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17 décembre 2013 - Conseil de sécurité - Afghanistan - Intervention de M. Alexis Lamek, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies

Je remercie le Représentant du Secrétaire général en Afghanistan, M. Jan Kubiš, et je m’associe à la déclaration qui sera prononcée par le représentant de l’Union Européenne.

Mon intervention se concentrera sur trois points : la prochaine élection présidentielle, la situation des droits de l’Homme et la lutte contre la drogue.

Les élections tout d’abord. L’Afghanistan est entré dans la dernière phase de préparation de l’élection présidentielle du printemps 2014. Cette préparation se déroule de façon satisfaisante. La campagne présidentielle doit débuter en février prochain. Cette élection sera le socle de la future légitimité du pouvoir afghan. Elle sera également le signe que la démocratie s’est enracinée dans la vie publique afghane et qu’aucun retour en arrière n’est désormais possible.

Le succès du rendez-vous électoral dépendra de la sécurité et tout doit être fait pour que les forces afghanes relèvent ce défi avec succès. La mobilisation contre la fraude doit également être pleine et entière, afin de ne pas altérer la légitimité du pouvoir qui sortira des urnes.

Par-delà les élections, c’est bien la confiance des forces afghanes en leur capacité à opérer de manière autonome et à s’engager avec robustesse et détermination face aux insurgés qui est en jeu. Il en va de la viabilité de l’Etat afghan à court terme.

La situation humanitaire et des droits de l’Homme demeure préoccupante. La recrudescence des combats a des conséquences dramatiques sur la population civile. Près d’un civil tué sur cinq trouve la mort lors d’accrochages de terrain. Nous appelons les parties à prendre toutes les mesures nécessaires pour minimiser les répercussions de ces engagements.

Nous restons attentifs aux droits des femmes, qui ont connu des avancées sans précédent en Afghanistan. Ces droits ne doivent pas reculer à cause des incertitudes politiques. Par ailleurs, les retards des autorités afghanes dans l’établissement du rapport de mise en œuvre de la loi pour l’élimination des violences faites aux femmes sont préoccupants. Nous invitons le gouvernement afghan à lever tous les doutes sur le maintien de son engagement en matière de droits de l’Homme après le retrait des forces internationales.

Enfin, nous sommes préoccupés par les conditions de sécurité des travailleurs humanitaires et du personnel des agences de développement. Le respect par les parties des principes du droit humanitaire est essentiel à la poursuite de l’engagement international en Afghanistan.

Enfin, sur la lutte contre la drogue. L’Afghanistan a connu en 2013 une production record d’opium. On observe aussi une diversification de la production de stupéfiants. Des cultures de cannabis et des centres d’élaboration de métamphétamines sont apparus. La population afghane compte près d’un million de toxicomanes. La lutte contre les drogues est non seulement un impératif sécuritaire mais également de santé publique.

Nous soulignons, à ce titre, l’importance du cadre régional dans la lutte contre la production et le trafic de drogue. Le cadre du Pacte de Paris reste essentiel à la mobilisation de la communauté internationale. Nous soutenons les actions de l’ONUDC en Afghanistan et dans les pays voisins, à travers nos contributions volontaires annuelles au Pacte de Paris et au programme régional « Afghanistan et pays voisins ». A titre bilatéral, le traité d’amitié et de coopération entre la France et l’Afghanistan prévoit un partenariat renforcé dans le domaine de la lutte contre les stupéfiants, reconnue comme une priorité par nos deux pays.

Si la coopération opérationnelle est satisfaisante, la lutte contre la drogue doit être mieux prise en compte au niveau politique, que ce soit par la MANUA ou les autorités afghanes. Le Secrétaire général le souligne dans son rapport. C’est là un impératif de stabilité et de développement pour l’Afghanistan et ses voisins.

Les partenaires de l’Afghanistan resteront présents au travers de relations bilatérales fondées sur une coopération militaire et civile renforcée. Plus encore, les contours des futures missions internationales d’appui aux forces de sécurité afghanes sont en cours de définition, en réponse aux demandes des autorités afghanes.

La recommandation donnée par la Loya Jirga le 24 novembre d’une signature rapide de l’accord bilatéral de sécurité avec les Etats-Unis marque une nouvelle étape dans la consolidation de ce partenariat.

Enfin, nous considérons que dans ce contexte les Nations unies seront appelées à assumer une responsabilité accrue en Afghanistan. Placée dans une situation plus visible, plus centrale, mais aussi plus complexe la MANUA devra impérativement voir son rôle politique renforcer.

La MANUA devra apporter ses bons offices pour faciliter la mise en œuvre des processus politiques afghans. Elle devra aussi disposer de compétences accrues en matière de défense et promotion des droits de l’Homme. Elle devra enfin assumer un rôle de coordinateur des Fonds, Programmes et Agences spécialisées des Nations unies, pour promouvoir un modèle de développement répondant aux défis d’une économie alimentée par le trafic de drogues.

A cette fin, il nous semble notamment important d’en simplifier le mandat. Nous restons cependant attachés au maintien de sa présence sur l’entière étendue du territoire afghan, indispensable à une vision claire et globale de la situation.

Je vous remercie.


En savoir plus sur l’Afghanistan.



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