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7 octobre 2008 - Conseil de sécurité Somalie - intervention de M. Jean-Maurice Ripert

Adoption de la résolution 1838

M. Jean-Maurice Ripert, ambassadeur

Conseil de sécurité sur la Somalie / piraterie (07 octobre 2008)

Adoption de la résolution 1838

Prononcé

Monsieur le Président, je voudrais tout d’abord moi aussi saisir cette occasion pour rendre hommage au talent avec lequel l’ambassadeur KAFANDO a dirigé nos travaux pendant le mois de septembre qui a été un mois particulièrement chargé.


Monsieur le Président, la France se réjouit que le Conseil de sécurité ait lancé un message politique fort en adoptant à l’unanimité et avec de nombreux co-parrainages, issus de différentes régions du monde, la résolution 1838. L’actualité de ces derniers mois a montré que les pirates faisaient peser sur la Somalie et sur toute la communauté internationale une menace désormais globale. L’ensemble de la communauté internationale est appelée à réagir, et si nécessaire, conformément au droit international, notamment au droit de la mer ou sur le fondement de la résolution 1816, à utiliser la force.


Il est essentiel que le Conseil de sécurité reste mobilisé et qu’il puisse en novembre étendre les mesures prises par la résolution 1816. Le Représentant permanent de la Somalie, que je salue, a adressé au Conseil une lettre qui va dans ce sens et en appelle aux Etats membres pour qu’ils agissent, y compris militairement, contre les pirates. La résolution que nous venons d’adopter marque la volonté du Conseil d’inscrire son action dans la durée.

D’ici là, la France souhaite que chacun prenne ses responsabilités et utilise pleinement les dispositions offertes par les résolutions 1814, pour protéger les bâtiments du programme alimentaire mondial contre les pirates, et 1816, pour lutter contre la piraterie en général. Les Etats membres de l’Union européenne notamment s’y emploient. L’Union européenne a créé le 15 septembre une cellule de coordination pour faciliter l’action de ceux qui se déploient dans la zone, comme actuellement la France et l’Espagne. La présidence française travaille activement à ce que l’Union européenne soit prochainement en mesure de prendre la décision de déployer une mission européenne, au titre de la Politique étrangère de sécurité. La France souhaite que d’autres partenaires puissent intervenir aux côtés de l’Union européenne.

Monsieur le Président, l’Ambassadeur KUMALO a souligné que le Conseil ne devait pas perdre de vue la situation en Somalie elle-même. La France partage ce sentiment. Il suffit en effet de se rappeler que la situation continue à se dégrader sur le terrain. 11 civils auraient été tués au cours de la seule journée d’hier et dans le sud du pays une nouvelle attaque a été lancée contre les personnels humanitaires, tuant un travailleur humanitaire somalien et blessant un travailleur italien. Nous voulons rendre hommage ici au courage de ces travailleurs d’ONG, personnels des Nations unies, internationaux ou somaliens, qui risquent chaque jour leur vie. Nous attendons avec intérêt le rapport que le Conseil a demandé pour le mois de novembre au Secrétaire général en vue du déploiement d’une force de stabilisation internationale. Mais cela ne saurait en aucun cas constituer une raison de ne pas agir dès maintenant contre la piraterie : le sort de 3.5 millions de personnes dépendra d’ici la fin 2008 de la sécurité des navires du programme alimentaire mondial. Tous les jours, les pirates tuent peu à peu le peuple somalien. Il y a urgence à agir, c’est le sens de la résolution 1838.

Je vous remercie/.



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