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19 mars 2013 - Conseil de sécurité - Afghanistan - Intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Je remercie le Secrétaire général et le représentant permanent afghan pour leurs interventions. Je salue la présence parmi nous de Monsieur Kubiš, Représentant spécial du Secrétaire général et de Monsieur Usackas, Représentant spécial de l’Union européenne en Afghanistan et m’associe à la déclaration de ce dernier.

Monsieur le Président,

Avec la fin du retrait de nos troupes combattantes d’Afghanistan, une nouvelle étape s’ouvre dans les relations entre la France et ce pays, une relation différente fondée sur une coopération militaire et civile renforcée.

Depuis 2008, en Kapisa et en Surobi, l’armée française avait la responsabilité de former les forces de sécurité afghanes et d’assurer la transition avec les autorités locales. Cette tâche a été menée à bien. Les soldats français encore présents en Afghanistan se concentrent désormais sur le désengagement du matériel militaire, la formation, la gestion de l’hôpital militaire de Kaboul et de l’aéroport. Elles sont donc au service des forces alliées et de la population. Un traité d’amitié et de coopération a été signé et ratifié entre nos deux pays. Une aide financière a été déployée, elle atteindra environ 300 millions d’euros, ce qui aidera ce pays à passer d’une économie de guerre à une économie de paix.

Monsieur le Président,

L’Afghanistan est en passe de retrouver le plein exercice de sa souveraineté à l’issue du processus de Transition. La communauté internationale s’est engagée à maintenir son soutien pendant la décennie de transformation. Dans ce contexte, je voudrais mettre l’accent sur trois défis auxquels l’Afghanistan doit faire face.

Premièrement, celui de la lutte contre la production et le trafic de drogue. L’ONUDC dresse dans son dernier rapport un tableau inquiétant de la situation et des tendances actuelles. Je ne reviens pas sur les chiffres, ni sur les effets dévastateurs de ce fléau, en Afghanistan et au-delà de ses frontières. Il s’agit d’un sujet de préoccupation pour le gouvernement afghan et pour la communauté internationale, qui sont mobilisés ensemble dans le cadre du Pacte de Paris et du Processus d’Istanbul. L’impact de cette question sur l’avenir de l’Afghanistan est évident. Aussi il nous semble légitime que la MANUA intègre cette question sinon dans le cœur de son mandat actuel, du moins dans sa réflexion sur son avenir en Afghanistan, dans le respect des compétences de l’ONUDC et, cela va sans dire, en appui des efforts louables du gouvernement afghan.

Deuxièmement, les élections présidentielle du 5 avril 2014 et législatives de 2015 seront un jalon important pour la communauté internationale et son soutien de long terme à l’Afghanistan, conformément au cadre agréé à Tokyo. Nous appelons les autorités afghanes à organiser des élections crédibles, inclusives, transparentes et pacifiques, en se dotant d’un registre électoral fiable, d’un cadre législatif adéquat, de mesures anti-fraude robustes et en garantissant l’indépendance de la Commission Electorale Indépendante (IEC). Nous appuyons le rôle de soutien du Représentant spécial du Secrétaire général et du PNUD.

Troisièmement, la réconciliation. Seule un véritable processus politique inter-afghan inclusif permettra de garantir l’émergence d’un Afghanistan stable et pacifié. La France soutient les efforts en faveur de la réconciliation et se tient prête à y contribuer, en accord bien sûr avec les autorités afghanes. Nous avons accueilli en décembre dernier à Chantilly une session de dialogue incluant différentes composantes de la société afghane, organisée en totale transparence avec le gouvernement afghan et dans le plein respect des sanctions édictées par le Conseil de sécurité. Nous avons également contribué, à travers les résolutions 1988 et 2082, à réorienter le régime de sanctions dans un sens plus favorable à la réconciliation.

Permettez-moi de conclure en saluant l’adoption de la résolution 2096. Nous remercions l’Australie pour son rôle de facilitateur. Nous espérons que ce qui n’a pas été possible cette année le sera l’année prochaine, à savoir aboutir à un texte plus court, plus clair, un mandat recentré sur quelques priorités, en phase avec la situation sur le terrain et les priorités du gouvernement Afghan, ce qui permettra de renforcer la cohérence d’action des Nations unies sur place.

Je vous remercie.


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