la coopération régionale dans l’esprit du Sommet de Zagreb doit aussi recueillir notre plein soutien.

De manière générale, toutes les communautés ont un intérêt majeur à respecter l’autorité de la MINUK, afin de garantir le bon déroulement du processus d’autonomie provisoire dans le respect de la résolution 1244.

Je souhaiterais enfin saluer la bonne coopération qui se poursuit sur le terrain entre la MINUK et la KFOR.

Merci, Monsieur le Président./.



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