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19 mars 2008 - Conseil de sécurité - Afghanistan - Intervention de M. Jean-Maurice Ripert, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président,

La représentante permanente de Slovénie prononcera tout à l’heure, au nom de l’Union Européenne, une intervention à laquelle la France s’associe pleinement. Permettez moi de faire quelques commentaires à titre national.

Je souhaite tout d’abord remercier M. Guéhenno pour l’exposé qu’il vient de nous présenter et saluer la présence du nouveau Représentant spécial du Secrétaire général en Afghanistan à qui j’adresse mes chaleureuses félicitations pour sa nomination.

Comme son prédécesseur, M. Kai Eide pourra compter sur le soutien plein et actif de la France dans la mission essentielle qu’il aura à remplir en Afghanistan. Nous constatons avec satisfaction que sa nomination fait l’objet d’un large consensus international et que les autorités afghanes ont marqué leur souhait de travailler en étroite coordination avec lui. M. Eide dispose ainsi de toute l’autorité nécessaire pour assumer l’indispensable rôle de " chef d’orchestre " des efforts de la communauté internationale en appui des autorités afghanes. Six ans après la chute du régime qui avait fait de l’Afghanistan un sanctuaire du terrorisme international, nous sommes en effet à un moment crucial. La situation militaire est stabilisée, mais reste difficile et ne se traduit pas encore par un affaiblissement décisif de la capacité de nuisance d’adversaires qui n’hésitent pas à utiliser la terreur, comme l’attentat de ce matin visant le contingent canadien, à Kandahar, est venu tragiquement le rappeler. Le développement du trafic de drogue, intimement lié au développement de l’insurrection, constitue un phénomène particulièrement inquiétant. Son éradication, par une action déterminée et soutenue dans le temps, doit rester une priorité des autorités afghanes comme de la communauté internationale.

Surtout, l’Etat afghan peine encore à instaurer et à faire respecter l’état de droit dans de nombreuses régions du pays et les problèmes de gouvernance demeurent aigus, notamment au niveau local, fragilisant les progrès indéniables accomplis depuis 2001. les années à venir seroint décisives à cet égard, avec notamment les élections prévues en 2009 et 2010, autant d’étapes que la communauté internationale doit aider les afghans à franchir avec succès.

Monsieur le Président,

Nous devons aujourd’hui répondre à =quatre défis essentiels= afin de progresser dans la voie du redressement de l’Afghanistan et de l’accomplissement des objectifs définis à Londres en 2006 :

La communauté internationale doit tout d’abord =confirmer son engagement dans la durée= afin de persuader les Afghans que rien n’entamera sa détermination et mettre ainsi un terme aux attentes de ceux - terroristes, trafiquants de drogues, groupes armés illégaux - qui espèrent son retrait. Il en va de la paix et de la sécurité de l’Afghanistan et du monde.

Cette mobilisation de la communauté internationale, qui s’est déjà traduite par l’engagement de ressources considérables et par des résultats substantiels, exige, pour être efficace, une =coordination accrue entre tous les acteurs=. L’action de M.Kai Eide devrait largement y contribuer.

Cet engagement civil et militaire doit ensuite s’inscrire dans une perspective : permettre aux Afghans, maîtres de leur destin, de vivre en paix dans leur pays. Le =transfert progressif des responsabilités= aux Afghans doit être notre objectif constant. C’est tout particulièrement important en matière de sécurité, en commençant par Kaboul. L’ effort de formation doit être renforcé à cette fin.

Enfin, nous devons =consolider la stratégie globale= élaborée lors de la Conférence de Londres de janvier 2006. C’est dans cet esprit que la France, à la demande du Président Karzai, organisera en juin 2008 une conférence de soutien à l’Afghanistan, Elle visera a faire mieux connaître les acquis de six ans d’efforts communs, à réaffirmer l’engagement international et à établir une feuille de route pour les années à venir. Elle procédera en particulier à un bilan d’étape du " Compact de Londres " et permettra de resserrer la stratégie de Londres autour d’objectifs prioritaires et réalistes. Nous entendons naturellement associer étroitement l’ONU, et en particulier le Secrétaire général et son Représentant spécial, à cette conférence.

Monsieur le Président,

L’Afghanistan est une priorité pour la France et pour l’Union Européenne. Le Président de la République a réitéré notre engagement à long terme lors de sa visite en Afghanistan, en décembre 2007, tant en matière d’aide civile à la reconstruction que sur le plan sécuritaire, par notre participation à la FIAS et notre appui à la formation de l’armée et de la police afghanes.

Nous concevons cet engagement, à la fois bilatéral et européen, dans un partenariat étroit et à tous niveaux avec les Nations unies. Seule l’ONU dispose en effet à la fois de la légitimité, de par son impartialité reconnue, et de l’expertise nécessaires pour développer une approche globale de la consolidation du processus démocratique en appui de l’action des autorités afghanes C’est dans cet esprit que nous soutenons le renouvellement du mandat de la MANUA autour des lignes définies par le SGNU dans son rapport. Avec un représentant du Secrétaire Général investi d’une autorité renforcée, un mandat resserré autour de quelques priorités d’action et une présence renforcée sur le terrain, en étroite coordination avec les autres acteurs qui y sont engagés, la MANUA sera en mesure d’assurer avec d’avantage d’efficacité son rôle central dans le redressement de l’Afghanistan, afin d’apporter à sa population la liberté, la sécurité et la prospérité qu’elle mérite.

Je vous remercie./.



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