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18 décembre 2013 - Conseil de sécurité - Lutte contre le trafic de drogues au Sahel et en Afrique de l’Ouest - Intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Je remercie le Secrétaire Général, M. Fedotov et M. Djinnit pour leurs interventions. Cette réunion, quelques jours après le Sommet organisé par la France sur la paix et la sécurité en Afrique, permet de faire passer des messages forts aux Etats de la région : le trafic de drogues au Sahel et en Afrique de l’Ouest constitue une menace pour la paix et la stabilité ; le Conseil de sécurité en a pris la mesure ; les initiatives des Etats de la région doivent être soutenues par les Nations unies. Je soulignerai trois points, sur la menace, l’engagement de la France et le rôle du Conseil de sécurité.

En premier lieu, le constat. Sans revenir sur les données présentées ce matin, il est clair que le trafic de drogues est une menace pour les pays du Sahel et d’Afrique de l’Ouest, pour leur sécurité, leur stabilité, leur développement, et au-delà pour la paix et la stabilité internationales.

L’Afrique de l’Ouest et le Sahel sont devenus une plaque tournante pour la cocaïne, outre la persistance du cannabis et l’émergence de l’héroïne et des drogues de synthèse.

Les liens entre les divers groupes criminels et, dans certains cas, le financement d’activités terroristes alimentent les rébellions et déstabilisent les pouvoirs en place, comme nous l’avons vu dans plusieurs pays de la région, notamment au Mali ou en Guinée Bissau. Zone de transit et, désormais, de production et de consommation, les Etats de la région doivent faire face à des conséquences désastreuses en termes de corruption, de développement de l’économie illicite et de santé des populations.

Face à l’émergence de cette menace, les Etats d’Afrique de l’Ouest et du Sahel ont alerté la communauté internationale et demandent un soutien à leurs initiatives. Le Secrétaire général, dans plusieurs rapports, a relayé leurs préoccupations.

En second lieu, la France s’est engagée pour répondre à cet appel. Lors du Sommet pour la paix et la sécurité, tenu à Paris les 6 et 7 décembre derniers, les chefs d’Etats et de gouvernement ont exprimé leur détermination à endiguer la production, la transformation, la consommation et les trafics de drogue sur les deux continents, à lutter contre les flux financiers illicites et à renforcer la coopération judiciaire et sécuritaire. La France continuera notamment à apporter son soutien pour la sécurité et la sûreté du domaine maritime africain et des espaces frontaliers, dans le prolongement du Sommet de Yaoundé et de la conférence de Rabat.

La France s’est aussi engagée à porter ces thèmes au sein de l’Union européenne, notamment en appelant à l’adoption d’une stratégie de sûreté maritime de l’Union européenne. Celle-ci pourrait se décliner dans le Golfe de Guinée, pour faire face aux menaces transversales qui affectent cette zone maritime.

Enfin, le rôle du Conseil de sécurité. Avec ce nouveau débat, les membres du Conseil marquent leur engagement contre le trafic de drogues et la criminalité transnationale.

Dans la déclaration présidentielle que nous avons adoptée, les membres du Conseil apportent leur soutien aux initiatives prises par les Etats de la région. Ils demandent aux Nations unies d’aider à leur mise en œuvre, notamment dans le cadre de la Stratégie intégrée pour le Sahel, en coopération avec les autres organisations pertinentes, telles que l’Union européenne. Ils appellent surtout à des mesures concrètes pour faciliter les opérations d’interception maritime, la surveillance des espaces frontaliers, les poursuites, le jugement et la condamnation des trafiquants, la lutte contre la corruption et le blanchiment des capitaux et, enfin, l’adoption de mesures sanitaires pour lutter contre la demande de drogues.

Le Conseil de sécurité doit en outre avoir une meilleure connaissance de l’impact du trafic de drogue et de la criminalité organisée sur les situations à son ordre du jour. C’est pourquoi, le Conseil, dans cette déclaration, demande à être mieux informé par l’ONUDC de ces menaces, notamment lorsqu’il étudie les mandats d’opérations de maintien de la paix et de missions politiques. Il invite aussi l’ONUDC et le Département des affaires politiques, dans le cadre d’interventions périodiques, à informer le Conseil des travaux de l’« Equipe spéciale sur la criminalité transnationale organisée et le trafic de drogues comme menaces à la sécurité et à la stabilité ».

La France continuera ainsi à apporter son soutien à titre national, dans le cadre européen et au Conseil de sécurité, aux initiatives des pays du Sahel et d’Afrique de l’Ouest, pour lutter avec eux contre le fléau du trafic de drogues.

Je vous remercie.


En savoir plus sur la lutte contre le trafic de drogue.



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