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5 février 1998 - République centrafricaine : Intervention de M. Alain Dejammet, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président, j’ai été naturellement très sensible aux paroles très aimables que vous avez adressées à mon pays. Permettez-moi de vous dire, combien nous sommes honorés de nous réunir ce jour sous la présidence effective de vous-même, le Ministre des affaires étrangères d’un Etat africain, le Gabon, dont la diplomatie très concrète, très imaginative et très active s’identifie à la recherche constante de la paix et de la sécurité en Afrique et dans le monde et est donc en elle-même un vivant témoignage de la manière dont nous devons tous nous efforcer de servir les principes de la Charte.

Après les nombreux troubles que la République centrafricaine a connus, les Accords de Bangui de janvier 1997 ont mis en place un processus de paix et de réconciliation nationale. La Mission interafricaine de surveillance des accords de Bangui (MISAB) a apporté son appui à ce processus. La France rend hommage à l’action du Président de la République gabonaise, M. Bongo, Président du Comité international de médiation. Il n’a cessé de déployer des efforts pour assurer le respect des Accords de Bangui. Elle rend aussi hommage aux efforts des Etats qui ont fourni des contingents à la MISAB : le Burkina Faso, le Gabon, le Mali, le Tchad, le Sénégal et le Togo.

Elle rend enfin hommage aussi au Secrétariat, qui n’a cessé de soutenir l’action de la MISAB. Cette Mission constitue un exemple tout à fait remarquable de diplomatie préventive. C’est-à-dire l’objectif même de beaucoup d’efforts déployés aux Nations Unies afin de prévenir des conflits ou la dégradation de situations qui présentent un risque pour la sécurité et la stabilité régionales ou internationales. C’est grâce à la MISAB que des progrès notables ont été accomplis.

Toutefois, la situation en République centrafricaine reste précaire et elle continue de présenter un risque pour la stabilité et la sécurité dans la région. Des efforts tenaces doivent donc être poursuivis pour soutenir la réconciliation nationale en République centrafricaine. Il s’agit en effet de préparer les prochaines élections législatives au mois de septembre, de restructurer les forces de sécurité, de mettre en oeuvre des mesures énergiques dans les domaines économiques et sociaux. Ces actions ne pourront être réalisées que si la sécurité est préservée, maintenue, par une opération de maintien de la paix.

Le Secrétaire général des Nations Unies a fait des recommandations sur les suites qui pourraient être ainsi données à la MISAB. Ces recommandations prévoient notamment l’établissement d’une opération de maintien de la paix.

La France appuie les recommandations du Secrétaire général des Nations Unies. C’est pourquoi aujourd’hui, elle se prononcera en faveur du projet de résolution soumis au Conseil. Le projet permettra en effet au Secrétariat de préparer des propositions opérationnelles sur lesquelles le Conseil de sécurité statuera le 16 mars prochain. Nous avons confiance que, répondant à l’attente de l’Afrique, répondant à votre attente, Monsieur le Président, répondant à celle du Secrétaire général des Nations Unies, la décision du Conseil sera alors unanime et positive. Elle le sera, n’en doutons pas, dès aujourd’hui également.



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