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5 novembre 2001 - Liberia : Intervention de M. Jean-David Levitte, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président,

Je voudrais saluer le travail remarquable de professionnalisme réalisé par le groupe d’experts. Son coût (900 000 USD), qu’évoquait l’ambassadeur Mahbubani, paraît tout à fait justifié, à moins que cela ne plaide pour la mise en place d’un mécanisme permanent de surveillance des sanctions...

Je voudrais également féliciter OCHA de son excellent rapport sur l’impact humanitaire qu’auraient des sanctions supplémentaires.

Avec ces deux rapports, le Conseil de sécurité dispose, pour la première fois, de tous les éléments nécessaires pour mener une évaluation précise de l’efficacité des sanctions exisantes et de l’opportunité d’en imposer de nouvelles (mais il faudrait au préalable que trois conditions soient remplies : un lien direct et établi entre le secteur considéré et le financement et l’armement du RUF, des conséquences humanitaires pas prohibitives, un intérêt politique pour la stabilité de la sous-région).

L’ambassadeur de Belgique prononcera ensuite une intervention au nom de l’Union européenne à laquelle la France souscrit pleinement. Je limiterai donc mon intervention à quelques points :

- La France appuie les efforts au sein de la Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour une plus grande efficacité des embargos sur les armes qui continuent d’être exportées vers la région du fleuve Mano, et notamment sur celles destinées aux diverses rébellions armées.

- La France soutient la recommandation du groupe d’experts visant à lever l’interdiction de vol s’appliquant aux aéronefs immatriculés au Libéria. Les autorités de Monrovia et la population libérienne doivent pouvoir comprendre que la démarche incitative des sanctions du Conseil de sécurité est sincère.

- La France souhaite que soit autorisée la reprise des exportations de diamants bruts originaires du Libéria, dans le cadre d’un régime de certification comparable à celui de la résolution 1306 pour les diamants sierra-léonais, et placé sous le contrôle du Comité des sanctions du Conseil de sécurité.

- Etant donné que des mesures visant à limiter les exportations de bois tropicaux du Libéria risqueraient de faire perdre leurs principaux moyens de subsistance à près de 100 000 personnes dans ce pays selon le rapport du Secrétaire général, la France souhaiterait que soit établi s’il existe effectivement une relation directe et substantielle entre le produit de ces exportations et l’armement de la rébellion armée du front révolutionnaire uni en Sierra Leone. Un audit, tel que celui recommandé par le groupe d’experts, pourrait être engagé en vue de permettre au Conseil de sécurité de disposer d’informations précises sur cette question lorsqu’il devra décider, début mai prochain, de l’éventuelle reconduction des sanctions de la résolution 1343.

- La France approuve la recommandation d’une mise sous séquestre des revenus du registre maritime, dont l’affectation serait soumise à l’approbation du Comité des sanctions, afin de n’en autoriser l’utilisation que dans le cadre du budget de l’Etat, et en priorité à des fins humanitaires, notamment pour la réhabilitation des services publics.

- La France souhaite qu’il soit répondu positivement à la demande de la CEDEAO visant à compléter le groupe d’experts existant auprès du Comité des sanctions par une petite équipe d’enquête sur place, qui apporterait son concours aux autorités libériennes pour la mise en oeuvre des mesures de la résolution 1343. Elle serait notamment chargée de surveiller les trafics d’armes, y compris ceux destinés aux rebelles libériens, la contrebande de diamants, et l’exploitation des bois tropicaux, du caoutchouc et du registre maritime. Si ce dispositif, qui aurait mandat pour procéder à des contrôles inopinés et ferait rapport au Comité des sanctions, donnait des résultats satisfaisants, le Conseil de sécurité pourrait décider de le maintenir plutôt que renouveler les mesures de la résolution 1343, lorsque cette dernière arrivera à échéance.

Je vous remercie./.



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