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9 mars 2000 - Maintien de la paix et de la sécurité : Aspects humanitaires des questions dont le Conseil de Sécurité est saisi : Intervention de M. Alain Dejammet, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président,

Permettez-moi tout d’abord de vous remercier, Monsieur le Ministre, d’être présent parmi nous pour présider à ce débat dont vous avez pris l’initiative, un débat qui porte sur l’ensemble des aspects humanitaires relevant des activités de notre Conseil.

Permettez-moi également de remercier le Secrétaire général des Nations unies, et par son intermédiaire tous les Départements du Secrétariat qui contribuent à la bonne préparation de nos travaux, en particulier le Bureau de coordination des affaires humanitaires qui nous tient régulièrement informés des aspects humanitaires des situations dont nous sommes saisis. Je souhaiterais exprimer notre reconnaissance au Secrétaire général pour l’exposé qu’il vient de nous faire, dont nous relevons la pertinence, et indiquer que nous souscrivons aux observations qui ont été faites par le Secrétaire général des Nations unies.

Monsieur le Président,

Je serai bref dans la mesure où la délégation française s’associe par avance à la déclaration beaucoup plus substantielle qui sera prononcée tout à l’heure par le représentant du Portugal, en sa qualité de Président de l’Union européenne. Je voudrais indiquer que la France souscri également à la déclaration que vous nous proposez d’adopter à l’issue de ce débat.

La déclaration dont vous avez pris l’initiative reprend en effet, dans ses différents aspects, l’ensemble des questions d’ordre humanitaire dont le Conseil a déjà eu à traiter lors de ses précédents débats sur le sujet et que nous devons donc garder à l’esprit lorsque nous sommes conduits à agir. Le Conseil de sécurité a en effet la responsabilité première de se saisir des situations où les violations du droit international humanitaire et des droits de l’homme menacent la paix et la sécurité internationales, comme par exemple à Timor-est. Le Conseil de sécurité a donc la responsabilité de continuer à se préoccuper de la situation humanitaire dans toutes les dimensions de son activité, comme par exemple en Iraq.

Je voudrais souligner trois thèmes de réflexion que le Conseil de sécurité doit garder présents à l’esprit quand il traite de situations concrètes :

En premier lieu, il est nécessaire de traiter ici les crises humanitaires en temps utile, sous peine de voir celles-ci dégénérer et sous peine de voir la solution encore plus compliquée. Je prends pour exemple la situation dans l’est du Zaïre en 1996-1997. Le Conseil avait amorcé l’ébauche d’une réponse. Il s’était entendu sur des propositions que la France avait appuyées et qui avaient été formulées avec le soutien très actif du Canada. Mais le Conseil de sécurité n’a finalement pas donné suite aux propositions sur lesquelles il s’était accordé à l’automne 1996 et l’envoi d’une force de protection de l’assistance humanitaire aux réfugiés qui avait été prévu ne s’est pas effectué. Aujourd’hui nous constatons malheureusement les conséquences de notre inaction et aujourd’hui les développements dans la région nous imposent d’agir dans des conditions beaucoup plus difficiles, là où une intervention antérieure aurait peut-être permis d’éviter ces atteintes à la paix et à la sécurité internationales et nous aurait peut-être permis d’épargner des vies humaines. Voilà pour la nécessité, pour le Conseil, d’agir vite.

En second lieu le traitement humanitaire des crises n’est pas un substitut à l’action politique et au traitement des causes. Nous ne devons pas confondre les réponses humanitaires et les réponses d’ensemble à caractère politique que le Conseil a le devoir d’élaborer. Soulager les souffrances des populations civiles est une nécessité et c’est la tâche des agences des Nations unies et des organisations humanitaires. Mais cela n’est pas suffisant et ne doit pas dégager le Conseil de sécurité de ses responsabilités dans le domaine du traitement des crises et des conflits.

Enfin les crises humanitaires peuvent parfois atteindre un tel degré de gravité que la réponse ne peut être que politique et, dans certaines circonstances, nécessiter aussi le recours à la force pour mettre fin à des violations à grande échelle des droits de l’homme et du droit humanitaire international, violations qui menacent la paix et la sécurité internationales et qui justifient donc, en pleine conformité avec la Charte des Nations unies, le recours à des actions. Ce fut le cas au Kosovo. Le Conseil ne peut, dans ces circonstances, qu’exercer les responsabilités générales qui lui sont confiées par la Charte.

Je vous remercie Monsieur le Président.



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