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9 mai 2000 - La situation en Bosnie-Herzegovine : Intervention de M. Jean-David Levitte, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

La délégation française tient à remercier le Haut Représentant, M. Petritsch pour l’exposé qu’il vient de nous présenter.

Nous regrettons une fois de plus que les Etats non membres du Conseil directement impliqués dans la recherche d’un règlement en Bosnie-Herzégovine et, en particulier, la présidence de l’Union européenne n’aient pu prendre la parole aujourd’hui.

M. Petritsch peut compter sur le soutien de la France et de l’Union européenne pour l’action qu’il mène afin de parvenir, selon ses propres termes, à une "appropriation" par les responsables locaux, par la population de Bosnie-Herzégovine, du destin de ce pays. Le temps presse.

L’assistance internationale ne pourra demeurer au niveau actuel. D’autres dossiers mobilisent l’attention et les ressources. Les acteurs locaux doivent donc être incités à prendre leurs responsabilités et ce n’est pas simple. Le Haut Représentant a dû avoir à nouveau recours aux pouvoir étendus qui lui ont été confiés pour imposer des législations importantes sur lesquelles les autorités locales n’avaient pu s’accorder. Le dilemme persiste entre la nécessité pour le Haut Représentant d’imposer des réformes et son souhait de faire prendre conscience à ces autorités des responsabilités qui doivent être les leurs. Raison de plus pour nous de marquer notre soutien au Haut Représentant. Raison de plus pour l’encourager à agir de façon déterminée en maintenant le dialogue nécessaire, pour obtenir des progrès dans les domaines clés qu’il a lui-même identifiés. Si le Haut Représentant me le permet, je souhaiterais lui faire une suggestion s’agissant de la rédaction des prochains rapports qu’il adressera au Secrétaire général : il serait peut-être utile de concentrer et de consacrer une partie de ces rapports à l’analyse d’un problème spécifique ou d’un thème analysé dans le détail.

Nos priorités recoupent celles que le Haut Représentant vient de décrire : affaiblir l’emprise des partis nationalistes, renforcer et améliorer le fonctionnement des institutions, créer le contexte nécessaire au redémarrage économique, favoriser le retour des réfugiés. S’agissant des réfugiés, les années qui viennent sont probablement les dernières pendant lesquelles on pourra agir de façon significative en faveur du retour. Au-delà, les familles de réfugiés et de déplacés auront été absentes pendant plus de 10 ans de leur domicile d’avant-guerre. Les enfants auront grandi ailleurs. Les retours seront plus difficiles. Il faut donc profiter de la situation nouvelle, liée notamment au changement politique en Croatie, pour résoudre le problème dans un cadre régional. Les dernières élections municipales ont apporté un degré croissant de pluralisme dans la vie politique bosnienne. Il faut espérer que cette tendance soit confortée par les prochains scrutins. Les réformes amenées dans le secteur des médias, les actions à prendre dans le domaine du financement des partis politiques doivent contribuer à cette évolution vers plus de démocratie. L’adoption d’une loi électorale permanente nous paraît être une des voies importantes pour conforter cette évolution. Dans le domaine économique, beaucoup de choses restent à faire pour surmonter les résistances des autorités locales aux réformes. La prochaine réunion de la Conférence de mise en oeuvre des accords de paix au niveau ministériel devrait accorder une importance particulière aux priorités économiques et aux réformes, y compris par l’effet de ces mesures dans le domaine politique. Il faut donner plus d’importance à la création d’un espace économique commun, en éliminant les barrières de tous ordres, en harmonisant les législations entre les deux entités. Il faut relancer les privatisations, domaine dans lequel les résultats restent maigres et pour lequel le Haut Représentant doit avoir un rôle moteur à jouer. La privatisation des services publics est un enjeu important. Cette réforme de l’économie doit viser à promouvoir l’investissement étranger en Bosnie-Herzégovine. Tout cela doit s’accompagner d’un renforcement de la lutte contre la corruption et contre la criminalité organisée. Le renforcement des institutions centrales conditionne pour partie ces évolutions souhaitables. Il faut la mise en oeuvre d’un véritable Etat, d’un



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