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12 mai 2014 - Conseil de sécurité - Bureau des Nations Unies pour l’Afrique centrale / LRA - Intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président,

Je remercie M. Abou Moussa de sa présentation et le Secrétaire général de son rapport.

Le rapport du Secrétaire général sur l’Afrique centrale est l’illustration d’une dégradation alarmante de la situation politique, sécuritaire et humanitaire dans la région.

Lors de la précédente réunion de ce Conseil en novembre 2013, j’avais lancé un cri d’alarme sur la République Centrafricaine pour mobiliser nos partenaires sur cette crise trop longtemps ignorée. Six mois plus tard, les conséquences régionales que nous anticipions sont désormais une réalité et la crise humanitaire dans ce pays une tragédie. Heureusement, la communauté internationale, et ce Conseil, s’est mobilisée. Nous espérons que l’engagement concerté des pays de la région, de l’Union africaine, des Nations unies, de l’Union européenne et de la France permettra enfin d’enrayer cette spirale infernale.

Comme on peut le lire dans le rapport du Secrétaire général, le mouvement de l’Armée de la résistance du Seigneur profite du vide sécuritaire dans certaines zones reculées de cet immense pays qu’est la Centrafrique, ainsi que vraisemblablement de complicités avec certains groupes armés dont les ex-Séléka. Alors que la menace se réduit dans d’autres régions, comme en République démocratique du Congo, nous devons poursuivre les efforts pour s’assurer que les membres de la LRA ne puissent pas prospérer dans ces zones, de même que dans l’enclave de Kafia Kingi, à la frontière de la Centrafrique, du Soudan et du Soudan du Sud, où Joseph Kony et son entourage auraient à nouveau trouvé refuge.

Nous nous félicitons des actions de la force régionale de l’Union africaine pour lutter contre ce groupe et de l’engagement des pays qui la composent et des partenaires qui la soutiennent. Ces opérations ont su faire la preuve de leur succès, et nous espérons que l’engagement des principaux pays concernés ne faiblira pas tant que la menace ne sera pas éradiquée.

Cette action militaire énergique doit aussi s’accompagner de la poursuite des efforts humanitaires en faveur des victimes de cette insécurité. Nous nous réjouissons de lire que le nombre des personnes déplacées a diminué. Nous encourageons les gouvernements de la région à se soucier du sort des personnes qui sont retournées chez elles, souvent démunies et ayant tout perdu.

Enfin, nous ne devons pas oublier la nécessité de justice, et traduire en justice les principaux dirigeants de l’Armée de Résistance du Seigneur. M. Joseph Kony est visé par un mandat d’arrêt international délivré par la Cour pénale internationale le 8 juillet 2005. Ce mandat n’a toujours pas été exécuté. Nous encourageons les Etats parties au Statut de Rome concernés à renforcer leur coopération et leur collaboration avec la Cour pénale internationale afin que M. Kony soit arrêté, remis à la Cour et rende compte de ses actes abominables devant la justice.

Monsieur le Président,

Alors que la menace de la LRA se réduit, c’est à un autre mouvement dont nous assistons à l’émergence sur la scène régionale : les groupes terroristes Boko Haram et Ansaru. A ce titre, les enlèvements de centaines de jeunes filles et la multiplication des attentats revendiqués par Boko Haram au Nigeria sont révoltants. Nous les condamnons dans les termes les plus fermes et nous réitérons notre soutien, ainsi que nos condoléances, aux autorités du Nigeria. Le rapport du Secrétaire général sur l’Afrique centrale met en lumière les conséquences régionales des activités de ce groupe sur le Cameroun, on ne peut les exclure sur la République centrafricaine et sur le Tchad. Nous nous félicitons des initiatives entreprises par les Etats de la région pour lutter contre cette menace et leur apportons notre entier soutien, notamment, comme vient de l’annoncer le Président de la République française par la tenue à Paris, samedi 17 mai, d’un sommet réunissant les pays limitrophes du Nigeria pour évoquer les problèmes de sécurité en lien avec Boko Haram. Nous encourageons le Bureau des Nations unies à poursuivre son soutien aux autorités de la région.

Terrorisme donc, mais aussi braconnage, trafics d’espèces menacées, trafics de drogue, piraterie, les menaces transversales dans cette région ne manquent pas. Avec l’effondrement du Soudan du Sud dans la guerre civile le 15 décembre dernier, il y a peu de place pour l’optimisme.

Dans ce contexte difficile, nous encourageons les Etats de la région, ainsi que les organisations sous-régionales, à poursuivre leur coopération et nous appelons tous les Etats à les aider. Le soutien du Bureau des Nations unies est essentiel et nous le remercions pour son action de diplomatie préventive et de dialogue dans ce sens.

Je saisis enfin cette occasion pour remercier M. Abou Moussa pour son engagement à la tête du Bureau des Nations unies en Afrique centrale depuis trois ans, et pour souhaiter la bienvenue à son successeur M. Bathily qui aura la lourde tâche de continuer de mobiliser les pays de la région pour lutter ensemble contre ces menaces et facteurs d’instabilité.

Je vous remercie.

Pour en savoir plus sur la République Centrafricaine.



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