Twitter Facebook Flickr Youtube RSS Share

31 janvier 2007 - Commission de consolidation de la paix - Débat au Conseil de sécurité - Intervention de M. Jean-Pierre Lacroix, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président,

Je souhaite remercier la Fédération de Russie d’avoir pris l’initiative d’organiser, à l’occasion de sa présidence du Conseil de sécurité, le débat qui nous réunit ce jour. Cette initiative est bienvenue et utile. Les interventions des précédents orateurs ont bien montré tous les enjeux qui s’attachent à ce que la Commission de consolidation de la paix réussisse dans sa mission, mais aussi tous les défis qu’elle doit encore relever pour y parvenir.

Il nous paraît essentiel à cet effet que se développe, en pratique, une interaction souple et efficace entre la Commission et le Conseil et souhaitons que celui-ci se penche, à intervalles réguliers, sur les travaux de la Commission de consolidation de la paix. Nous attendons aussi que l’Assemblée générale et, le cas échéant, le Conseil économique et social accordent une attention particulière aux travaux de ce nouvel organe, comme le prévoient d’ailleurs les résolutions fondatrices.

Tout en souscrivant pleinement à la déclaration que fera la présidence de l’Union européenne, j’aimerais évoquer quelques aspects particuliers des travaux de la Commission de consolidation de la paix.

Monsieur le Président,

1/ La valeur ajoutée de la Commission de consolidation de la paix tient à sa capacité d’intervenir sur des problématiques spécifiques aux processus de consolidation de la paix, de manière concentrée et en s’attaquant aux défis les plus pressants. La participation aux travaux de la Commission de tous les acteurs pertinents sur le terrain, en particulier les Etats de la région et les donateurs institutionnels et bilatéraux, est à cet égard fondamentale. De ce point de vue, ma délégation soutient pleinement la participation aux réunions de la Commission de consolidation de la paix de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, que leurs représentants ont appelé de leurs vœux aujourd’hui.

Les questions relevant du renforcement des institutions, notamment liées à l’Etat de droit, de la bonne gouvernance et de la réforme du secteur de sécurité constituent le plus souvent le cœur des priorités du post-conflit. Dans bien des cas ces domaines dépassent les champs d’intervention et les outils des acteurs du développement. Par leur nature même, ils requièrent une coordination étroite des actions engagées sur le terrain. Je pense en particulier au processus de désarmement, démobilisation, réinsertion, qui sont au carrefour des problématiques du maintien de la paix et du développement.

En rendant possible l’identification d’objectifs et de priorités partagés par tous les intervenants, et la coordination de leurs actions selon un calendrier d’engagement durable mais adapté aux priorités immédiates, la Commission de consolidation de la paix peut devenir un outil essentiel pour ancrer les pays en sortie de crise dans la paix et le développement durable.

2/ Les premières réunions spécifiques au Burundi et à la Sierra-Leone ont permis d’engager un travail d’identification des domaines cruciaux pour le processus de consolidation de la paix dans chacun de ces pays, sur la base d’une analyse dégagée par leurs autorités nationales.

Ce travail, qui est au cœur de l’activité de la Commission de consolidation de la paix, doit se poursuivre et aboutir à l’identification précise, dans les secteurs jugés cruciaux pour le processus de consolidation de la paix, des actions et des mesures à mener en priorité. Tous les acteurs impliqués sur le terrain, et au premier chef les autorités des pays concernés, devraient être en mesure de disposer, au terme de ce processus, d’une feuille de route susceptible de constituer la base d’un engagement adéquat et durable de la communauté internationale.

3/ Dans cet esprit, il nous semble que dans l’immédiat la Commission devrait concentrer ses efforts sur la préparation des réunions relatives aux pays qui sont inscrits à son ordre du jour. Le bureau d’appui à la consolidation de la paix (PBSO), qui est maintenant opérationnel, a un rôle essentiel à jouer à cet égard. Une diffusion rapide et adéquate de l’information relative aux pays concernés aux membres de la Commission nous semble un élément essentiel. Un inventaire des actions engagées dans chacun des domaines cruciaux pour le processus de consolidation de la paix a déjà été réalisé. Il doit maintenant servir de base à l’identification des lacunes et à une meilleure coordination de tous les acteurs de la consolidation de la paix dans ces deux pays.

Au delà des projets financés par le fonds de consolidation de la paix, le travail de la Commission doit aussi déboucher sur une meilleure allocation des ressources et sur une implication renforcée de tous les acteurs, à commencer par les autorités des pays concernés. Celles-ci doivent bien entendu être associées étroitement à la préparation et la conduite des travaux de la Commission.

Je tiens, à cet égard à rendre hommage au travail réalisé par les autorités du Burundi et de la Sierra Leone, en liaison avec les Nations Unies et les autres acteurs.

Pour conclure, ma délégation tient à réaffirmer l’importance qui s’attache à ce que nous puissions collectivement, et à échéance rapprochée, obtenir des résultats concrets, centrés sur les pays examinés.

Je souhaiterais également souligner la nécessité pour le Conseil de Sécurité, le moment venu, d’intégrer pleinement ces résultats dans ces travaux.

Je vous remercie./.



Bookmark and Share
Bookmark and Share
Rss
Organisation des Nations Unies Présidence de la République France Diplomatie La France à l'Office des Nations Unies à Genève Union Européenne Première réunion de l'ONU