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15 Juillet 2014 - Conseil de sécurité - Consolidation de la paix - Intervention de M. Philippe Bertoux, conseiller politique de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président,

Je remercie l’actuel Président de Commission de consolidation de la paix, l’ambassadeur Patriota, et son prédécesseur, M. Vilovic pour leurs présentations. Au cœur de l’action des Nations Unies, la consolidation de la paix reste un défi qui mérite toute l’attention de la communauté internationale. Les crises récentes en RCA et au Sud Soudan sont venues nous rappeler l’importance d’un engagement continu de tous en faveur des Etats en situation de post-conflit. Nous saluons donc votre initiative Monsieur le Président d’avoir organisé ce débat qui nous donne l’occasion d’examiner ce sujet et en particulier les actions de la Commission de Consolidation de la Paix.

Monsieur le Président,

Les Nations Unies offrent à la fois une chance et un cadre pour agir de façon coordonnée en faveur de la consolidation de la paix. La coordination de tous les acteurs qui contribuent à la consolidation de la paix est en effet cruciale. La Commission et le Fonds de consolidation de la paix peuvent jouer un rôle très utile pour accompagner les actions sur le terrain, par exemple en agissant en synergie avec les acteurs internationaux présents sur place. A cet égard, nous saluons la mise en place de pôles justice/police au Liberia, financés par le Fonds de consolidation de la paix et soutenus par la MINUL, un exemple de coopération réussie entre acteurs des Nations Unies. En Guinée, la Commission a également permis une coordination efficace entre acteurs internationaux, en particulier avec les organisations financières.

En outre, afin d’éviter les duplications et de préparer les stratégies de sortie, il faut réussir le passage de témoin entre les différents acteurs. La transition a été efficace en Sierra Leone, où le Bureau intégré de consolidation de la paix des Nations Unies a été récemment fermé, témoignant ainsi des avancées réalisées depuis la guerre civile. Par ailleurs, dans ces processus complexes de consolidation de la paix, il est nécessaire de veiller à renforcer l’articulation entre le Représentant spécial du Secrétaire général, qui s’appuie sur les moyens apportés par les opérations de maintien de la paix, et les équipes pays des agences des Nations Unies, menées par le Résident coordinateur.

Enfin, il est essentiel de procéder par étapes de manière à faire intervenir les acteurs concernés au moment où ils peuvent jouer le rôle le plus adapté. Afin de répondre aux nombreux défis posés dans des régions ou Etats où les structures étatiques ont souvent quasiment disparu, les opérations de maintien de la paix jouent souvent un rôle décisif pour poser les bases de la consolidation de la paix. Toutefois, il est nécessaire que la mise en place de ces opérations réponde à une logique séquencée, sans prétendre accomplir en un an une multitude de tâches. C’est dans cet esprit que le Conseil de sécurité a élaboré le mandat de la MINUSCA en RCA.

Monsieur le Président,

Les processus de consolidation de la paix ne peuvent aboutir sans que les priorités suivantes soient respectées. La consolidation de la paix suppose d’abord la mise en place de processus inclusifs, en particulier d’un dialogue national. Il est essentiel que toutes les parties prenantes acceptent ce processus et y participent pleinement. Au Burundi, il est important que la communauté internationale continue à travailler avec le gouvernement afin de faire en sorte d’encourager un dialogue ouvert et le développement d’un environnement propice à tenue d’élections crédibles et justes en 2015.

Travailler à la consolidation de la paix après un conflit doit aussi passer par une inclusion de tous les segments de la société. Nous soutenons avec la plus grande constance la mise en œuvre des résolutions « Femmes, Paix et Sécurité » du Conseil de sécurité ainsi que la recommandation du rapport du Secrétaire général visant à assurer une participation pleine et entière des femmes dans l’ensemble des processus de consolidation de la paix. De ce point de vue, la présence à la tête du gouvernement de Transition de Mme Samba-Panza à la tête du gouvernement de transition en RCA est un symbole fort.

Ensuite, pour une stabilisation durable, il est important de travailler sur la question de la justice et celle de la lutte contre l’impunité, qui sont des vecteurs essentiels à toute réconciliation. Les gouvernements nationaux ont évidemment la responsabilité première de poursuivre et de punir les responsables des atrocités. Toutefois, s’ils manquent à leurs responsabilités ou s’ils n’en ont pas les moyens, la Cour Pénale International doit pouvoir jouer tout son rôle. En RCA, au Mali ou en RDC, la Cour est déjà saisie.

Enfin, il est indispensable d’engager un travail de long terme pour reconstruire des institutions, et permettre la mobilisation de ressources durables : ce thème a été abordé de façon tout à fait pertinente lors de la session annuelle de la Commission de la Consolidation de la Paix en juin dernier. La mobilisation des ressources est en effet cruciale. En RCA, parallèlement à l´effort sécuritaire, il est important d’agir dès à présent pour permettre la remise en route de l´Etat centrafricain, et lui redonner les attributs d´un Etat de droit. Pour ces projets, des moyens sont nécessaires, et la communauté internationale doit continuer à se mobiliser à cet égard.

Monsieur le Président,

La revue de l’architecture de la Commission de consolidation de la paix en 2015 donnera l’occasion d’aller plus loin en matière de coordination. Il faut que la Commission continue de jouer son rôle de « catalyseur de bonnes volontés » et qu’elle continue à améliorer son impact sur le terrain, il faut poursuivre cet effort engagé depuis la révision de 2010 afin d’améliorer la lisibilité de son action, par exemple en poursuivant les efforts qui consistent à lier les actions de la CCP à celles du Fonds pour la consolidation de la paix. Il est également nécessaire de poursuivre les contacts engagés avec les institutions financières internationales.

Nous devons saisir l’occasion de cette revue pour continuer à améliorer le fonctionnement de la CCP, notamment en la rendant plus flexible et plus réactive. A cet égard, le développement de relations étroites avec le Conseil de sécurité s’est révélé utile, comme en témoigne par exemple l’interaction du CSNU avec les différentes présidences de configurations-pays de la CCP. En conclusion, je tiens à saluer la mobilisation des nombreux acteurs qui œuvrent au quotidien à la consolidation de la paix. Nous les encouragerons à améliorer encore leur coopération. C’est de cette manière que nous pourrons améliorer la cohérence de l’action internationale en matière de consolidation de la paix.

Je vous remercie.

En savoir plus sur les opérations de maintien de la paix.



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