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18 janvier 2011 - Conseil de sécurité - Soudan - Intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Je remercie en premier lieu le Représentant spécial Haile Menkerios pour son travail remarquable et à présent à la tête de la Mission des Nations Unies au Soudan. Je remercie également le Président Mkapa pour sa présentation et pour son évaluation du processus.

Monsieur le Président,

Ce sont de bonnes nouvelles qui nous reviennent du Soudan et qui nous ont été présentées ici aujourd’hui.

Le référendum d’autodétermination a débuté à la date prévue et s’est déroulé dans des conditions transparentes et crédibles. La France salue l’ensemble des acteurs qui ont permis que cette étape capitale de la mise en œuvre du CPA ait pu être réalisée :

— les autorités de Khartoum et de Djouba d’abord, qui se sont engagées dans la voie constructive du partenariat plutôt que de la confrontation ;

— la Commission référendaire, qui a assuré l’organisation du scrutin dans des conditions difficiles ;

— la Mission des Nations unies, qui a apporté un appui technique et logistique déterminant pour l’organisation d’un référendum dans le plus grand pays d’Afrique.

— enfin et surtout le peuple soudanais, dont la mobilisation pacifique a conduit, d’après les premières observations, à dépasser le quorum de 60% des votants nécessaire pour valider le scrutin.


Monsieur le Président,

Les parties ont toutefois encore beaucoup à faire d’ici la fin de la période intérimaire prévue par l’accord.

— Il faut d’abord qu’une solution soit trouvée à Abyei. Nous sommes, commes les intervenants précédents, préoccupés par les violences qui s’y sont déroulées. Un accord semble à présent avoir été trouvé entre les parties mais une solution durable doit être définie sur le statut de la province d’Abyei et sur la cohabitation des ethnies qui s’y trouvent.

— Par ailleurs, les questions post-référendaires encore en suspens doivent également être résolues. L’avenir de la relation entre le Nord et le Sud dépend d’une lecture commune du tracé de la frontière, des questions de sécurité, de citoyenneté et de partage des richesses.

Sur Abyei, comme sur les questions post-référendaires, nous appuyons les travaux de facilitation conduits par le panel de haut niveau du Président Mbeki. Nous encourageons les parties à ne ménager aucun effort et à faire les concessions nécessaires pour permettre la mise en place d’une paix durable.

Monsieur le Président,

Si nous nous réjouissons du bon déroulement du référendum, nous ne pouvons pas ignorer la dégradation de la situation au Darfour. Il ne s’agit pas d’attaques sporadiques. C’est bien une guerre entre les forces armées soudanaises et les groupes rebelles, mais aussi au dépend des civils, qui s’est poursuivie, causant des morts et des dizaines de milliers de nouveaux déplacés. Nous sommes aujourd’hui par ailleurs inquiets du sort des pilotes bulgares kidnappés le jeudi 13 janvier.

Vu l’instabilité actuelle, c’est à un véritable cessez-le-feu, puis à un accord de paix durable que les forces armées soudanaises et les groupes rebelles doivent parvenir. Pour cela, des négociations de paix entre belligérants doivent avoir lieu.

A cet égard, le seul cadre de négociations qui existe aujourd’hui est celui des pourparlers de Doha, conduits par le médiateur Djibril Bassolé avec le soutien du gouvernement du Qatar. Ce cadre est perfectible, de nouveaux leviers doivent être trouvés pour ramener le gouvernement soudanais et l’ensemble des groupes rebelles à la table des discussions. Mais veillons à préserver cet outil qui est aujourd’hui le seul à réunir ceux qui font actuellement la guerre.

Nous continuons par ailleurs d’apporter notre soutien à la Mission hybride ONU/UA au Darfour et condamnons avec fermeté les entraves dont elle fait l’objet. Cette Mission doit redoubler d’efforts pour protéger les civils, comme l’exige son mandat. Nous pensons que des progrès sont possibles.

Monsieur le Président,

Je souhaiterais conclure en rappelant qu’il ne pourra y avoir de paix sans justice au Darfour dans le cadre de la mise en œuvre de la résolution 1593du Conseil de Sécurité.

Je vous remercie./.



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