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5 octobre 2001 - Kosovo : Intervention de M. Jean-David Levitte, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Je remercie le représentant spécial du Secrétaire général, M. Hans Haekkerup, pour son exposé. Tous nos vœux les plus chaleureux l’accompagnent dans la poursuite d’une mission qu’il conduit avec succès.

La position de l’Union européenne sera exprimée plus tard par la voix du représentant permanent de la Belgique. Je souhaite la compléter par des commentaires à titre national sur quelques questions qui nous tiennent plus spécialement à cœur.

1) La préparation des élections du 17 novembre est évidemment la priorité des Nations unies. Il convient de se réjouir des efforts de la MINUK et de la KFOR pour en favoriser le succès grâce à une préparation minutieuse, grâce aussi à la mise en place d’un dispositif de sécurité efficace.

Ce scrutin sera une étape importante dans la vie de la résolution 1244. Il ouvrira la voie à la mise en œuvre des dispositions du cadre constitutionnel de l’autonomie substantielle, promulgué par M. Haekkerup en mai dernier. Les Kosovars jouiront ainsi d’une autonomie substantielle dans le cadre prévu par la résolution 1244. Quant aux responsables élus, ils pourront exercer des responsabilités importantes, notamment dans la gestion et l’administration quotidienne du Kosovo. Nous nous réjouissons à la perspective des élections. Celles-ci ne sont bien entendu pas liées à la question du statut final. Les responsables kosovars devront respecter pleinement les dispositions du cadre constitutionnel. Le représentant spécial du Secrétaire général gardera l’autorité qui lui est conférée pour la mise en œuvre intégrale de la résolution 1244.

Une large participation de toutes les communautés au scrutin doit être encouragée. Par leur vote, les habitants du Kosovo conditionneront les choix politiques, économiques et sociaux qui seront faits par les institutions élues de l’autonomie provisoire. Aucun groupe ethnique n’a donc intérêt, en s’abstenant, à se placer à l’écart des processus de décision. Chaque bulletin comptera le jour du scrutin.

A cet égard, la participation de la communauté serbe reste un sujet de préoccupation. Grâce à l’appui des autorités yougoslaves, les Serbes du Kosovo se sont inscrits en novembre sur les listes électorales. Mais il convient à présent de les convaincre de voter le 17 novembre. Les autorités yougoslaves, qui ont soutenu de façon louable le processus d’enregistrement, peuvent apporter de nouveau une contribution décisive en leur adressant un message clair dans ce sens. Une participation massive des membres de la communauté serbe leur permettrait, par l’intermédiaire de leurs représentants élus, d’occuper toute leur place dans les futurs organes de l’autonomie provisoire.

2) Comme le Secrétaire général et son représentant spécial, la France se félicite du développement du dialogue entre la MINUK et les autorités démocratiques de Belgrade. La désignation de M. Nebojsa Covic à la tête du centre de coordination pour le Kosovo a permis d’accélérer cette évolution. Le Conseil de sécurité en a été le témoin, le 17 septembre, à l’occasion de la réunion à laquelle M. Covic et M. Haekkerup ont participé conjointement. L’intensification de ce dialogue devrait aboutir à des progrès dans le développement de la coopération entre la MINUK et la Yougoslavie. Des répercussions favorables pourraient en découler, y compris pour l’intégration des Serbes du Kosovo dans les structures établies par la MINUK.

Je serais reconnaissant au représentant spécial de nous préciser ses vues sur les pistes qui pourraient être explorées pour favoriser des progrès dans ces domaines.

Quelles sont les perspectives de coopération entre la MINUK et la Yougoslavie, par exemple dans les domaines de l’éducation, de la santé ou de la culture ?

S’agissant des retours, au-delà des actions actuellement en cours à Osojane et à Leschtar, quelles sont les perspectives pour 2002 ? Quelle aide les autorités yougoslaves pourraient-elle apporter aux Serbes rentrés au Kosovo dans un environnement toujours difficile ?

Quels sont les progrès accomplis dans le recrutement de membres de groupes minoritaire dans l’appareil judiciaire et le service de police du Kosovo ? Quels sont les obstacles rencontrés ?

La France est attachée à tout ce qui peut favoriser le renforcement de la confiance au Kosovo. C’est dans cet esprit qu’elle a décidé d’affecter au fonds de contribution volontaire de la MINUK plus de deux millions de dollars qui serviront à quatorze projets interethnique, notamment à Mitrovica.

3) La promotion de la sécurité et de la stabilité sont pour nous tous des priorités. Il nous faut lutter contre la criminalité organisée et l’extrémisme. La MINUK, sous la direction de M. Hans Haekkerup, et la KFOR, placée depuis le 3 octobre sous la conduite du général Marcel Valentin, y travaillent, malgré les nombreux défis qui leur sont encore lancés. Mais les responsables politiques et la société civile du Kosovo doivent prendre la pleine mesure de leurs responsabilités. A l’approche des élections, ils doivent s’élever, plus que jamais, contre les actes de violence et coopérer activement avec la communauté internationale pour en isoler et en sanctionner les auteurs./.



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