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11 mai 2010 - Conseil de sécurité - Menaces à la paix et à la sécurité internationales causées par des actes de terrorisme - Intervention de M. Nicolas de Rivière, chargé d’affaires A.I. de la France auprès des Nations unies

Madame la Présidente,

Tout d’abord, je souhaiterais exprimer la reconnaissance de la France aux trois Présidents des comités 1267, 1373 et 1540, les Ambassadeurs Mayr-Harting, Apakan et Heller. Leur dynamisme et leur implication constante permet au Conseil de sécurité de jouer un rôle grandissant dans la lutte contre le terrorisme.

Je m’associe à la déclaration que prononcera tout à l’heure le représentant de la délégation européenne au nom de l’Union européenne.

Depuis la dernière réunion que nous avons eue à ce sujet, en novembre dernier, de nouveaux actes de terrorisme sont venus prouver à tous à quel point la menace demeure présente, y compris pour les Nations unies elles-mêmes.

Nous venons d’entendre les exposés des trois Présidents des comités concernés, qui ont fait apparaître les progrès réalisés, mais aussi les défis auxquels nous faisons face. Les trois comités que nous avons créés entre 1999 et 2004 ont, de notre point de vue, outre une grande valeur politique, une véritable utilité opérationnelle. Nous devons continuer à améliorer leur fonctionnement.

Madame la Présidente,

Permettez-moi de dire un mot de chacun de ces trois comités :

- Dans le cadre du comité 1267, nous avions créé en 2006 à l’initiative de la France un " Point focal " permettant aux personnes et entités inscrites sur la liste du comité de demander leur radiation. L’adoption de la résolution 1904 en décembre dernier va plus loin encore en leur donnant les moyens d’avoir un échange facilité avec le Comité, via une personnalité de haut rang qui apportera tout l’éclairage nécessaire sur les informations transmises, ce qui constitue ainsi une aide utile au Comité dans le cadre de sa prise de décisions. Nous appelons de nos vœux la nomination prochaine de ce Médiateur.

Le Comité accomplit aussi actuellement un immense travail consistant à réviser l’intégralité de la liste, pour s’assurer qu’elle corresponde toujours à la menace. Ce travail de révision très technique peut sembler fastidieux. A quoi bon chercher des renseignements sur tel ou tel terroriste dont on pense avoir perdu la piste ? Pourtant, il n’y a aucun doute que de nombreux terroristes ont été empêchés de mener des projets à bien, parce qu’ils étaient à court de financement ou qu’ils ne pouvaient se déplacer. Combien de vies sauvées ? Il est malheureusement plus facile de compter les victimes d’actes de terrorisme que l’absence de victimes d’actes qui n’ont pas eu lieu. Ainsi ce travail de fourmi touche la sécurité de tous les Etats membres, il est essentiel que tous les Etats concernés par cette révision apportent leur aide au comité.


- Le Comité contre le terrorisme accomplit lui aussi un travail essentiel, nous mettant tous face à nos responsabilités. Comme tous les autres Etats, la France est soumise à cet examen. C’est pour tous les Etats membres des Nations unies un moyen de vérifier que nos mesures nationales sont aussi optimales que possible. C’est notre obligation à tous, mais c’est aussi notre intérêt. Nous nous félicitons des travaux de ce comité, sous la direction de la Turquie : il doit s’attacher non seulement à analyser et rendre compte, mais surtout à faire des recommandations destinées à tous les Etats membres.

Le Comité contre le terrorisme est appelé à jouer un rôle plus stratégique dans le système des Nations unies, en faisant évoluer les mesures prises par l’ensemble des Etats dans le sens d’une meilleure prise en compte du risque terroriste, notamment via la présentation de focus réguliers sur certaines zones géographiques, tout en s’assurant que les droits de l’homme soient respectés. Nous estimons ainsi très utiles les présentations thématiques ouvertes à tous Etats membres des Nations unies, et souhaitons que dans les domaines les plus sensibles, le comité soit en mesure de préparer des guides de bonnes pratiques accessibles à tous.

- Quelques mots sur le Comité 1540 :

— Le terrorisme NRBC reste une des principales menaces à notre sécurité. Nous saluons à cet égard le sommet qui s’est tenu à Washington, les engagements formulés à cette occasion, et la perspective d’un nouveau sommet en Corée dans deux ans.

— Mais il reste encore beaucoup à faire pour le Comité. Presque une trentaine d’Etats n’a encore jamais fait rapport sur les mesures prises pour mettre en oeuvre la résolution. Nous remercions la présidence mexicaine pour ses efforts envers eux. Une chose est claire : tout le monde doit se sentir concerné par la résolution. Tout le monde doit répondre à la demande de rapport. Nul n’est certain d’être épargné par le terrorisme NBC. Il n’y a pas de sanctuaire.

— L’un des domaines où nous pouvons aussi progresser est l’assistance. Comme vous le savez, mon pays coordonne le groupe de travail sur ce point. Plusieurs avancées ont été déjà réalisées. Nous nous sommes dotés d’un outil de suivi efficace des demandes et des offres d’assistance. Nous améliorons les procédures de traitement pour raccourcir les délais. Plusieurs domaines sont également en chantier. Le développement des visites spécifiques à des pays ; elles intéressent un grand nombre, et aideront les Etats à améliorer leurs législations et leurs contrôles.

— Pour conclure, il y a un point sur lequel nous avons besoin de l’aide des Etats pour améliorer l’action du Comité. J’aimerais faire un appel à tous ceux qui offrent ou reçoivent de l’aide pour la mise en oeuvre de la résolution 1540 à le signaler au Comité. C’est seulement ainsi que nous pourrons lui permettre de jouer pleinement son rôle.

Madame la Présidente,

La création de l’Equipe spéciale contre le terrorisme est un apport essentiel dans le système des Nations unies. Elle regroupe les différents acteurs concernés, y compris les trois comités dont nous parlons aujourd’hui, elle regroupe les efforts, permet un meilleur partage d’expériences. Nous devons continuer à la soutenir. Nous ne doutons pas que la revue de la Stratégie globale, qui aura lieu en septembre prochain, permettra de mesurer l’utilité de ce nouvel outil.

Pour finir, je veux de nouveau exprimer toute la reconnaissance de la France pour le travail accompli par les Ambassadeurs Mayr-Harting, Apakan et Heller et leurs collaborateurs, mais aussi par les équipes d’experts de très grande qualité, qui assistent nos trois comités et sans lesquels, disons-le, notre travail ne pourrait s’accomplir.

La France continuera de jouer un rôle actif au sein des trois comités, et de tout faire pour que les Nations unies soient plus fortes pour lutter contre le terrorisme sous toutes ses formes.

Je vous remercie./.



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