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15 octobre 2009 - Conseil de sécurité : Kosovo - Intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président,

Je voudrais remercier pour leur présence M. Vuk Jeremic, ministre des Affaires étrangères de la République de Serbie, et M. Skender Hyseni, ministre des Affaires étrangères de la République du Kosovo, que nous avons écoutés avec attention.

Je souhaite aussi saluer l’action de M. Lamberto Zannier, Représentant spécial du Secrétaire général, qui a mis en œuvre avec beaucoup d’efficacité et de pragmatisme la reconfiguration de la présence internationale décidée par le Secrétaire général avec le soutien du Conseil de sécurité.

Monsieur le Président,

Plus d’un an et demi se sont déjà écoulés depuis l’indépendance du Kosovo. Quel bilan pouvons-nous tirer ?
- l’indépendance du Kosovo a contribué à renforcer la sécurité et la stabilité, en mettant un terme à deux décennies de violences et de défiance.
- Les droits des minorités sont respectés, conformément aux engagements qu’avaient pris les autorités kosovares en acceptant le plan élaboré par l’Envoyé spécial du Secrétaire Général des Nations unies, M. Martti Ahtisaari.



Ce bilan, nous le devons à l’action menée par toutes les femmes et tous les hommes qui ont travaillé au Kosovo dans le cadre de la MINUK depuis dix ans. Nous le devons à l’Union européenne et à sa mission EULEX, qui apportent un soutien essentiel aux autorités kosovares pour les aider à poursuivre la mise en place d’un Etat de droit et d’institutions solides au service des Kosovars. Nous le devons aux Kosovars, qui ont apporté leur confiance à la communauté internationale. Nous le devons enfin aux Serbes, qui ont fait le choix de la raison, celui de tout faire pour que le Kosovo se développe dans la paix et la sérénité, au service de toutes ses communautés.

Bien entendu, des difficultés demeurent. Mais l’analyse de la France est que, si l’on prend de la hauteur par rapport à toutes les imperfections bien réelles que nous pouvons constater sur le terrain, de façon générale le gouvernement du Kosovo a fait preuve de responsabilité et tenu ses engagements. La mise en place d’une Constitution conforme aux normes et valeurs européennes, l’adoption de lois favorisant la participation des minorités, sont autant d’étapes importantes vers un Etat de droit au service de tous les Kosovars, indépendamment de leur appartenance communautaire.

Monsieur le Président,

La réorganisation de la présence internationale s’est déroulée dans de bonnes conditions. L’Union européenne apporte désormais un soutien essentiel avec le déploiement de la mission EULEX, qui accompagne la mise en place des institutions et de l’Etat de droit au Kosovo, dans le cadre de la résolution 1244. La mission européenne poursuit un double objectif : aider les autorités kosovares à consolider les institutions mises en place avec l’appui de la MINUK, et veiller à la pleine mise en œuvre des engagements auxquels elles ont souscrits en matière d’Etat de droit.

Dans ce contexte, le rôle de la Serbie est bien entendu essentiel. Nous nous réjouissons à cet égard de la coopération technique de la mission avec les autorités des pays voisins du Kosovo, et notamment naturellement de la Serbie dans le domaine policier.

Monsieur le Président,

Nous sommes conscients de ce que représente l’indépendance du Kosovo pour la Serbie. Nous l’appelons néanmoins à conserver l’attitude responsable qui est la sienne et à concentrer ses efforts sur sa future intégration à l’Union européenne. La France, qui n’oublie par une longue histoire commune, compte sur la Serbie pour contribuer à la stabilité d’une région difficile. Les propos que vient de tenir M. Jeremic confirment cette orientation.

Nous avons aussi écouté M. Hyseni avec attention. L’attachement à l’Etat de droit, le souci de construire un Etat multiethnique respectueux des minorités, la volonté de nouer des liens d’amitié avec les voisins du Kosovo et l’engagement pro-européen des autorités kosovares, que vient de réitérer le ministre des Affaires étrangères, constituent autant d’engagements forts qu’il convient de saluer.

Monsieur le Président,

Nous venons d’être une nouvelle fois les témoins des divergences persistantes entre la Serbie et le Kosovo. Nous regrettons, de part et d’autre, une guérilla politique et juridique qui est stérile et ne correspond pas à la volonté des deux opinions publiques de surmonter la crise et de se tourner vers le futur. Les peuples sont parfois en avance sur leurs gouvernements. Mais ce que nous devons relever également, c’est le souci partagé par les autorités serbes et kosovares de maintenir la stabilité dans la région et de préserver les conditions d’un avenir partagé au sein de l’Europe. Nous encourageons Belgrade et Pristina à renouer le plus tôt possible un dialogue direct.

L’Union européenne de son côté poursuivra son engagement pour assurer un avenir stable et prospère pour l’ensemble des Balkans occidentaux, et pour offrir un avenir commun aux Serbes et aux Kosovars, dans le cadre de l’aventure européenne qui est la notre.

Je vous remercie./.



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