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24 juillet 2008 - Conseil de Sécurité - MINUK / Kosovo - Intervention de M. Jean-Pierre Lacroix, chargé d’affaires a.i.

Intervention de M. Jean-Pierre Lacroix, chargé d’affaires a.i.



Monsieur le Président,


Je voudrais tout d’abord remercier pour leur présence M. Jeremic, le Ministre des Affaires étrangères de Serbie, et M. Hyseni, le Ministre des Affaires étrangères du Kosovo, que nous avons tous les deux écoutés avec beaucoup d’attention. Permettez-moi de féliciter M. Jeremic pour sa reconduite dans ses fonctions de Ministre des Affaires étrangères au sein du nouveau Gouvernement serbe.


Ma délégation souhaite également saluer la présence parmi nous, pour la première fois depuis sa nomination à la tête de la MINUK, de M. Lamberto Zannier, Représentant spécial du Secrétaire Général au Kosovo. Nous apprécions l’approche impartiale et pragmatique qu’il vient de nous exposer et sa volonté de coopérer activement, dans cette nouvelle phase, avec les autres acteurs internationaux présents au Kosovo, en particulier avec l’Union européenne. Je tiens à l’assurer qu’il disposera du plein soutien de la France dans l’accomplissement de sa mission.


Comme tous les membres du Conseil de sécurité, nous sommes résolus à tout mettre en œuvre pour que la nouvelle ère qui s’est ouverte dans la vie de la population du Kosovo contribue au retour définitif de la paix et de la stabilité dans l’ensemble des Balkans occidentaux.


Monsieur le Président,


A la suite de notre réunion du 20 juin dernier, le Secrétaire Général a lancé la reconfiguration de la présence civile internationale, dans le cadre de la résolution 1244. Il a agi, en amont et en aval de cette décision, dans un esprit de transparence et de dialogue, et démontré un souci irréprochable d’impartialité au regard du mandat qui lui a été confié par le Conseil de sécurité.


Un mois après cette décision, nous observons une situation sécuritaire qui demeure calme et des institutions qui fonctionnent de manière satisfaisante dans un cadre démocratique. Surtout, la décision du Secrétaire Général de reconfigurer la présence internationale a contribué à maintenir un climat favorable à la poursuite de son action stabilisatrice dans l’ensemble du Kosovo. Elle a ainsi permis d’assurer les objectifs incontestables que le Secrétaire Général avait fixés, c’est-à-dire le maintien de la stabilité et de la sécurité et la préservation de l’œuvre accomplie depuis 9 ans par la MINUK.


La MINUK pourra compter, dans la période à venir, sur la pleine coopération de l’Union européenne. La Mission EULEX, qui devrait être pleinement opérationnelle à l’automne, assume progressivement un rôle opérationnel accru, dans le cadre défini par le Secrétaire général des Nations Unies. Comme l’a récemment rappelé M. Javier Solana, Haut Représentant de l’union Européenne pour la Politique étrangère et de sécurité commune, EULEX opère dans le cadre de la résolution 1244, sous l’autorité globale de l’Organisation des Nations unies et en pleine transparence vis-à-vis d’elle.




Monsieur le Président,


Nous venons d’entendre les ministres des Affaires étrangères serbe et kosovar, qui ont exposé des vues différentes sur, notamment, la question de l’indépendance du Kosovo. Nous avons toutefois noté avec satisfaction un même souci d’aborder ces différends dans un esprit de stabilité et dans l’esprit de préserver les conditions d’un avenir partagé, dans le cadre de l’Union européenne.


Sans ce sens des responsabilités exprimé par les peuples serbe et kosovar et leurs dirigeants et sans la volonté de l’immense majorité de résoudre les différends entre communautés par le dialogue, en évitant tout recours à la force et à la violence, rien ne serait en effet possible.


L’attachement à l’Etat de droit, le souci de construire un Etat multi-ethnique respectueux des minorités, la volonté de nouer des liens d’amitié avec les voisins du Kosovo et l’engagement pro-européen des autorités kosovares, que vient de réitérer M. Hyseni, constituent autant d’engagements forts qui contribuent à asseoir progressivement la place du Kosovo dans la communauté internationale.


Ces engagements devront être pleinement mis en oeuvre. La présence internationale, de l’ONU et de ses partenaires, en particulier EULEX, contribuera à la réalisation de cet objectif. Il est donc essentiel que le gouvernement kosovar coopère pleinement avec cette présence internationale en vue de la consolidation d’un Kosovo démocratique, multi-ethnique et respectueux des droits des minorités.




Monsieur le Président,


Un nouveau gouvernement a été formé en Serbie le 7 juillet dernier, à la suite des élections du mois de mai, qui avaient vu la victoire des forces démocratiques et pro-européennes. Ce gouvernement a fait du rapprochement avec l’Union européenne sa priorité. Il a pris à cette fin des mesures courageuses que la France et ses partenaires de l’Union européenne ont accueilli positivement.


Permettez-moi de citer en particulier les conclusions du Conseil Affaires générales et relations extérieures du 22 juillet 2008, en réaction à l’arrestation de Radovan Karadzic : " Ce développement illustre l’engagement du nouveau gouvernement de Belgrade de contribuer à la paix et à la stabilité dans la région des Balkans. Il constitue une étape importante dans la voie du rapprochement de la Serbie avec l’Union européenne. "


La décision du Gouvernement serbe de normaliser ses relations diplomatiques avec l’ensemble des Etats de l’Union européenne constitue également un pas dans la bonne direction. Nous encourageons le Gouvernement serbe à poursuivre dans ce sens et à développer une approche constructive vis-à-vis des efforts engagés par l’Union européenne pour contribuer à la paix et à la stabilité dans la région des Balkans.

Nous demeurons convaincus que la marche de la Serbie vers l’UE, y compris le statut de candidat, peut être accélérée. La France entend donner une impulsion forte en ce sens durant sa Présidence de l’Union européenne en offrant à la Serbie des perspectives claires. Il est à nos yeux certain que la Serbie deviendra membre de l’Union européenne. C’est sa vocation et c’est notre espoir.


Permettez-moi donc d’insister, pour finir, sur ce point : l’Union européenne est pleinement consciente des responsabilités qui lui incombent dans l’accompagnement du règlement de la question du Kosovo et le dépassement des obstacles sur la voie d’un avenir stable et prospère pour les Balkans occidentaux. C’est dans cet esprit qu’elle a déployé la mission EULEX et c’est dans cet esprit que nous nous efforcerons d’avancer dans les mois qui viennent sur la voie d’un avenir commun pour les Serbes et les Kosovars, dans le cadre de l’Union européenne.


Je vous remercie Monsieur le Président./.



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