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12 décembre 2013 - Conseil de sécurité - Paix et sécurité en Afrique/Sahel - Intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Je tiens à vous remercier les intervenants pour leurs présentations des enjeux au Sahel et de leurs propositions pour y répondre.

Les pays du Sahel sont confrontés à des enjeux transnationaux complexes qui concernent tous les domaines : gouvernance, sécurité, situation humanitaire, et enjeux de développement. Ces phénomènes ne connaissent pas de frontières. Ils appellent donc une réponse conjointe.

C’est à juste titre que la stratégie intégrée des Nations unies pour le Sahel, que le Secrétaire général a lancé en septembre 2012 à la demande du Conseil de sécurité, vise à adopter une approche globale face à ces défis. Le renforcement prévu du Bureau pour l’Afrique de l’Ouest à Dakar jouera un rôle de coordination essentiel entre tous les acteurs pour sa mise en œuvre.

Mais cette stratégie n’aurait pas de sens si elle n’était pas soutenue par l’ensemble de la communauté internationale. C’est dans ce contexte que je salue les engagements annoncés par la Banque mondiale et par l’Union européenne en faveur des pays du Sahel en novembre dernier. La France, premier bailleur bilatéral dans la région, a également décidé d’augmenter son engagement qui atteindra 900 millions d’euros pour les années 2014-2015, soit plus de 1,2 milliard de dollars. Par ailleurs le fonds d’action pour le Sahel, promu par M. Prodi et qui sera géré par la Banque africaine de développement, pourra contribuer aux efforts internationaux dans le cadre de la stratégie intégrée des Nations unies.

Pour être efficaces il est essentiel que ces investissements répondent aux demandes des Etats concernés et que ces annonces se traduisent rapidement par des projets concrets pour les populations du Sahel.

On estime à plus de 10 millions le nombre de personnes souffrant d’insécurité alimentaire dans la région. Il est de notre devoir collectif d’améliorer l’accès de ces personnes aux services de base : les transports, l’eau, la nourriture, l’éducation, la santé. Le développement des espaces désertiques doit être un axe majeur de nos efforts, en soutenant notamment le pastoralisme et le développement d’infrastructures permettant de désenclaver ces espaces.

Cependant, pour faire face à ces défis, il est aussi un mot qui me paraît essentiel : la confiance. Sans confiance entre tous les Etats de la région, nous ne pourrons pas apporter une réponse coordonnée aux défis transnationaux. La confiance entre tous les Etats concernés, entre Etats d’Afrique de l’Ouest, entre Etats du Maghreb et entre Etats d’Afrique de l’Ouest et du Maghreb, est cruciale pour s’attaquer collectivement aux défis de la région. C’est notamment le sens de la déclaration présidentielle que nous venons d’adopter, à l’initiative de notre partenaire marocain.

En matière de sécurité particulièrement, les groupes terroristes et les trafics dans la région ne connaissent pas de frontières, ce qui rend d’autant plus nécessaire une approche coordonnée. Nous saluons dans ce domaine la tenue de deux conférences sur les frontières à Tripoli en 2012 et à Rabat en 2013.

Nous saluons également le mécanisme de concertation et de coordination de la stratégie Sahel des Nations unies mis en place le 5 novembre dernier à Bamako par les ministres de tous les Etats de la région. Cette plateforme, présidée pour deux ans par le Mali et dont le secrétariat sera assuré par l’Union africaine et les Nations unies, a pour mérite de rassembler tous les Etats d’Afrique de l’Ouest et du Maghreb, ainsi que les organisations internationales et régionales concernées, notamment l’Union africaine et l’Union européenne. Les principaux pays partenaires pourraient utilement être associés à ce mécanisme.

Mesdames, messieurs,

La France est engagée aux côtés des Etats de la région pour renforcer la sécurité dans le Sahel, à titre national comme dans le cadre de la stratégie de l’Union européenne pour le Sahel. C’est pourquoi nous organiserons la semaine prochaine une réunion sur le trafic de drogue et ses conséquences sur la paix et la sécurité en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Les effets délétères du trafic de drogue, qui favorise la corruption et mine la gouvernance des Etats, méritent une réponse collective renforcée.

Au-delà, je tiens à réitérer notre engagement, aux côtés des populations du Sahel, pour faire face aux défis auxquelles elles sont confrontées. Après le temps de l’urgence au Mali, le temps est plus que venu pour la communauté internationale d’agir dans la durée face aux causes profondes de la crise dans cette région. Il n’y aura pas de sécurité au Sahel sans développement. Inversement, l’amélioration de la sécurité est indispensable pour permettre à cette région de se développer.

Je vous remercie.


En savoir plus sur les menaces transversales à la paix et à la sécurité internationales.



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