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12 juillet 2011 - Conseil de sécurité - Enfants dans les conflits armés - Intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président,

Monsieur le Secrétaire général,

Madame la Représentante spéciale

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Monsieur le directeur général de l’UNICEF,

Mesdames, Messieurs,

La France souscrit à l’intervention qui sera prononcée au nom de l’Union européenne.

Je remercie le ministre des Affaires étrangères de la République fédérale d’Allemagne pour son initiative de réunir le Conseil de sécurité pour traiter de la question des enfants dans les conflits armés.

Le Conseil de sécurité prouve ce matin qu’il est résolu à agir pour faire respecter le droit à l’éducation et à la santé dans les conflits armés.

Les attaques contre les écoles, les hôpitaux et leur personnel sont prohibées par le droit international humanitaire :
— pendant le conflit, elles détruisent des infrastructures essentielles et éliminent des élites indispensables au pays ;
— après le conflit, elles ont un impact durable sur la reconstruction.

Le Conseil de sécurité envoie aujourd’hui un signal clair aux parties au conflit qui commettent de telles attaques, en décidant d’agir sur la base des informations fournies par le Secrétariat. Il s’agit d’une avancée majeure. Elle répond d’une part à l’augmentation des attaques contre les hôpitaux, les écoles et leur personnel constatées sur le terrain, comme l’illustrent les situations en Afghanistan, au Pakistan et en Syrie. Mais elle répond d’autre part également à la prise de conscience de la communauté internationale qui a suivi la présentation du rapport de l’UNESCO - " La crise cachée : les conflits armés et l’éducation " - qui a révélé que 28 millions d’enfants étaient privés d’instruction élémentaire dans les pays en conflit, ainsi que par ailleurs les contributions de l’Organisation Mondiale de la Santé.

En l’absence de progrès, nous ne devrons pas hésiter devant l’application de sanctions fortes et ciblées.

Une réflexion va s’engager sur ce point au sein du groupe de travail du Conseil de sécurité sur les enfants dans les conflits armés, pour aboutir à des recommandations concrètes au Conseil de sécurité dans un délai d’un an.

Nous mettrons l’accent, dans le cadre de cet exercice, sur deux éléments :

Tout d’abord, le renforcement de la cohérence d’ensemble de l’architecture du système de sanctions, au nom de la crédibilité de l’action du Conseil de sécurité.

Deuxièmement, le renforcement des liens du groupe de travail avec la justice pénale internationale. A cet égard, nous saluons la contribution de la Cour Pénale Internationale à la lutte contre l’impunité, illustrée par le procès en cours de Thomas Lubanga pour crimes de guerre.

Nous appelons la société civile et les Organisations Non Gouvernementales à continuer d’alimenter la réflexion des Etats.

Ensuite, nous rendons hommage au travail du Secrétaire général et de sa Représentante spéciale pour les enfants dans les conflits armés.

Nous soutenons l’analyse et les recommandations développées par le Secrétaire général dans son rapport. Nous rendons hommage à l’engagement personnel du Secrétaire général en faveur de la protection de l’enfance dans les conflits armés et à l’action de la Représentante spéciale, Mme Radhika Coomaraswamy.


Nous partageons l’ambition des Nations unies d’un monde sans enfant-soldat dans 25 ans. C’est un objectif ambitieux, mais réaliste : on estime à 250 000 le nombre d’enfants-soldats dans le monde et l’UNICEF contribue à la réintégration d’environ 10 000 enfants par an. Les défis à relever restent grands pour faire face à l’ampleur des violences sexuelles et des meurtres et mutilations d’enfants. Pour améliorer la mise en œuvre de la résolution 1882, nous appelons le Secrétaire général à fournir les moyens nécessaires pour le mécanisme de surveillance et la communication de l’information et prendre en compte la dimension transfrontalière de certains conflits, comme cela a été fait pour lutter contre l’Armée de Résistance du Seigneur.

Nous saluons la signature de plans d’action en Afghanistan et au Tchad. Nous appelons la République Démocratique du Congo et la Birmanie à finaliser les leurs en lien avec les Nations unies.

S’agissant du soutien du Secrétariat aux travaux du groupe de travail du Conseil de sécurité :

— nous remercions le Secrétaire général pour le soutien administratif ;
— nous souhaitons la poursuite des missions de terrain du groupe de travail au rythme actuel, après le Népal en 2010 et l’Afghanistan en 2011. Nous souhaitons que leur financement soit prévu dans le cadre des mesures nouvelles du budget régulier 2012-2013 qui sera adopté à l’automne.

Nous co-organiserons, avec la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants dans les conflits armés, l’UNICEF et nos partenaires du " Comité de pilotage ", le 4ème forum ministériel de suivi des Principes et des Engagements de Paris dans ce domaine, en marge de la prochaine semaine ministérielle de l’Assemblée générale, fin septembre.

En conclusion, nous rendons hommage à l’Ambassadeur d’Allemagne, M. Peter Wittig, pour la manière dont il exerce la Présidence du groupe de travail du Conseil de sécurité sur les enfants dans les conflits armés.

Monsieur le Président, je vous remercie.



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