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12 mai 2011 - Conseil de sécurité - Les capacités civiles en situation post-conflit - Intervention de M Gérard Araud, président du Conseil de sécurité

Je remercie M. Guéhenno, Mme Malcorra et l’Ambassadeur Gasana pour leur présentation.

Il est logique que l’Assemblée Générale ait examiné hier le rapport sur les capacités civiles dans les situations post-conflit, que le président de la Commission de consolidation de la paix soit présent à notre débat aujourd’hui et que le Secrétariat ait d’ores et déjà engagé le suivi des propositions du groupe de haut niveau dirigé par Jean-Marie Guéhenno.

En effet, la mise en œuvre du rapport exige un effort commun des Nations unies dans leur ensemble, l’engagement du Secrétariat et l’adhésion des Etats-membres. Comme ce fut le cas pour le rapport Brahimi sur les opérations de maintien de la paix et les capacités militaires.

Le rapport sur les capacités civiles en situation post-conflit s’inscrit dans le cadre de nos efforts pour améliorer la performance des Nations unies sur le terrain. Nous avons un intérêt collectif à ce que cet objectif soit atteint. Aussi, nous faut-il éviter les débats idéologiques et nous concentrer sur l’essentiel : comment tirer le meilleur parti du rapport qui nous est présenté ? Comment aider le Secrétariat à le mettre en œuvre dans les meilleures conditions possibles ?

Je m’exprimerai sur trois points qui sont au centre de la réflexion des experts et qui concernent directement ce Conseil :

Tout d’abord, l’appropriation nationale est la priorité. Comme nous l’avons souvent dit dans les débats du Conseil, aucune reconstruction durable n’est possible sans appropriation nationale. De ce point de vue, la mobilisation des ressources humaines locales dans les structures d’appui aux capacités civiles des pays post-conflit a une importance cruciale, comme cela est justement souligné dans le rapport sur les capacités civiles.

Deuxième point, il faut multiplier les partenariats. Le groupe de haut niveau suggère une cellule des partenariats civils pour faciliter la mise en relation des besoins avec les capacités des différents pays. C’est ce que la France a proposé dans le cadre du Groupe de travail du G8 " Maintien de la paix et consolidation de la paix " dont elle exerce actuellement la présidence.

Les pays du Sud peuvent à cet égard fournir plus de capacités civiles. Cela ne signifie pas que les pays du Nord peuvent se décharger de leurs responsabilités en matière de maintien de la paix et développement. Ce n’est pas un transfert du fardeau, c’est le recours à une expertise plus efficace parce que plus proche des réalités du terrain. L’enjeu doit être de renforcer la coopération trilatérale entre donateurs, fournisseurs de personnels et pays hôtes. C’est l’affaire de tous.

Enfin, nous devons encourager l’initiative sur le terrain. Nous soutenons donc l’idée du groupe de haut niveau de donner de plus grandes marges de décision aux représentants spéciaux du Secrétaire Général dans la gestion interne de leurs ressources civiles. C’est une idée féconde car elle peut favoriser une meilleure coordination avec les fonds, les agences et les programmes dans l’utilisation de ces ressources et elle peut donc contribuer à la diffusion d’une culture de résultat dans la gestion des moyens.

Comme nous le constatons régulièrement dans nos débats au Conseil, les besoins en capacités civiles sont nombreux, divers et tendent à augmenter compte tenu de la complexité des situations dans lesquelles l’intervention des Nations unies est requise. Les Nations unies doivent donc être capables de s’adapter dans des délais souvent courts. L’efficacité requiert des capacités civiles et une certaine flexibilité pour leur emploi. Elle exige aussi une gestion responsable et rigoureuse des ressources financières et humaines.

Le suivi de ces recommandations ne pourra se faire qu’avec la participation de tous les Etats membres et sur la base du consensus. Les recommandations qui seront proposées par le Secrétaire général devront être étudiées, notamment en cinquième commission, par l’ensemble des Etats. Nous ne pourrons mener à bien ces réformes importantes qu’en avançant de manière unie et de manière progressive.

Je remercie à nouveau M. Jean-Marie Guéhenno pour l’excellent travail réalisé par le groupe de haut niveau sur les capacités civiles. Je remercie aussi le président de la Commission de consolidation de la paix pour son attention au rapport. Enfin j’exprime, je crois que je le peux le faire au nom de tout le Conseil, toute notre confiance à Mme Susana Malcorra pour le travail de suivi qu’elle a engagé sur les propositions des experts. Nous examinerons avec intérêt le prochain rapport du Secrétaire général à ce sujet.



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