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9 octobre 2008 - Intervention de M. Jean-Maurice Ripert - Commission de la consolidation de la paix et fonds de consolidation de la paix

Commission de la consolidation de la paix et fonds de consolidation de la paix Assemblée générale - points 10 et 101

Monsieur le Président,

Je vous remercie d’avoir organisé ce débat sur la Commission et le fonds de consolidation de la paix, deux outils mis à la disposition de la communauté internationale par le Sommet du Millénaire.

Je souhaite tout d’abord saluer l’Ambassadeur du Japon, qui préside avec détermination et talent nos travaux ainsi que les Ambassadeurs de la Belgique, du Brésil, des Pays-Bas, de la Norvège, du Salvador et de la Suède pour leur conduite des travaux de la Commission, dans ses différentes configurations et pour leurs efforts incessants afin qu’elle établisse sa valeur ajoutée au sein du système.

J’aimerais aussi saluer le rôle du bureau d’appui à la consolidation de la paix et remercier le Secrétaire général pour son soutien à celui-ci : Mme Carolyn Mc Askie qui a jeté les premières pierres de l’édifice et Mme Holl-Lute, qui a pris ses fonctions il y a un mois et à qui nous souhaitons le plus grand succès.

Monsieur le Président,

J’ai l’honneur de m’exprimer aujourd’hui devant vous au nom de l’Union européenne,

La Turquie, la Croatie* et l’ancienne République yougoslave de Macédoine*, pays candidats, la Bosnie-Herzégovine et le Monténégro, pays du processus de stabilisation et d’association et candidat potentiel, ainsi que l’Ukraine et la République de Moldavie se joignent à la présente déclaration.

Une version complète de mon intervention vous est distribuée. Je me bornerai à présenter les grands axes de la position de l’Union européenne.

Monsieur le Président, c’est d’autant plus un honneur de m’adresser à vous que le thème de la stabilisation post-conflit est au centre des réflexions et des priorités de l’Union européenne, qui a salué ces résultats concrets du Sommet de 2005, et les objectifs plus larges poursuivis depuis, notamment la réflexion que le Secrétaire général a engagé à la demande du Conseil de sécurité pour apporter une réponse plus organisée, plus efficace et plus rapide aux défis du post-conflit.

Pendant sa deuxième année de travail, la Commission de consolidation de la paix a marqué des progrès prometteurs. L’attention de la Communauté internationale sur les pays à son ordre du jour s’est accrue. Pour le Burundi et la Sierra-Leone, les deux premiers pays à l’ordre du jour, la mise en œuvre des stratégies de consolidation de la paix repose à présent sur un plan de travail clair pour les mois à venir. Sur le terrain, la coordination est renforcée : les différents acteurs politiques nationaux, la société civile, les partenaires et les différents bailleurs de fonds se parlent et s’efforcent d’œuvrer à la mise en œuvre d’une feuille de route commune.

Dans ce contexte, il est nécessaire de renforcer la visibilité de la Commission de consolidation de la paix et sa capacité d’entraînement et d’influence. Il est remarquable à cet égard que des pays qui bénéficieraient manifestement à s’engager avec la CCP y soient réticents. Des efforts de communication sont nécessaires, auprès des organisations régionales notamment. Il pourrait être envisagé que certaines réunions de la Commission se tiennent ailleurs qu’à New York.

Lorsque l’on parle de la Commission et du fonds de consolidation de la paix, il ne faut pas oublier que ce n’est pas uniquement une question de ressources financières et que la Commission de consolidation de la paix n’a pas vocation à devenir un nouveau guichet d’aide au développement. Toutes les énergies et ressources doivent être mobilisées, et je pense en particulier au rôle des diasporas. Mais il est vrai que dans de nombreux cas, la clé est bien d’élargir le cercle des Etats et des organisations qui appuient les efforts des pays à l’ordre du jour de la CCP. La République centrafricaine en est un particulièrement bel exemple et offre à la Commission l’occasion de développer les instruments pour assurer une mobilisation adéquate de la Communauté internationale.

Monsieur le Président,

L’Union européenne se permet d’émettre quelques suggestions pour l’année à venir s’agissant des axes de travail de la Commission :

Nous devons tout d’abord encourager les efforts déployés par le Bureau d’appui à la consolidation de la paix pour renforcer sa propre capacité à agir en soutien à la CCP.

Ensuite, la Commission doit améliorer ses méthodes de travail pour devenir plus efficace et plus stratégique, en particulier dans la perspective de l’inscription de nouveaux pays à son ordre du jour. Certains instruments ont été développés l’année dernière. Aujourd’hui, la Commission a besoin de moins de réunions, mais de réunion mieux préparées. Et nous ne devons pas hésiter à faire appel aux mécanismes de coordination des Etats les plus engagés, tels le groupe de contact international s’agissant par exemple de la Guinée-Bissao.

De plus, il faudra travailler sur les points d’entrée pour l’engagement de la CCP, la réduction progressive et la fin de celui-ci. Il serait souhaitable que la CCP échange avec l’ECOSOC sur ce sujet.

En définitive, le travail de la Commission de consolidation doit être intégré dans les stratégies du Conseil de sécurité le plus en amont possible et similairement, la Commission doit amener les acteurs du développement à inscrire leurs actions dans une stratégie de stabilisation politique et sécuritaire, en s’appuyant sur les efforts généraux pour renforcer la cohérence de l’Organisation dans son ensemble.

Monsieur le Président,

L’Union européenne soutient pleinement les activités de la Commission de consolidation de la paix et elle partage les priorités que l’Ambassadeur Takasu vient de nous proposer. La Commission européenne est activement engagée dans tous les pays inscrits à l’ordre du jour de la CCP où elle est l’un des principaux bailleurs, sinon le premier, en termes d’aide budgétaire, d’aide humanitaire et d’aide au développement. Elle participe aussi à l’élaboration des stratégies de consolidation de la paix. Enfin, n’oublions pas que l’Union européenne peut aussi soutenir la mise en œuvre des volets politiques et sécuritaires de ces stratégies, y compris à travers les instruments de la Politique européenne de sécurité et de Défense, comme c’est le cas avec la mission d’appui et d’assistance à la réforme du secteur de la sécurité en Guinée-Bissao.

Monsieur le Président,

L’Union européenne note que les institutions financières internationales ne sont pas en reste et ont commencé à adapter leurs instruments, tout comme les acteurs régionaux et sous-régionaux, en particulier l’Union africaine. Le système des Nations Unies montre ainsi qu’il peut être plus engagé et prêt à s’aligner sur les stratégies définies par la Commission.

J’aimerais enfin, Monsieur le Président, revenir sur le fonds de consolidation de la paix auquel les Etats membres de l’Union européenne ont individuellement largement contribué.

Le fonds est à la disposition du Secrétaire général, mais il revient à notre Assemblée de lui donner une direction générale. L’Union européenne attend à cet égard avec intérêt l’examen par le Bureau de l’audit et du contrôle interne et les recommandations du groupe consultatif.

Le fonds de consolidation de la paix est un instrument adapté aux problèmes spécifiques de la stabilisation et du relèvement post-conflit, qui n’a pas encore fait la preuve de tout son potentiel. Pour l’Union européenne, la priorité est d’améliorer l’efficacité de sa gestion et sa capacité à produire rapidement des résultats sur le terrain, en jouant son rôle de catalyseur, à l’égard des autres mécanismes financiers du système des Nations unies. Pour ce faire, il sera sans doute nécessaire de clarifier la portée et les critères retenus pour les trois fenêtres. La question générale de la responsabilité est capitale pour maintenir le fonds à flot dans le futur. Nous sommes dès à présent prêts à nous impliquer pour étudier les voies et moyens d’améliorer encore la gestion du fonds dans le cadre de l’Assemblée générale.

Je vous remercie./.



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