Twitter Facebook Flickr Youtube RSS Share

9 avril 2001 - Kosovo : Intervention de M. Jean-David Levitte, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Le représentant permanent de la Suède exprimera les vues de l’Union européenne, auxquelles la France souscrit pleinement. Je souhaite compléter l’intervention que fera l’Ambassadeur Schori par quelques remarques, à titre national, sur plusieurs questions que nous jugeons importantes.

La définition du cadre de l’autonomie substantielle figure au nombre des tâches prioritaires, à la réalisation desquelles le représentant spécial du Secrétaire Général s’est attelé avec détermination. L’aboutissement de ce travail, qui s’inscrit dans le cadre prévu par la résolution 1244, est un aspect essentiel de la préparation des prochaines élections générales. Aussi est-il positif qu’au sein du groupe d’experts créé par M. Haekkerup, les discussions progressent dans un esprit constructif. Nous souhaitons que le consensus puisse se dégager dans les meilleurs délais sur tous les sujets, y compris sur une définition précise des compétences à transférer aux futures institutions provisoires.

L’implication dans ces travaux de représentants des différentes communautés du Kossovo, et en particulier de la communauté serbe, est souhaitable. Il convient donc de se féliciter des indications encourageantes que nous avons reçues, à ce propos, en provenance de Belgrade. D’une manière générale, Belgrade a un rôle à jouer dans le cadre du processus piloté par M. Haekkerup.

S’agissant des élections générales, leur tenue contribuera à l’approfondissement du processus démocratique au Kossovo. Une préparation minutieuse est nécessaire pour que ces élections y enracinent la démocratie. En particulier, des conditions de sécurité satisfaisantes devront être assurées. La participation de toutes les minorités au scrutin est également importante. Il convient de se réjouir, dans ces conditions, de la disposition des autorités de Belgrade, au plus haut niveau, à favoriser la participation de la communauté serbe du Kossovo à ce vote.

A cet égard, je tiens à souligner que la visite de M. Haekkerup à Belgrade, jeudi 5 avril, doit être saluée. Comme M. Guéhenno l’a indiqué, les entretiens du représentant spécial avec le Président Kostunica ont marqué une étape importante dans le développement de relations constructives entre la MINUK et les autorités de la République Fédérale de Yougoslavie. Il est clair que de tels contacts sont très utiles pour que des progrès puissent être réalisés. L’ouverture prochaine du bureau de la MINUK à Belgrade facilitera également le développement du dialogue.

La lutte contre les violences ethniques est au coeur des préoccupations de la communauté internationale au Kossovo. La MINUK et la KFOR sont mobilisées pour relever ce défi et prendre toutes mesures requises contre les extrémistes. Mais nous attendons de tous les responsables politiques kossovars qu’ils apportent leur concours à la promotion de la concorde. Nous appelons ces responsables à utiliser tous les leviers dont ils disposent afin que cessent ces violences. La communauté internationale ne ménage pas son aide à l’amélioration de la situation et des conditions de vie au Kossovo. Elle est en droit d’attendre que tous les Kossovars, et en particulier ceux qui ont des responsabilités politiques, coopèrent avec elle sans hésitation ni ambiguïté.

M. Haekkerup participera mercredi prochain à Paris à la réunion ministérielle du groupe de contact sur l’ex-Yougoslavie. Ce sera là une bonne occasion d’aborder ces questions et de faire le point depuis la dernière Ministérielle de Rome en aôut 2000.

Le Conseil de Sécurité a eu l’occasion de se prononcer récemment sur la situation dans les Balkans. Il a adopté la résolution 1345 à l’unanimité. La cohésion de la communauté internationale a été confirmée lors du vote de ce texte, qui réaffirme notre attachement commun à la souveraineté et à l’intégrité territoriale des Etats de la région, ainsi que son soutien aux gouvernements macédonien et yougoslave dans la recherche de solutions politiques. En Europe du Sud-Est, la communauté internationale est déterminée à encourager les forces d’intégration, face aux groupes qui prônent l’émiettement territorial et la fragmentation ethnique.



Bookmark and Share
Bookmark and Share
Rss
Organisation des Nations Unies Présidence de la République France Diplomatie La France à l'Office des Nations Unies à Genève Union Européenne Première réunion de l'ONU