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13 mai 2013 - Conseil de sécurité - Les enjeux de la lutte contre le terrorisme en Afrique - Intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président,

Je remercie le Président de la république togolaise, le ministre des Affaires étrangères du Togo, le Secrétaire général et tous les ministres de leur participation à ce débat de haut niveau.

Je m’associe à la déclaration qui sera prononcée par l’Union européenne.

Le terrorisme est une menace majeure pour le continent africain, que ce soit au Sahel, au Nigeria ou en Somalie. Il constitue une menace pour la stabilité régionale, et au-delà, pour la paix et la sécurité internationales. Il s’inscrit donc au cœur de l’action du Conseil de sécurité.

Au Sahel, ce fléau s’est développé sur des problèmes de gouvernance, de trafic de drogue, et de statut des communautés. L’intervention des forces françaises et africaines l’a réduit mais des éléments résiduels demeurent. En Somalie la situation demeure fragile. Le Shebaab contrôle encore une large partie du territoire mais les attentats terroristes visent régulièrement les autorités gouvernementales. Au Nigéria, Boko Haram continue de mener ses tentatives de déstabilisation.

Ce phénomène ne cesse d’évoluer : la porosité des frontières en Afrique, associée aux progrès de la technologie, des communications, de la finance et des transports ont favorisé les relations entre réseaux terroristes et groupes criminels opérant au niveau international, rendant la lutte contre ce fléau encore plus complexe.

Monsieur le Président,

La France a fait de la lutte contre le terrorisme en Afrique une de ses priorités. Notre engagement au Mali depuis le 11 janvier dernier, en lien avec les forces armées maliennes et la force africaine de la MISMA, en est la manifestation la plus visible. A cet égard, je rends hommage à l’engagement de la CEDEAO et de l’Union Africaine. Je salue en particulier la mobilisation des contingents africains, et notamment togolais, qui se sont déployés au Mali dans les délais les plus courts.

En janvier, le Mali aurait pu devenir un Etat dirigé par des terroristes. Cette situation était inacceptable non seulement par les Maliens, mais par tous les Etats de la région, et au-delà de la région, par tous ceux pouvant un jour être frappés par le terrorisme en Afrique, en Europe ou ailleurs. C’est pourquoi la France, à la demande des autorités maliennes, est intervenue aux côtés des forces maliennes et des forces africaines. Les villes du Nord ont été reprises, les terroristes ont été mis en échec, l’intégrité territoriale du Mali a été rétablie.

L’adoption de la résolution 2100 a confirmé le soutien unanime de la communauté internationale à la stabilisation du Mali, ainsi qu’à l’action de la France et des Etats africains pour contrer les groupes terroristes de la région.

Aujourd’hui, le Mali pourra poursuivre son processus politique, notamment par le biais des élections qui auront lieu. C’est fondamental, car ne nous y trompons pas : dans la lutte contre le terrorisme, la politique est aussi une arme.

Monsieur le Président,

La lutte contre le terrorisme, en Afrique et dans le monde, reste avant tout une responsabilité collective, requérant plus que jamais la mobilisation et la coordination de tous les acteurs concernés.

Je pense d’abord aux Etats de la région, sur lesquels repose la responsabilité première de prévenir et de lutter contre toutes les formes et expressions de ce phénomène. Nous invitons à cet égard tous les Etats africains à rejoindre les conventions sectorielles pertinentes de lutte contre le terrorisme, et les appelons à renforcer leur coopération mutuelle, en particulier au Sahel.

Les organisations régionales africaines sont concernées en particulier par ce mal qui s’est niché dans le continent. Mais c’est aussi par elles que passent les solutions. L’Union africaine a ainsi su prendre l’initiative contre le Shebaab, et a fait preuve de détermination contre les groupes terroristes au Mali. Aujourd’hui, plusieurs organisations sous-régionales se sont dotées des outils pour lutter contre le financement du terrorisme, comme le GIABA en Afrique occidentale, dont je salue la présence ici aujourd’hui.

L’Union européenne contribue également aux efforts de lutte contre le terrorisme en Afrique : en effet, ce fléau ne déstabilise pas que la région. Ses conséquences se font sentir partout dans le monde, et par ses efforts en Afrique, l’Europe participe à assurer sa propre sécurité.

Et bien entendu, les Nations unies doivent également jouer un rôle. Notre organisation s’est dotée des outils pertinents pour mener cette lutte. D’abord, elle s’est dotée d’une Stratégie Globale de lutte contre le terrorisme. Elle a également créé des comités de sanction, appuyés par la structure onusienne, et qui rappellent chaque jour aux terroristes que nous ne baissons pas la garde.

Tous ces efforts doivent naturellement être coordonnés pour que leur impact soit maximal. Car ce n’est que collectivement que nous réussirons à lutter efficacement contre le terrorisme en Afrique. L’enjeu est de taille. Et nous n’avons pas le droit d’échouer.

Monsieur le Président,

Permettez-moi avant de conclure de présenter mes condoléances à la Turquie, au gouvernement et au peuple de ce pays qui viennent d’être frappés par le terrorisme.

Je vous remercie.


En savoir plus sur la Lutte contre le terrorisme.



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