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13 juillet 2011 - Conseil de sécurité - Soudan du Sud - Intervention de M. David Douillet, secrétaire d’Etat chargé des Français de l’étranger

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs,


Le Conseil de sécurité vit aujourd’hui un moment historique : nous avons recommandé l’admission aux Nations unies d’un nouvel Etat-membre, son 193ème. L’indépendance du Soudan du Sud est un événement majeur dans l’histoire de l’Afrique. Elle marque la conclusion - heureuse - de cinquante années de guerre, qui ont durement meurtri toutes les populations du Soudan et ont fait des millions de morts. C’est un formidable espoir de paix pour tous, qui montre que la négociation et le dialogue sont plus efficaces que les armes et l’affrontement militaire.

Cette nouvelle naissance d’un Etat en Afrique est la première depuis les décolonisations. Elle est un succès pour le peuple soudanais tout entier, et bien sûr pour le peuple du Soudan du Sud, qui a voté en janvier de façon unanime pour l’indépendance. C’est aussi un succès pour les gouvernements du Nord et du Sud, qui, malgré les difficultés, ont mis en œuvre l’accord de paix global de 2005. Enfin, c’est un soulagement pour la communauté internationale, qui a appuyé ce processus sans relâche et voit dans cet événement la possibilité d’un nouveau départ. Je dois souligner à cet égard la contribution remarquable du Président Mbeki et du Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies, M. Menkerios.

La France s’est elle aussi beaucoup investie dans ces efforts. Elle a soutenu le processus de Naivasha qui a conduit à la signature de l’accord global de paix en 2005. Elle a voté les différentes résolutions qui ont accompagné sa mise en œuvre. Elle n’a jamais cessé le dialogue, ni avec le Nord, ni avec le Sud, notamment quand les discussions entre les partenaires de l’accord de paix se trouvaient ralenties. Elle a reconnu le nouvel Etat, en même temps que l’Union africaine et l’ensemble des Etats membres de l’Union européenne, et établi des relations diplomatiques avec lui dès le 9 juillet.

La France se tient aux côtés du Soudan du Sud pour assurer l’intégration du nouvel Etat dans le concert des Nations, au sein des Nations unies comme dans son environnement régional ou les instances financières multilatérales.

De nombreux défis restent à relever pour permettre au Soudan du Sud, comme au Soudan, de se développer et d’établir des relations harmonieuses. Les deux pays doivent achever les négociations restantes. Tout en assurant, avec les autorités sud-soudanaises, la protection des civils, la MINUSS aura ce rôle d’accompagnement de l’Etat sud-soudanais dans la prise en charge de ses responsabilités. Nous soutenons pleinement Mme Johnson dans cette mission.

Au Nord, certaines régions restent sources d’inquiétude, comme les Etats du Kordofan méridional et du Nil bleu, pour lesquels nous espérons que le Soudan acceptera une présence de la communauté internationale. Au Sud, il faudra mener à bien la réconciliation nationale et assurer la sécurité de tous les habitants ; passer d’une logique centralisée, héritée des années de guerre, au fonctionnement pluraliste d’une démocratie ; construire les infrastructures et les institutions qui permettront à sa population de sortir de la pauvreté. Des conflits qui aujourd’hui encore se règlent en prenant les armes devront s’exprimer pacifiquement, à travers les organes démocratiques. Il faudra pour cela former des cadres, préparer les générations futures à la gestion de l’Etat, mettre en place des institutions solides. La lutte contre l’impunité, au Soudan comme au Soudan du Sud, sera essentielle pour pacifier les relations entre citoyens, mais aussi entre citoyens et autorités.

La France est décidée à appuyer le nouvel Etat pour l’aider dans cette entreprise, en mettant en œuvre l’ensemble de ses instruments de coopération, en coordination avec l’Union européenne et ses principaux partenaires.

Nous sommes très heureux d’accueillir aujourd’hui le Soudan du Sud dans la communauté des nations. C’est l’aboutissement d’une longue lutte. Mais c’est aussi le début d’un chemin sur lequel la communauté internationale et la France continueront de prodiguer leur soutien.

Je vous remercie.



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