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25 juin 2007 - Conseil de sécurité - Ressources naturelles et conflits - Intervention de M. Jean-Marc de la Sablière, Ambassadeur, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

"Je vous remercie Monsieur le Président.

La France s’associe à l’intervention que prononcera le Représentant Permanent de l’Allemagne au nom de l’Union européenne.

Je souhaite d’abord remercier la présidence belge du Conseil de sécurité et le ministre Karel de Gucht pour l’organisation de ce débat qui est à notre avis un débat utile sur un sujet important. Nous espérons beaucoup que la discussion d’aujourd’hui fera avancer la compréhension du lien entre les ressources naturelles et les conflits, et qu’elle permettra d’améliorer sa prise en compte dans les actions du Conseil.

Cette problématique n’est pas nouvelle. Dès les années 90, le financement de certaines rébellions armées en Afrique orientale et centrale, par ce que on a appelé les "diamants du sang", avait attiré l’attention sur les liens entre l’exploitation illégale des ressources naturelles et les atteintes à la paix et à la sécurité. En fait, un véritable cycle d’économie de guerre s’était mis en place dans certains pays. Il fallait, pour l’enrayer, une réponse qui intègre cette dimension, c’est-à-dire une dimension économique.

Directement né de ce constat, le Processus de Kimberley est considéré comme la principale réussite en matière de certification d’une ressource minérale. Le succès du Processus se reflète en particulier dans l’augmentation significative de la production officielle des pays concernés. Le Processus, dont la Communauté européenne assure la présidence cette année, reste cependant fragile, tributaire d’améliorations dans la tenue des statistiques et dans la mise en œuvre de contrôles internes plus rigoureux. Malgré cette fragilité, c’est un succès qui a été à l’origine d’ailleurs de nombreuses réflexions qui sont en cours pour étendre et adapter la méthodologie à d’autres ressources minérales.

Ces initiatives doivent être encouragées par le Conseil de sécurité car elles répondent directement au problème de l’exploitation illégale des ressources naturelles comme facteur de conflit, qui est de notre compétence. Le Conseil doit par ailleurs, et sans hésitation, souligner avec force et clarté, chaque fois que la situation l’exige, le lien entre l’exploitation illégale de certaines matières premières avec un conflit. Il me semble que nous devons aussi veiller à renforcer l’efficacité des mécanismes de sanctions mis en place par le Conseil, dans le sens d’une plus grande cohérence et d’une plus grande réactivité. C’est pour le Conseil l’un des axes prioritaires de son action dans son domaine, me semble-t-il. Il faut également que le Conseil réfléchisse aux actions à mener dès la période de gestion et de sortie de crise afin que celles-ci trouvent un prolongement naturel dans le cadre du post-conflit. Concrétement, cela veut dire que le Conseil de Sécurité doit aussi tenir compte de la problématique qui le réunion aujourd’hui dans la rédaction des mandats des Opérations de Maintien de la paix.

Monsieur le Président,

Il faut aussi reconnaître, et cela a été fait par plusieurs orateurs avant moi, que cette question des liens entre ressources naturelles et conflits touche des domaines qui relèvent de la compétence d’autres organes. Et je pense naturellement à tous les acteurs du développement tant la bonne gestion des ressources naturelles est un facteur de stabilité et de développement durable.

Alors quelle est la place de notre Conseil dans cette action ?

Il me semble que la question de l’ampleur exacte et de la responsabilité que doit prendre le Conseil en la matière par rapport à d’autres institutions internationales ou partenaires bilatéraux en fait ne peut pas être décrétée à l’avance. Elle dépend, en réalité des circonstances de chaque cas d’espèce et il n’y a sans doute pas de modèle en la matière.

La Commission de consolidation de la paix, compte-tenu de son mandat devra naturellement, me semble-t-il, prendre en considération la problématique de l’exploitation des ressources naturelles dans le cadre de ses travaux, avec le souci que les ressources des pays en sortie de conflits soient exploitées dans des conditions telles qu’elles ne profitent qu’à la stabilisation et au développement du pays.

Je souhaite, pour conclure, marquer à nouveau l’intérêt que revêt ce débat pour réfléchir, ensemble aux moyens de perfectionner les instruments à la disposition du Conseil.

Je vous remercie./."



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