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16 juin 2010 - Conseil de sécurité - Les enfants et les conflits armés - Intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Madame la Ministre, Madame la Représentante spéciale, Madame la Directrice de l’UNICEF, Mesdames, Messieurs,

Je souscris à l’intervention qui sera prononcée au nom de l’Union européenne.

Permettez-moi de remercier la ministre des Affaires étrangères du Mexique pour son initiative de réunir le Conseil de sécurité pour traiter de la question des enfants dans les conflits armés.


Nous nous réjouissons que le Conseil envoie un signal sans ambiguïté aux parties qui persistent à violer les droits des enfants dans les conflits armés.

Si des parties à un conflit refusent de s’engager sur la voie du dialogue et ne mettent pas en œuvre de plans d’action, malgré les appels réitérés du Conseil en ce sens, alors nous ne devons pas hésiter devant la perspective de sanctions fortes et ciblées.

Le dispositif mis en place dans la déclaration présidentielle qui sera adoptée aujourd’hui vise à une meilleure prise en compte de la protection de l’enfance dans les conflits armés dans le travail des comités de sanction. A cet égard, nous invitons Mme Coomaraswamy à engager sans délai un dialogue direct avec les experts de ces Comités.

En l’absence de comité de sanctions ou lorsque un comité de sanctions serait trop long à mettre en place, le Conseil de sécurité peut agir directement, lorsque c’est nécessaire, par la voie d’une résolution adoptée sous chapitre VII. Dans cette perspective, la réactivité de notre groupe de travail sur les enfants dans les conflits armés devrait être améliorée.


Au-delà de cette perspective de la mise en œuvre de sanctions, nous partageons l’analyse et les recommandations développés par le Secrétaire général dans son rapport pour que cessent les actes odieux qui y sont mentionnés et que leurs auteurs répondent de leurs actes devant la justice. A cet égard, nous saluons l’action de la Cour pénale internationale. Le procès en cours de Thomas Lubanga pour crimes de guerre en est un premier exemple.

Depuis sa création, il y a cinq ans, le groupe de travail s’est concentré sur le recrutement et l’emploi des enfants soldats, et a obtenu des résultats, contribuant à la libération de dizaines de milliers d’enfants. Nous sommes toujours cependant dans la phase de mise en œuvre de la résolution 1882, qui a élargi aux viols et aux autres violences sexuelles, ainsi qu’aux meurtres et mutilations prohibés par le droit international, les critères pour l’inscription de parties aux conflits sur la " liste d’infamies " du Secrétaire général.

A notre sens, cela implique de mettre davantage de moyens à disposition du mécanisme de suivi et d’évaluation et de la mise en œuvre des plans d’action. Cela implique également de mieux prendre en compte la dimension transfrontalière de certains conflits, notamment mais pas seulement en Afrique. Enfin, nous pensons qu’il serait souhaitable d’accorder une attention accrue aux attaques contre l’éducation - qui se multiplient à travers le monde -, dans la perspective de l’élargissement des critères d’inscription de parties au conflit sur cette " liste d’infamies " du Secrétaire Général. Nous souhaiterions des recommandations spécifiques sur ce point dans le prochain rapport.


Les travaux de notre groupe de travail sur les enfants dans les conflits armés seront ponctués par certaines échéances importantes au cours des prochains mois.

Il s’agira tout d’abord de résoudre la question récurrente de son soutien administratif. La charge en repose aujourd’hui sur le seul dévouement de la mission du Mexique. Nous espérons des propositions du Secrétaire général sur ce point dans les prochaines semaines pour prendre la relève de nos amis mexicains.

Il s’agira ensuite d’effectuer une visite-pays du groupe de travail. Nous serions heureux qu’une telle mission puisse intervenir avant la fin de l’année.

Il s’agira enfin de s’assurer de la mise en œuvre des plans d’action sur le terrain. Pour y contribuer, la France co-organisera, avec la représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants dans les conflits armés, l’UNICEF et ses partenaires du " Comité de pilotage ", le 3ème forum ministériel de suivi des Principes et des Engagements de Paris, le 27 septembre prochain. Il mettra l’accent sur l’engagement financier de la communauté internationale, pour s’assurer notamment que les enfants victimes de violations bénéficient de soins et de programmes de réintégration adéquats.

Permettez-moi de conclure, Madame le Ministre, en indiquant que la France soutient sans réserve la campagne lancée par le Secrétaire général en vue de la ratification universelle, dans les deux ans, du protocole facultatif à la Convention sur les droits de l’enfant concernant l’implication d’enfants dans les conflits armés. Nous appelons tous les Etats, comme vous l’avez fait vous-même, Madame le Ministre, n’ayant pas encore ratifié cet instrument à le faire dans les meilleurs délais.


Madame la Présidente, je vous remercie.



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