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11 juin 2008 - Conseil de sécurité - Afghanistan : Adoption de la résolution 1817 sur le trafic de précurseurs chimiques de l’héroïne

La France se réjouit de l’adoption à l’unanimité par le Conseil de sécurité de cette résolution sur la lutte contre le trafic de précurseurs chimiques de l’héroïne en Afghanistan, qui s’inscrit dans le cadre plus global de la lutte contre la production et le trafic de drogue, à la veille de la Conférence de soutien à l’Afghanistan qui se tiendra demain à Paris.

Cette conférence, qui constitue une des manifestations de l’engagement renouvelé de la France en Afghanistan, décidé par le Président de la République, M. Nicolas Sarkozy, a pour objectif premier de réaffirmer le soutien politique et financier de la communauté internationale pour la reconstruction de l’Afghanistan. Il s’agira aussi de revoir les objectifs et les modalités d’action des bailleurs de fonds dans le cadre d’un examen du Pacte pour l’Afghanistan, adopté à la conférence de Londres en 2006. La conférence de Paris sera enfin l’occasion pour le gouvernement afghan de présenter à la communauté internationale sa stratégie nationale de développement. Nous partageons l’espoir exprimé par le Représentant spécial du Secrétaire Général, M. Kai Eide, qu’elle permettra de forger un nouveau " pacte " entre la communauté internationale et l’Afghanistan.


C’est dans cet esprit de partenariat renforcé que sera abordé lors de la Conférence le problème de la lutte contre le trafic de drogue, qui constituera naturellement un des sujets majeurs de préoccupation pour la communauté internationale. Le trafic de drogue en Afghanistan sape en effet les efforts en matière de gouvernance, constitue une source de financement du terrorisme et alimente les menaces contre la sécurité et la stabilité du pays.


Nous soutenons à cet égard la stratégie afghane de lutte contre la drogue et les efforts internationaux pour lutter contre ce fléau. Il convient en particulier de soutenir les initiatives régionales. Il revient en effet à l’ensemble de la communauté internationale de se mobiliser pour assumer cette responsabilité qui est collective. Nous saluons en particulier les efforts réalisés par l’Afghanistan et ses voisins et les sacrifices consentis par ces pays dans la lutte contre le trafic de drogue.


La lutte contre le trafic de drogue requiert naturellement une approche intégrée prenant en compte toutes les dimensions du phénomène. C’est pourquoi le Pacte de Londres en a fait une priorité transversale, touchant à la fois à la sécurité, à la gouvernance et au développement économique et social. En particulier, le développement de sources alternatives de revenu est un élément essentiel de succès, comme le souligne la résolution que nous venons d’adopter.


Nous avons cependant souhaité, dans le cadre du Conseil de sécurité, mettre l’accent sur un aspect particulier de la problématique du trafic de stupéfiants, qui est la lutte contre le trafic des précurseurs chimiques indispensables à la transformation de l’opium en héroïne. Il s’agit en effet d’un " maillon faible " sur lequel nous pouvons et devons intensifier nos efforts.


Il existe déjà un système de surveillance du commerce des précurseurs chimiques, dont il convient de souligner que l’immense majorité est utilisée à des fins parfaitement légitimes. Ce système, qui vise à empêcher le détournement de l’usage de ces produits à des fins illicites, est fondée en particulier sur la convention de Vienne de 1988 contre le trafic illicite de stupéfiants et de substances psychotropes. L’initiative du Pacte de Paris, lancée en 2004 par l’ONUDC, au titre du suivi de la conférence sur les routes de la drogue de l’Asie Centrale à l’Europe, inclut un volet spécifique en matière de trafic de précurseurs, constitue aussi un cadre adéquat pour renforcer la coopération en ce domaine. Un effort accru de tous est toutefois nécessaire pour utiliser les mécanismes existants de manière plus efficace.


Nous espérons que l’adoption de cette résolution donnera une nouvelle impulsion politique qui permettra de mobiliser la communauté internationale, en appui de l’Afghanistan et de ses voisins et en étroite coordination avec les organisations spécialisées telles que l’ONUDC (Office des NU contre la drogue et le crime) et l’OICS (organe international de contrôle des stupéfiants), autour de la question de la lutte contre le trafic de précurseurs chimiques en Afghanistan.


L’adoption de cette résolution à la veille de la Conférence de Paris démontre l’engagement déterminé et unanime de la communauté internationale, et naturellement des autorités afghanes qui ont apporté un appui sans failles à notre initiative, dans la lutte contre le trafic de drogue dont la première victime est l’Afghanistan.



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