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30 juillet 2004 - Soudan : Intervention de M. Jean-Marc de la Sablière, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

La France a co-parrainé la résolution que nous venons d’adopter sur la situation au Darfour.

Ce texte bien dans la ligne de la politique menée par le Conseil ces dernières semaines, en phase avec l’action du Secrétaire Général, allie pression forte sur le gouvernement soudanais et dialogue avec ce gouvernement pour sauver, protéger la population du Darfour. C’est le sort de celle-ci qui est notre seul objectif.

Il est de la responsabilité première du gouvernement soudanais de protéger sa population. Face à un drame de cette nature, la communauté internationale ne peut cependant rester passive. Au delà de l’effort à réaliser pour l’assistance humanitaire qui doit être développé, elle doit s’assurer de l’accès de cette aide, que les populations qui ont tellement souffert de violations des droits de l’homme ne sont plus l’objet d’exactions.

Des engagements ont été pris par le gouvernement du Soudan auprès du Secrétaire Général. Ils concernent l’accès de l’aide humanitaire. Ceci paraît réglé. Il faut s’en féliciter. Mais ces engagements concernent aussi la situation sécuritaire et notamment le désarmement des milices janjaouites au comportement effroyable, l’arrestation et la traduction en justice de leurs chefs et complices. Le gouvernement soudanais doit impérativement mettre en œuvre ces engagements.

Le Conseil surveillera de près la situation. Il le fera avec régularité. Il attend d’ailleurs dans les prochains jours un rapport du représentant du Secrétaire Général, après les missions conjointes en cours sur le terrain. La résolution fixe un délai de 30 jours. A cette date, puis tous les mois, le Conseil recevra un compte-rendu du Secrétaire Général. Il appréciera l’application des engagements pris. Dans l’hypothèse contraire, notre Conseil n’aurait pas d’autre choix que d’envisager d’autres actions, y compris des mesures telles que celles prévues à l’article 41 de la charte. Ceci rejoint les conclusions des ministres européens, lors de leur dernier Conseil des affaires générales. Mais nous restons convaincus que les autorités de Khartoum feront le nécessaire.

Il est également essentiel, comme le précise la résolution, que les groupes rebelles respectent le cessez-le-feu et engagent sans préalable des pourparlers de paix.

Comme l’a dit M. Barnier, ministre français des affaires étrangères lors de son déplacement au Darfour le 27 juillet dernier, nous considérons que cette crise est extrêmement sérieuse. Une catastrophe humanitaire est possible même si, jusqu’à maintenant grâce, notamment, au travail formidable des organisations non gouvernementales, le pire a été évité.

Nous espérons que les autorités soudanaises comprendront le message adressé aujourd’hui par le Conseil. Nous espérons qu’elles comprendront que la détermination que nous leur demandons va de pair avec la conviction qui est la nôtre, que l’on n’évitera pas une catastrophe humanitaire sans le Soudan ou contre le Soudan.

J’ajoute enfin que la France se réjouit de l’appui apporté à cette résolution par les pays membres de l’Union africaine dont la contribution au règlement de cette crise humanitaire est centrale dans le dispositif mis en place./.



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