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16 novembre 2010 - Conseil de sécurité - Soudan - Intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président,

Je remercie le Royaume-Uni d’avoir organisé ce débat.

Monsieur le Président,

L’accord de paix global a permis en 2005 au Soudan de sortir de 20 ans d’une guerre civile meurtrière. Aujourd’hui, il nous faut mettre en œuvre l’accord de paix afin d’éviter de revenir aux violences et à la guerre civile Cet accord de paix doit être mis en œuvre entièrement, ce qui signifie que le référendum d’autodétermination du Sud-Soudan doit, comme tous l’ont dit avant moi, se tenir dans de bonnes conditions à la date prévue, c’est-à-dire le 9 janvier 2011. Pour y parvenir, à l’heure où nous parlons, ce sont des actes, ce sont des initiatives qui sont nécessaires.

Pour le gouvernement du Soudan, la constitution de la commission référendaire l’été dernier a constitué une première étape. Aujourd’hui, la contribution du gouvernement du Soudan au budget de cette commission doit être versée. Le respect de la liberté d’expression doit être assuré.

Préparer le référendum, c’est aussi préparer les suites, afin que, quelque soit l’issue du scrutin, les Sud-Soudanais puissent coexister de façon pacifique avec les Nord-Soudanais. Nous nous félicitons à cet égard de l’avancée des discussions entre le Nord et le Sud conduites sous les auspices du Président Mbeki. Nous encourageons les parties à poursuivre leurs efforts constructifs et à faire le moment venu les concessions nécessaires afin de parvenir à un accord dès que possible. Il faut garder à l’esprit que le coût de ces concessions ne peut être qu’inférieur au gain incommensurable que représente la possibilité d’une paix durable au Soudan. La question d’Abyei notamment doit trouver une solution rapidement.

Il revient aussi aux Nations unies de jouer tout leur rôle dans le processus référendaire pour appuyer les efforts des parties. Nous saluons le travail effectué par le Représentant spécial Haile Menkerios et la Mission des Nations unies. L’expertise et le soutien logistique apportés seront déterminants dans les mois à venir. Nous saluons aussi la mise en place du panel conduit par le Président Mkapa, qui sera en mesure de nous donner, en coordination avec les autres missions d’observation déployées au Soudan, une indication sur les conditions de préparation et de déroulement du référendum. L’Union européenne a pour sa part débuté hier le déploiement de ses premiers personnels sur le terrain pour participer à l’observation de l’enregistrement des électeurs.

Nous devons également veiller à ce que le volet militaire du mandat de la MINUS puisse être rempli dans de bonnes conditions. Nous avons pris note des redéploiements déjà effectués mais aussi de besoins additionnels exprimés par M. Menkerios pour permettre un meilleur maillage du territoire, notamment dans des régions qui pourraient connaitre des tensions. Parce que les enjeux sont considérables et que les Nations unies n’ont pas le droit d’échouer, la France soutient le principe du renforcement demandé par le Secrétariat.

Monsieur le Président,

Dans le contexte actuel, nous devons continuer de porter toute notre attention au Darfour. La guerre entre les forces armées soudanaises et les groupes rebelles s’y poursuit, comme en ont témoigné les combats meurtriers au début du mois avec le JEM.

Une solution politique est indispensable. Nous devons dans ce contexte continuer d’apporter notre soutien aux efforts de la médiation conjointe à Doha. Que les deux principaux groupes rebelles se tiennent encore à l’écart de ce processus est inacceptable. Nous les appelons à rejoindre les discussions sans délai ou pré-conditions. S’y refuser, c’est refuser la paix, c’est encourager la guerre, c’est criminel.

Les Nations unies doivent pour leur part poursuivre leurs efforts pour protéger les civils, comme l’exige le mandat. Il est préoccupant que les résultats de la Force ne soient pas, comme l’a rappelé le Secrétaire général lui-même dans son dernier rapport, à la hauteur des objectifs fixés. Nous encourageons donc la MINUAD à renforcer sa posture et à mettre en œuvre à tous les niveaux et dans toutes les circonstances sa stratégie de protection des civils avec une nouvelle détermination.

Cela implique que les entraves à la liberté de mouvement de la MINUAD cessent complètement. Cela implique aussi que les attaques dont la Force continue de faire l’objet, qui sont des crimes de guerre, cessent. Il n’est pas acceptable que des casques bleus et des civils de la MINUAD continuent d’être régulièrement pris en otage.

Monsieur le Président,

Je souhaiterais conclure en rappelant, comme l’a souligné le rapport du Président Mbeki il y a un an, qu’il ne pourra y avoir de paix sans justice au Darfour. Les crimes qui y ont été perpétrés ne peuvent rester impunis. Nous appelons à cet égard à la coopération de tous les Etats avec la Cour pénale internationale, conformément à la résolution 1593 du Conseil de sécurité.

Je vous remercie./.



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