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10 mai 2011 - Conseil de Sécurité - Protection des civils dans les conflits armés - Intervention de M. Gérard Araud, président du Conseil de sécurité

Je remercie Mme Amos et MM Le Roy et Simonovic pour leur présentation.

Je m’associe au discours qui sera prononcé par le représentant de l’Union européenne.

Je soulignerai trois points.

— Lorsque des violations graves du droit international humanitaire et des droits de l’Homme, des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité sont commis, il est en effet du devoir du Conseil de sécurité d’intervenir pour les empêcher.

C’est ce que nous avons fait en Libye. Le Conseil de sécurité a autorisé les forces de la coalition à protéger les civils bombardés sur ordres de leurs dirigeants. En frappant les forces de Kadhafi à l’entrée de Benghazi, la France avec ses partenaires y a évité un massacre. En déminant le port de Misratah, nous avons permis à l’aide humanitaire d’être livrée et aux civils d’être évacués.

En Côte d’Ivoire, le Conseil de sécurité a donné à l’ONUCI les moyens de mettre en œuvre son mandat de protection. En contribuant à neutraliser les armes lourdes employées contre les civils, l’ONUCI a empêché que des atrocités soient commises. Nous souhaitons que la détermination dont l’ONUCI a fait preuve soit une référence pour toutes les Opérations de maintien de la paix des Nations unies.

En République démocratique du Congo, la MONUSCO doit continuer d’intervenir de manière tout aussi déterminée. Nous devons soutenir les autorités congolaises pour qu’elles disposent des capacités d’assurer une protection efficace des civils sur le long terme.

— Pour la France, la protection des civils et des droits de l’Homme est une priorité dans toutes les situations. Nous sommes déterminés à ce que le Conseil de sécurité continue de prendre les mesures adaptées aux situations en cause.

Ainsi, en Syrie, le gouvernement tire sur sa population, l’assiège, recourt aux arrestations arbitraires par milliers, aux disparitions forcées, et à la torture. Cela doit cesser. Les manifestants, les défenseurs des droits de l’homme et les journalistes doivent être libérés. La liberté d’expression doit être respectée. Le gouvernement doit coopérer avec la mission d’enquête du Haut Commissariat aux droits de l’Homme et autoriser l’accès humanitaire, y compris la mission d’évaluation du Bureau de Coordination de l’Aide humanitaire.

— La protection des civils exige que justice soit rendue aux victimes. La responsabilité première incombe aux Etats mais la communauté internationale doit appuyer ou suppléer leurs efforts lorsqu’ils sont défaillants.

C’est pourquoi, à Sri Lanka, le gouvernement doit mener des enquêtes indépendantes et impartiales sur les allégations de violations graves du droit international humanitaire et des droits de l’homme documentées par le panel du Secrétaire général dans son rapport et juger les responsables. Le gouvernement sri lankais doit mettre en œuvre les autres recommandations et poursuivre son dialogue avec les Nations unies.

Au Darfour, alors que la Cour pénale internationale a émis des mandats d’arrêt pour crimes contre l’humanité et pour génocide, rien ne change. Les entraves à l’accès humanitaire, les bombardements de civils, la présence de milices autour des camps de déplacés se poursuivent. Ils sont inacceptables.

Ces derniers mois, le Conseil de sécurité a démontré sa capacité à appliquer les principes sur la protection des civils aux situations concrètes dans lesquelles des civils sont effectivement menacés. Nous devons poursuivre nos efforts.

Je vous remercie.



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