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4 décembre 2002 - Burundi : Intervention M. Jean-Marc de La Sablière, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

L’accord qui a été signé le 2 décembre à Arusha constitue une étape essentielle du processus de paix burundais. Alors que le Conseil a si souvent appelé à une cessation des hostilités, le principal mouvement rebelle et le gouvernement ont enfin signé un accord de cessez-le-feu. Il doit aboutir à une cessation des hostilités entre les Forces pour la défense de la démocratie (FDD) et le gouvernement d’ici demain. On ne peut que se réjouir de cet accord : on se souvient que les FDD bombardaient encore Bujumbura il y a dix jours à peine). Il faut donc rendre hommage aux négociateurs burundais, en particulier le président Buyoya et M. Nkurunziza, aux chefs d’Etat de la région et, peut-être en premier lieu, au vice-président Zuma. C’est son opiniâtreté, sa détermination à faire progresser les négociations et son engagement personnel qui ont permis que soit enfin signé cet accord. Le Conseil de sécurité lui est reconnaissant de ses efforts.

Pour autant, beaucoup reste encore à faire. La première priorité est d’obtenir que cette cessation des hostilités et le cessez-le-feu qui s’ensuivra soient universels. Cela implique que les Forces nationales de libération (FNL), l’autre groupe rebelle, rejoigne lui aussi le processus lancé par l’Accord d’Arusha du 28 août 2000. La France apportera son soutien aux efforts du gouvernement de transition burundais et des Etats de l’initiative régionale pour convaincre les FNL de rejoindre le processus politique en cours. Il faut convaincre les derniers rebelles des bénéfices qu’apporteront aux populations burundaises l’arrêt total des combats : relance de l’économie, diminution des prélèvements opérés pour financer la guerre et retour dans leurs foyers des réfugiés et personnes déplacées.

Il reviendra aussi aux signataires des accords, le gouvernement de transition et les FDD, de mettre en œuvre leurs engagements et les indispensables réformes, notamment celle de l’armée, qui permettront au Burundi de retrouver, de façon durable, le chemin de la paix et de la stabilité, en conformité avec l’Accord d’Arusha d’août 2000.

La communauté internationale aura aussi un rôle primordial à jouer. Il faut que les donateurs respectent les engagements qu’ils ont pris, la semaine dernière encore à Genève, d’apporter leur soutien au processus de paix burundais. La France apportera naturellement sa contribution, car nous sommes bien conscients qu’un processus de paix n’a guère de chances d’aboutir s’il ne bénéficie pas des moyens nécessaires à sa mise en œuvre. Mais le Conseil de sécurité a sans doute aussi un rôle à jouer. L’ONU est déjà engagée aux côtés de la région et de la facilitation dans la mise en œuvre du processus d’Arusha. Il faut rendre hommage à cet égard à l’action de l’ambassadeur Dinka, le représentant spécial du Secrétaire général, qui interviendra, aux termes de l’accord du 2 décembre, dans la définition de certaines des modalités du cessez-le-feu. Il faudra par ailleurs que le Conseil réfléchisse au soutien qu’il peut apporter à une éventuelle force africaine, ou à toute autre formule que pourrait recommander le Secrétaire général, en appui au processus de paix, dès lors que l’ensemble des parties seront convenues d’un cessez-le-feu au Burundi.

En conclusion, je voudrais rappeler que la situation au Burundi doit bien évidemment être prise en compte dans son environnement régional. Il faut encourager les autorités de transition à Bujumbura à continuer à travailler avec leurs voisins à la sécurisation des frontières. Il faut en particulier encourager les travaux en cours entre le Burundi et la République démocratique du Congo, qui se préparent à normaliser leurs relations, et les inviter à définir les mécanismes appropriés de coopération militaire le long de leurs frontières. Par ailleurs, la signature de l’accord du 2 décembre constitue un nouvel élément en faveur d’une conférence internationale sur la région des Grands Lacs, demandée par de plus en plus de chefs d’Etat de la région, et qui permettra de faire progresser davantage encore les questions politiques, le rétablissement de l’Etat de droit et de la démocratie et le développement dans la région./.



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