Twitter Facebook Flickr Youtube RSS Share

27 novembre 2007 - Conseil de sécurité - Soudan (Darfour) - Intervention de M. Jean-Maurice Ripert, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

intervention de l’Ambassadeur Jean-Maurice Ripert, Représentant permanent de la France auprès des Nations Unies, 27 novembre 2007

Je remercie M. Guéhenno et M. Eliasson de leurs exposés.

Je souhaite, pour commencer, réaffirmer le plein soutien de la France à leurs efforts et à ceux du Secrétaire général en vue de trouver, de concert avec l’Union africaine, une issue à la crise du Darfour.

L’échéance prévue pour le transfert d’autorité de l’AMIS à la MINUAD est aujourd’hui très proche. Cette échéance a été fixée par la résolution 1769, adoptée à l’unanimité par notre Conseil. Il est donc de notre responsabilité d’aider le Secrétariat et l’Union africaine à la tenir. Nous devons en outre nous assurer que la nouvelle opération sera suffisamment robuste et dissuasive pour que le drame d’Haskanita, que nous avons condamné avec la plus grande fermeté, ne puisse pas se reproduire.

La délégation française salue les pays qui ont d’ores et déjà accepté d’envoyer des troupes dans le cadre de la liste établie par les deux organisations. Elle en appelle aux pays qui pourraient fournir à la MINUAD les capacités spécialisées qui lui font encore défaut.

Ma délégation souhaite rendre hommage au Secrétariat et à l’Union africaine pour leur souci constant de consultation avec les autorités soudanaises. Le Secrétaire Général Adjoint en a rappelé les nombreuses étapes. Il n’est plus temps de renégocier les arrangements convenus, mais de les mettre en œuvre, dans la transparence.

Ma délégation appelle à la pleine coopération du Gouvernement soudanais avec les Nations Unies et l’Union Africaine pour parvenir à la mise en place de la MINUAD. L’accord donné en juin dernier était un pas dans la bonne direction, que le Conseil avait salué. Il est temps aujourd’hui pour les autorités soudanaises de traduire cet accord dans les faits, car les Nations Unies et l’Union africaine ont fait tout ce qui leur était possible pour tenir compte des préoccupations du Gouvernement soudanais tout en préservant un degré satisfaisant d’efficacité de la force.

Les termes des débats sont clairs. Ils ont parfaitement été posés et détaillés par le Secrétaire Général Adjoint : Il s’agit aujourd’hui pour le gouvernement soudanais de prendre ses responsabilités et de démontrer s’il accepte réellement, comme il s’y est engagé auprès de notre Conseil, le déploiement de l’opération hybride. L’heure n’est plus à la procrastination, mais à l’action.

Il en va de la sécurité et du bien-être de centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants dont le seul espoir repose aujourd’hui sur les Nations Unies et l’Union Africaine.

Il en va aussi de la crédibilité et de l’efficacité de notre Conseil dans sa capacité à préserver la paix et la sécurité internationales.

S’agissant du processus politique, nous saluons le lancement à Syrte des négociations sous l’égide des comédiateurs de l’Union africaine et des Nations Unies, MM. Jan Eliasson et Salim Ahmed Salim.

Il est de la responsabilité de toutes les parties d’en assurer le succès, en respectant une cessation des hostilités et en participant aux pourparlers. Concernant le cas particulier de M. Abdoulwahid el Nour, la France ne ménage aucun effort pour le convaincre de rejoindre le processus. Nous prenons nos responsabilités, comme nous appelons toutes les parties à le faire.

Ma délégation reconnaît la contribution importante apportée par le Gouvernement autonome du Sud Soudan et les acteurs régionaux au processus conduit par les Nations Unies et l’Union africaine. Les premiers résultats obtenus à Syrte et à Jouba sont encourageants. Nous souhaitons toutefois encourager tous les acteurs à continuer à œuvrer de concert, en liaison permanente avec les comédiateurs des Nations Unies et de l’Union africaine, qui dirigent l’ensemble du processus.

Je souhaiterais enfin exprimer le soutien de la France au choix des comédiateurs d’associer étroitement la société civile du Darfour au processus politique.

Sur le plan humanitaire, nous ne pouvons nous résigner au recul de l’accès humanitaire, alors que plus de 4 millions de personnes, soit les deux tiers de la population du Darfour, ont besoin d’assistance.

Ma délégation se réjouit de la prochaine visite au Soudan du Secrétaire général adjoint aux Affaires humanitaires, M. John Holmes, qui permettra de faire le point sur la mise en œuvre du communiqué conjoint du 28 mars.

Nous avons reçu avec beaucoup d’inquiétude les informations du Bureau de coordination des affaires humanitaires faisant état de relocalisations forcées de déplacés au Sud du Darfour. Nous sommes attachés à ce que le caractère volontaire des retours soit respecté, conformément au droit international humanitaire.

Nous appelons également toutes les parties à respecter le caractère civil des camps de déplacés.

Enfin, je souhaiterais rappeler l’importance que ma délégation attache à la lutte contre l’impunité, qui ne saurait être négligée compte tenu de la gravité des crimes qui ont été commis au Darfour. Le Conseil aura prochainement l’occasion de revenir sur cette question avec le Procureur de la Cour pénale internationale

Nous rappellerons alors notre engagement total pour que la justice puisse suivre son cours.

Je vous remercie Monsieur le Président./.



Bookmark and Share
Bookmark and Share
Rss
Organisation des Nations Unies Présidence de la République France Diplomatie La France à l'Office des Nations Unies à Genève Union Européenne Première réunion de l'ONU