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17 février 2008 - Conseil de sécurité - Kosovo - Déclaration conjointe des membres européens du Conseil de sécurité, de la Croatie, de l’Allemagne et des Etats-Unis et intervention de l’ambassadeur Jean-Maurice Ripert, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Déclaration conjointe des membres européens du Conseil de sécurité, de la Croatie, de l’Allemagne et des Etats-Unis

Intervention de l’ambassadeur Jean-Maurice Ripert, lors du débat public du Conseil de sécurité le 17 février

Déclaration conjointe des membres européens du Conseil de sécurité (Belgique, France, Italie, Royaume-Uni), de la Croatie, de l’Allemagne et des Etats-Unis à l’issue de la réunion d’urgence du Conseil de sécurité sur le Kosovo, le 17 février 2008

Je voudrais faire la déclaration suivante au nom des membres européens du Conseil de sécurité (la Belgique, la France, l’Italie, et le Royaume-Uni), la Croatie, l’Allemagne, et les Etats-Unis.

C’est une journée importante pour le Kosovo et pour la région.

Nous avons longuement plaidé et continuons de croire que la proposition faite par l’envoyé spécial des Nations Unies pour le Kosovo d’une indépendance internationalement supervisée est la seule solution viable pour apporter la stabilité et la sécurité. C’est une solution sui generis répondant à un ensemble de circonstances unique. Elle n’établit aucun précédent plus large.

Les événements d’aujourd’hui constituent la conclusion d’un processus d’élaboration du statut qui a épuisé toutes les voies en vue d’une solution négociée. Nous regrettons l’incapacité à trouver une solution mutuellement acceptée, mais le statut quo est devenu intenable et un processus coordonné et stable, avec un soutien international est meilleur qu’une instabilité prolongée.

La communauté internationale continuera à avoir un rôle à jouer. Les membres du Conseil de sécurité ont souligné la responsabilité particulière de l’Union européenne. L’union européenne unanime a accepté de soutenir le Kosovo avec une nouvelle mission PESD.

Les processus en cours sont pleinement en accord avec le droit international, y compris la Résolution 1244 du Conseil de Sécurité. La résolution 1244 fournit le cadre pour la transition vers un nouveau statut durable pour le Kosovo. Elle continue aussi de fonder l’autorité pour les présences militaire et civile internationales nécessaires pour aider le Kosovo dans cette nouvelle phase.

Nous regrettons que le Conseil de sécurité n’ait pas pu se mettre d’accord sur la marche à suivre. Mais cette impasse est claire depuis plusieurs mois. Cela ne va pas changer. Mais nous sommes déterminés à prendre nos responsabilités, en tant qu’ Etats et dans le cadre de l’Union européenne et l’OTAN, pour assurer la stabilité et la sécurité dans la région. C’est aussi un intérêt clé pour les Nations unies.

Par conséquent, les ministres des affaires étrangères de l’Union européenne vont se rencontrer le 18 Février à Bruxelles pour se mettre d’accord sur une réaction aux événements d’aujourd’hui. Nous voulons tous voir l’Europe assumer un rôle moteur de manière unie et efficace dans les jours et mois à venir.

Nous rappelons les conclusions du Conseil européen de décembre 2007, qui ont souligné qu’une Serbie stable et prospère pleinement intégrée à la famille des Nations européennes était importante pour la stabilité de la région.

Enfin, à ce moment critique, nous appelons toutes les parties à éviter toute déclaration ou action provocatrice, et nous réaffirmons qu’aucune violence ne sera tolérée./.

Intervention de l’ambassadeur Jean-Maurice Ripert, représentant permanent de la France auprès des Nations Unies, lors du débat public du Conseil de sécurité sur le Kosovo, le 18 février 2008

Monsieur le Président, Je souhaite remercier tout d’abord le Secrétaire Général des Nations Unies pour sa présence et sa présentation très claire de la situation au Kosovo. Je voudrais aussi remercier pour sa présence son Excellence M. Tadic, Président de la République de Serbie, dont je souhaite saluer l’engagement déterminé en faveur de la démocratie et de l’intégration européenne.

Le Kosovo a déclaré hier son indépendance. Conformément au droit international, il revient à chaque gouvernement de décider ou non de reconnaître ce nouvel Etat. Dans une lettre adressée au Président du Kosovo, le Président de la République française, M. Nicolas Sarkozy, vient, avec effet immédiat, de reconnaître le Kosovo comme un Etat souverain et indépendant, en plein accord avec la déclaration du Conseil des Ministres de l’Union Européenne qui s’est tenu aujourd’hui à Bruxelles. D’autres reconnaissances, notamment de la part de la grande majorité de nos partenaires de l’Union européenne, ont déjà eu lieu ou suivront dans les jours et les semaines à venir. Nous faisons désormais face à une nouvelle réalité, qui je n’en doute pas sera prise en compte par le Conseil de sécurité, comme par le Secrétaire général des Nations Unies.

Encore une fois, il convient de rappeler qu’il s’agit d’une situation unique, en ce qu’elle marque l’achèvement d’un processus historique particulier, l’éclatement de l’ex-Yougoslavie au cours des années 1990, suivi d’une période d’administration internationale sous l’égide de l’ONU. La perspective européenne commune qui s’offre au Kosovo et à la Serbie constitue également un caractère spécifique de la situation que nous traitons.

Monsieur le Président,

Face à cette nouvelle réalité, la communauté internationale doit prendre ses responsabilités, en veillant, dans l’immédiat, à ce que le processus en cours se déroule dans le calme et sans violence, en évitant toute déstabilisation du Kosovo et de la région. La protection des populations, et en particulier des minorités du Kosovo, constitue une priorité commune des membres du Conseil de sécurité.

Nous constatons que le calme prévaut sur le terrain, malgré quelques incidents isolés, et nous réjouissons à cet égard de l’attitude responsables des parties - en particulier des autorités serbes, comme vient de le montrer à nouveau le Président Tadic - dans cette période cruciale. Nous devons toutefois rester extrêmement vigilants afin d’éviter tout dérapage. Nous appelons le Conseil de sécurité à apporter son plein soutien au Secrétaire général dans cette tâche. C’est en effet aux Nations Unies, et en particulier à la MINUK, avec le soutien de la KFOR, que reviendra pour l’essentiel la responsabilité d’assurer le maintien de l’ordre dans la période qui s’ouvre.

Monsieur le Président,

L’Union européenne, comme elle l’a annoncé, assumera les responsabilités qui lui incombent dans l’accompagnement du règlement de cette question. Elle a en particulier décidé d’envoyer, en plein accord avec le droit international et dans le cadre de la résolution 1244, une importante mission de police et de justice au Kosovo.

La présence de l’Union européenne permettra de superviser l’émergence d’un Kosovo effectivement multi-ethnique et démocratique, conformément aux dispositions du plan Ahtisaari. Elle a un rôle essentiel dans la protection de toutes les communautés vivant au Kosovo. Elle sera particulièrement vigilante à ce que les autorités kosovares mettent en œuvre pleinement les engagements souscrits au regard des droits des minorités, notamment serbes, et de la protection de leur patrimoine culturel et religieux.

A cette fin, l’UE continuera à coopérer avec l’ONU, la KFOR, l’OSCE et les autres acteurs internationaux concernés. La France pour sa part renforcera son engagement, au-delà des 2.000 soldats déjà déployés dans le cadre de la KFOR, afin d’aider le Kosovo à avancer rapidement sur la voie de la création d’un Etat de droit et à établir avec tous ses voisins des relations de bon voisinage.

Monsieur le Président,

En réélisant le Président Tadic lors des élections présidentielles de janvier, le peuple serbe a réitéré avec force sa volonté d’inscrire son avenir dans un processus d’intégration à l’Union européenne. Ce choix européen du peuple serbe nous réjouit. Il rejoint notre conviction que l’avenir des Balkans occidentaux se situe dans l’Union européenne et que la progression de la Serbie vers l’UE peut être accélérée.

Nous espérons que les conditions établies pour le rapprochement européen de la Serbie seront bientôt remplies afin qu’elle puisse franchir les étapes nécessaires à la reconnaissance de son statut de candidat. L’avenir commun des peuples des Balkans occidentaux dans le cadre de l’Union Européenne constitue en effet le meilleur gage de leur réconciliation après les drames de la décennie précédente.

Je vous remercie./.



Pour en savoir plus rendez vous sur le site du Ministère des affaires étrangères



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