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8 février 2008 - Conseil de sécurité - Situation au Darfour - Intervention de M. Jean-Maurice Ripert, représentant permanent de la France auprès des Nations Unies

Intervention de M. Jean-Maurice Ripert, Représentant permanent de la France auprès des Nations Unies

Je remercie M. Eliasson et M. Guéhenno de leurs exposés. Ils nous montrent qu’en dépit des efforts inlassables du Secrétariat et de l’Union africaine, que ma délégation tient à saluer, le chemin est encore long pour parvenir à la paix au Darfour.

1/ Notre préoccupation première demeure la sécurité des populations.

Ma délégation est plus que jamais préoccupée par la poursuite des violence contre les civils, ainsi que par les attaques contre les personnels humanitaires qui s’efforcent de leur prêter assistance. Alors que la situation humanitaire des populations n’a cessé de se dégrader depuis l’année dernière, les restrictions délibérées de l’accès humanitaire sur le terrain demeurent ; à ce jour elles concernent des centaines de milliers de personnes, privées de toute assistance.

Nous appelons donc toutes les parties à cesser réellement les hostilités, et à préserver l’accès humanitaire aux personnes qui ont besoin d’assistance. Ma délégation condamne les attaques contre les personnels humanitaires, qui ont augmenté de 150 % en 2007. Ma délégation prend note de l’extension par le Gouvernement soudanais du moratoire sur l’accès humanitaire, et nous invitons les autorités soudanaises à en assurer la pleine mise en œuvre et à faciliter effectivement la délivrance de l’aide humanitaire au Darfour.

2/ Cette insécurité généralisée doit nous inciter à redoubler d’efforts pour assurer un déploiement rapide de la MINUAD.

Nous savons que le Secrétaire général, et le département des opérations de maintien de la paix, font leur maximum, de concert avec l’Union africaine, pour rassembler rapidement une force crédible donc robuste, c’est-à-dire réellement à même de protéger les populations et donc de recréer la confiance indispensable dont a parlé Jean-Marie Guéhenno.

Nous appelons les autorités soudanaises à apporter leur aide aux Nations Unies et à l’Union africaine, comme elles s’y sont engagées à plusieurs reprises, et à respecter leur parole, plutôt qu’à multiplier les conditions, parfois contraire aux principes et règles des nations Unies, ayant pour effet de ralentir le déploiement, voire de compromettre l’efficacité de l’opération. Les propositions faites par le DOMP nous paraissent réalistes. Le Conseil doit selon nous, les appuyer clairement.

3/ Cette même préoccupation de la sécurité des populations nous conduit à souhaiter un déploiement rapide de la force de l’Union européenne et de la mission des Nations Unies à l’est du Tchad et au nord-est de la RCA. L’opération hybride au Darfour d’une part, l’EUFOR et le MINURCAT d’autre part, ont pour vocation de répondre à une même crise humanitaire, qui ne s’est pas arrêtée aux frontières. Les réfugiés soudanais du Tchad, et les déplacés et les autres populations vulnérables des côtés de la frontière, comme en République centrafricaine d’ailleurs, méritent tous d’être protégés et aidés.

La récente crise au Tchad provoquée par une tentative de prise de pouvoir par la force par des groupes rebelles, condamné par l’Union Africaine et le Conseil de Sécurité, a retardé ces déploiements, c’était d’ailleurs probablement l’un des buts poursuivis par les rebelles et leur protecteurs.

Il y a pourtant urgence. Nous nous réjouissons de l’intention de l’Union européenne de reprendre ses opérations dans les prochains jours, dès que les conditions de sécurité le permettront. Nous relevons également très positivement l’appel lancé il y a peu par le Président Idriss Déby, en faveur de la poursuite de l’opération humanitaire à l’Est du Tchad.

4/ Il est clair que le Darfour ne parviendra pas à une stabilité durable sans l’aboutissement du processus politique conduit par MM. Jan Eliasson et Salim Ahmed Salim.

La France en appelle à la responsabilité de tous les acteurs. Chacun d’eux affirme agir dans l’intérêt du Darfour. Ils doivent maintenant le prouver. Ceux qui continuent à recourir à la violence doivent faire taire les armes immédiatement, conformément aux engagements successifs qu’ils ont pris publiquement.

Ceux qui restent en retrait de la table de négociation doivent la rejoindre alors qu’il en est encore temps. La France pour sa part, agit dans le sens souhaité par Messieurs Eliasson et Salim A. Salim.

Ma délégation souhaite enfin réitérer son soutien à l’approche des comédiateurs consistant à associer la société civile aux discussions. Nous sommes en effet très attachés à ce que le processus politique ne donne pas seulement voix au chapitre aux belligérants, mais aussi aux représentants de ceux qui ont été les victimes innocentes des violences et qui sont la raison même de notre engagement pour résoudre cette crise.

5/ Enfin, ma délégation est très attachée à ce que les crimes commis au Darfour ne restent pas impunis. La Cour pénale internationale doit pouvoir poursuivre son action sur les plus graves d’entre eux dont certains auteurs continuent malheureusement à bénéficier de la protection des autorités soudanaise.

Avant de conclure, permettez moi, Monsieur le Président de me joindre à vous pour souhaiter à notre collègue et amie l’Ambassadrice de Croatie un plein succès. Je vous remercie./.



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