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14 avril 2010 - Conseil de Sécurité - Débat ouvert sur la situation au Proche Orient : intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Je remercie le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, M. Pascoe, pour son exposé. Je remercie également le Représentant permanent de l’Etat d’Israël et l’Observateur permanent de Palestine pour leurs interventions.

Je voudrais évoquer trois points :

Premièrement : notre objectif principal aujourd’hui est la relance urgente du processus de paix. Il n’y a pas d’alternative à la reprise des négociations en vue de la création d’un Etat palestinien viable et contigu vivant en paix aux côtés d’Israël dans des frontières sûres et reconnues, sur la base des résolutions du Conseil de sécurité et de l’Initiative arabe de paix. C’est également la position de l’Union européenne, comme l’indiquera le chef de la délégation de l’UE dans son intervention, à laquelle la France s’associe. Le 19 mars dernier, le Quartet a fixé un délai de deux ans au terme duquel les négociations devraient s’achever.

Si les parties continuent à être incapables d’engager sous une forme ou sous une autre une négociation, la communauté internationale devra alors s’engager pour accompagner les négociations et pour garantir les paramètres d’un accord final afin de sortir de cette impasse. Nous travaillons à cet effet étroitement avec les autorités américaines et égyptiennes, à tous les niveaux, pour définir les termes d’un encadrement international à même de permettre cette relance des négociations que nous appelons de nos vœux.

Deuxième point : parallèlement aux efforts pour une reprise des négociations, des évolutions sur le terrain sont indispensables : Je citerai deux secteurs : la colonisation et Gaza

— La colonisation reste un obstacle majeur sur le chemin d’un règlement : La décision du Gouvernement israélien de prononcer un moratoire de 10 mois sur les nouvelles constructions et la délivrance de nouveaux permis de construire en Cisjordanie est un pas dans la bonne direction, qui doit être appliqué pleinement.

Aucune paix ne sera possible sans un arrêt total des constructions dans les colonies, qui sont illégales. Comme l’a rappelé le Président Sarkozy, la colonisation, en rendant plus difficile la perspective d’un Etat palestinien, ne contribue pas à la sécurité d’Israël mais, au contraire, accroît les dangers. Ces dangers nulle part plus qu’à Jérusalem ne sont sensibles. La situation dans la ville sainte à cet égard nous cause les plus vives préoccupations. Nous réaffirmons que toutes provocations doivent être évitées dans une ville particulièrement sensible.

L’Union européenne a ainsi condamné les récentes annonces israéliennes s’agissant de la construction de nouveaux logements à Ramat Shlomo et à Cheikh Jarrah. Les activités de colonisation à Jérusalem-Est, comme les destructions de maisons et autres expulsions sont moralement inacceptables et politiquement dangereuses. Il ne pourra y avoir de paix excluant Jérusalem, qui a vocation, comme l’a dit le président de la République dans son discours à la Knesset le 23 juin 2008, à devenir la capitale de deux Etats.

L’Autorité palestinienne doit, de son côté, poursuivre ses efforts pour le renforcement du secteur de la sécurité et pour la mise en place d’un Etat de droit. La poursuite de la lutte sans merci contre le terrorisme doit rester sa priorité.


— Autre sujet sur le terrain qui mérite notre attention : la question de Gaza

Au-delà des questions humanitaires, oublier Gaza serait une erreur politique. Nous appelons à la mise en œuvre complète de la résolution 1860 avec notamment la levée immédiate du blocus sans condition, blocus qui frappe ce territoire en matière d’aide humanitaire, de biens commerciaux et de mouvement de personnes, mais également nous appelons à l’arrêt de la contrebande d’armes vers Gaza. Les engagements israéliens d’allégements des restrictions sur certains projets de l’ONU à la suite de la visite du Secrétaire général à Gaza vont dans le bon sens. Ces annonces doivent être mises en œuvre et s’amplifier.

La cessation immédiate de toutes les violences, en particulier les tirs de roquettes vers le Sud d’Israël, est également nécessaire. Nous appelons enfin à la libération sans délai de Gilad Shalit, question qui est suivie avec la plus grande attention par la France.

Troisième et dernier point : la communauté internationale doit apporter un soutien fort à l’Autorité palestinienne et à M. Abbas, afin de consolider les institutions de l’Etat palestinien. L’enjeu est aussi pour Israël d’accompagner de manière beaucoup plus déterminée ce mouvement. Des gestes ont été consentis sur le terrain mais ils demeurent insuffisants.

Les Palestiniens doivent pouvoir percevoir que les évolutions sur le terrain tendent vers la fin de l’occupation, notamment en matière de liberté de mouvement et d’accès. A cet égard, nous réitérons notre plein soutien au plan du Premier ministre palestinien, Salam Fayyad, qui s’inscrit pleinement dans la perspective de la conférence de Paris de décembre 2007, dont l’aboutissement sera l’établissement d’un Etat palestinien dans un délai fixé.



Monsieur le Président,

N’oublions pas les autres volets régionaux du processus de paix.

Dans cette perspective, nous travaillons à créer les conditions d’une reprise des pourparlers syro-israéliens. Nous poursuivons également nos efforts au Liban et nous réjouissons que la situation soit restée calme dans le pays. Nous devons néanmoins rester vigilants et continuer à appeler les parties à mettre en œuvre pleinement la R. 1701. A cet égard, les sujets de préoccupations ne manquent pas. Dans ce contexte, nous réaffirmons le rôle crucial que joue la FINUL.

La communauté internationale et ce Conseil ont un rôle majeur à jouer car la situation au Proche Orient nous concerne tous. La France est prête à prendre toute sa part dans cet effort. C’est dans ce sens, que le Président Sarkozy a lancé l’idée d’un sommet pour la paix, qui appuierait les efforts américains et accompagnerait la reprise des négociations de paix et qui serait préparé en concertation avec tous les acteurs concernés.

Je vous remercie./.



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