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9 février 2000 - Protection du personnel des Nations Unies, du personnel associé et du personnel humanitaire dans les zones de conflit : Intervention de M. Alain Dejammet, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président,

Permettez-moi de vous dire tout l’honneur que nous ressentons à participer à ce débat sous la présidence du ministre des Affaires étrangères d’Argentine et permettez-moi également de remercier l’Argentine de l’initiative qu’elle a prise sur un sujet important : la protection du personnel des Nations unies dans le cas de conflits, un sujet malheureusement toujours d’actualité.

Monsieur le président, les pays membres de l’Union européenne participent beaucoup à ces opérations, quelles qu’elles soient, opérations des Nations unies, opérations de maintien de la paix, opérations humanitaires. Ces pays membres de l’Union européenne ont beaucoup donné, ont beaucoup subi et parfois ont beaucoup souffert. Il est tout à fait juste que, sur un sujet aussi grave, l’Union européenne s’exprime en tant que telle par la voix de son président, par la voix du représentant du pays qui exerce la présidence de l’Union européenne, le représentant du Portugal qui, tout à l’heure, fera une intervention. Je souhaite indiquer simplement que la France s’associe entièrement comme de juste à l’intervention qui sera prononcée par le représentant du Portugal. Je me bornerai donc, si vous le voulez bien à quelques très brèves remarques à titre national.

Le personnel des Nations unies engagé dans des opérations, qu’elles soient de maintien de la paix ou à vocation essentiellement humanitaires, fait un métier dangereux et ce personnel est prêt souvent à en prendre personnellement le risque. Mais il est du devoir du Conseil de sécurité de prendre ses responsabilités pour assurer, dans toute la mesure du possible, la sécurité du personnel qu’il envoie en mission dans le cadre d’opérations des Nations unies. Il est du devoir du Conseil de sécurité, c’est-à-dire de nous, autour de cette table, de veiller également à la sécurité du personnel humanitaire, du personnel des agences, de tous ceux qui participent ou qui concourent de près ou de loin à l’exécution d’une opération décidée par le Conseil de sécurité. Nous avons des responsabilités. Nous pouvons agir dans deux domaines : le mandat des opérations et les moyens fournis à ces opérations.

D’abord, le mandat. Les leçons tirées des expériences passées n’ont pas été vaines. Le conseil, de plus en plus, veille à ce que le mandat et les règles d’engagement des opérations des Nations unies - j’insiste sur cet aspect de nos procédures : la surveillance de l’élaboration des règles d’engagement - permettent d’assurer de façon efficace la sécurité et la liberté de mouvement du personnel des Nations unies et du personnel associé. J’ai dit qu’il y avait progrès. Les dispositions incluses dans les résolutions qui ont établi la MINURCA en République Centrafricaine ou la MINUSIL en Sierra Leone illustrent cette tendance, illustrent ce progrès. Ceci est bien, mais ceci ne suffit pas et je pense que nous devons prendre très sérieusement note des propositions qui ont été faites ce matin, tant par la Vice-Secrétaire générale, Mme Fréchette, que par la directrice exécutive du Programme alimentaire mondial, Mme Bertini, propositions qui méritent d’être présentes à nos esprits lors de l’élaboration du mandat d’opérations complexes associant des activités de maintien de la paix à des activités humanitaires. Je crois que les observations faites, tant par Mme Fréchette que par Mme Bertini, peuvent guider utilement nos délibérations. Voilà pour le mandat.

Les moyens, ensuite. Il faut veiller à une bonne adéquation entre le mandat et les moyens. Les personnels de maintien de la paix doivent disposer, non seulement des moyens légaux pour se protéger dans l’accomplissement de leurs mandats, mais aussi des moyens humains et matériels nécessaires. Garantir la sécurité de ce personnel implique de prévoir des effectifs en nombre suffisant, ce qui a un coût, observation qui a été faite par Mme Fréchette. La sécurité a un coût. Si nous sommes sérieux aujourd’hui dans l’intérêt que nous manifestons pour la sécurité des personnels des Nations unies, du personnel associé, du personnel humanitaire, nous devons, dans chaque cas, en tirer les conclusions pratiques en termes de nombres, d’effectifs et en termes de contribution financière. Il n’y a pas d’échappatoire à ces quelques règles évidentes.

Voilà, Monsieur le président, à quoi se borne cette brève intervention. Je voudrais simplement indiquer, à titre national, que nous sommes heureux d’annoncer que la France achève actuellement le processus de ratification de la Convention sur la sécurité du personnel des Nations unies et du personnel associé. Je vous remercie.



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