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6 mai 2003 - Terrorisme : Intervention de M. Jean- Marc de La Sablière, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

La France se réjouit de la présence à notre Conseil de M. Jose Maria Aznar, Président du Gouvernement d’un pays ami. Cette satisfaction est d’autant plus forte que M. Aznar a tenu à s’exprimer devant nous sur un sujet majeur, pour l’Espagne, mais aussi pour la Communauté internationale.

Durement et de longue date frappée sur son sol par le terrorisme, l’Espagne peut, en effet, et j’ajouterai malheureusement, utilement nous faire part de son expérience chèrement acquise dans la lutte contre le fléau du terrorisme. Son accession récente à la Présidence du Comité du contre-terrorisme en sera d’autant plus précieuse.

Le Président Aznar a rappelé que les Etats membres de l’Union Européenne n’ont pas hésités à unir leurs efforts, notamment depuis le 11 septembre 2001, en vue de renforcer, dans tous les domaines, les mesures concrètes pour combattre plus efficacement le terrorisme. Je ne citerai ici que quelques exemples qui sont parlants : l’accélération de la mise en place d’un espace judiciaire européen et d’une police européenne ; la définition commune de ce qui constitue un acte de terrorisme ; la création du mandat d’arrêt européen pour remplacer le système d’extradition antérieur ; le renforcement d’Europol ; des mesures accrues contre le financement du terrorisme. L’Espagne et la France qui coopèrent étroitement dans la lutte contre le terrorisme ont travaillé ensemble pour favoriser l’adoption de ces mesures.

Le fléau du terrorisme, par son caractère global et multiforme, rend encore plus indispensable la mobilisation et la coopération active de l’ensemble de la Communauté internationale, et cela de manière constante. Cette mobilisation doit être sans cesse en éveil. Les Nations Unies et, en leur sein, le Conseil de sécurité ont, à cet égard, un rôle majeur à jouer, comme l’a notamment souligné la résolution 1456 adoptée le 20 janvier dernier par notre Conseil réuni au niveau ministériel.

Cette mobilisation indispensable ne pourra cependant être réellement effective que dans la mesure où tous les pays qui en ont besoin recevront une assistance technique accrue pour les aider à renforcer leur dispositif national de lutte contre le terrorisme. C’est dans cette optique que la France, par la voix, ici même, de son ministre des affaires étrangères, a proposé que soit établi, au sein des Nations Unies, un fonds de coopération et d’assistance auquel devront être étroitement associées les Institutions financières internationales.

Il faut mieux prendre en compte le lien entre le terrorisme et d’autres menaces globales, dont celle constituée par la prolifération des armes de destruction massive. A cet égard, mon pays a annoncé, le 20 janvier, qu’il fera des propositions concrètes, notamment en vue de l’élaboration d’une convention internationale renforçant le contrôle de l’utilisation et du transfert de sources radioactives.

Notre Conseil est bien entendu concerné, au premier chef, par ces rapprochements dangereux et qui menacent la paix et la sécurité internationales. Il a certes commencé à en traiter, mais ses efforts en ce domaine devront être approfondis. Son rôle en la matière, tout central qu’il soit, ne saurait cependant être exclusif. Les agences ou institutions internationales possédant des compétences dans ces secteurs devront être également activement impliquées.

J’ajouterai que la France attache, par ailleurs, une importance majeure à ce que les douze instruments internationaux existants visant à réprimer divers actes de terrorisme, en particulier la Convention de 1999 sur la répression du financement du terrorisme, soient rapidement ratifiés par tous les Etats, comme le demande d’ailleurs la résolution 1373 du Conseil de sécurité.

Pour conclure, je souhaiterais rappeler notre suggestion récente consistant à demander au Comité du contre-terrorisme de faire part au Conseil de sécurité des difficultés ou problèmes que rencontrent, le plus souvent, les Etats dans leur mise en œuvre de la résolution 1373 de notre Conseil à la lumière des rapports nationaux qu’ils soumettent au Comité du contre-terrorisme. Il nous paraît important, en effet, que notre Conseil puisse débattre de façon approfondie de ces aspects et de leurs éventuelles implications./.



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