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19 novembre 2013 - Conseil de sécurité - Kosovo/ MINUK - Intervention de M. Alexis Lamek, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations Unies

Je remercie tout d’abord le Représentant spécial du Secrétaire général, M. Farid Zarif, pour son exposé. Je remercie aussi le Premier ministre de la Serbie, Monsieur Ivica Dacic, ainsi que le Premier ministre du Kosovo, Monsieur Hashim Thaçi, pour leurs interventions.

Monsieur le Président,

Le Conseil de sécurité se réunit pour la troisième fois depuis l’accord historique du 19 avril entre la Serbie et le Kosovo, accord obtenu sous les auspices de l’Union européenne. Les espoirs suscités au printemps par ce compromis historique ont depuis été confirmés par les faits. La dynamique créée au mois d’avril a en effet été suivie de rendez-vous réguliers entre les autorités de la Serbie et du Kosovo, tandis que les jalons posés par la feuille de route du 22 mai ont permis des progrès substantiels dans la relation entre les deux pays.

Nous nous félicitons également de l’accord trouvé entre les parties, le 8 septembre à Bruxelles, sur les questions d’énergie et de télécommunications. Par ailleurs, le démantèlement des structures parallèles serbes au nord du Kosovo se poursuit. Enfin, nous constatons avec satisfaction que les lois de ratification des accords du 19 avril ont pu être adoptées au début du mois de septembre par le parlement du Kosovo après leur examen par la Cour constitutionnelle. Tous ces signes, nous semble-t-il, témoignent de l’engagement des parties à respecter et à mettre en œuvre rapidement la parole donnée au printemps.

Les dernières semaines ont vu également l’organisation puis la tenue d’élections municipales sur l’ensemble du territoire du Kosovo, avec le concours essentiel de l’OSCE. Nous félicitons les parties pour leur action auprès des populations locales tout au long de la campagne, en vue d’assurer une participation élevée.

Le premier tour des élections municipales, le 3 novembre dernier, s’est déroulé dans des conditions globalement satisfaisantes et conforte la mise en œuvre de l’accord du 19 avril. Au sud du Kosovo, le taux global de participation des populations serbes a même été supérieur à celui observé en 2009. Tout ceci témoigne d’un début d’appropriation des institutions de Pristina par la communauté serbe.

En dépit des incidents qui ont été observés lors du premier tour mais qui sont restés très localisés, ce scrutin constitue en tant que tel un progrès démocratique indéniable. Le bon déroulement du nouveau vote organisé le 17 novembre dans les trois bureaux de vote de Mitrovica-nord semble en outre indiquer que les leçons ont été rapidement tirées des incidents du 3 novembre.

Le 2ème tour des élections aura donc lieu le 1er décembre et la France appelle les gouvernements kosovar et serbe, ainsi que toutes les communautés du Kosovo, à faire preuve de la même maturité et du même courage lors de cette deuxième phase du scrutin. Enfin, à l’instar du Secrétaire général, nous les encourageons à poursuivre leurs efforts de pédagogie et de réconciliation dans la période post-électorale.

Monsieur le Président,

Le Secrétaire général revient dans son rapport sur l’incident qui a couté la vie à un officier de la mission EULEX, le 19 septembre dernier. Nous condamnons, comme l’ensemble des parties, cette mort d’un agent européen tombé au service de l’Etat de droit et nous remercions chacune des parties pour le concours qu’elle apporte à l’enquête criminelle ouverte par EULEX afin que les perpétrateurs de cet assassinat soient traduits en justice. Cette attaque nous choque tous, et comme le souligne le Secrétaire général, elle contraste avec la situation sécuritaire au Kosovo, qui demeure calme par ailleurs.

Nous tenons donc à saluer de nouveau le travail de la mission EULEX qui, aux côtés de la mission kosovare, et de la KFOR joue aux côtés de l’OSCE un rôle clef pour garantir le bon déroulement de ces élections.

Monsieur le Président,

La décision d’ouvrir les négociations d’adhésion à l’Union Européenne avec la Serbie d’une part, et d’autoriser la Commission à négocier un accord de stabilisation et d’association avec le Kosovo d’autre part sont intervenues après que les deux pays ont accompli d’importants progrès dans la normalisation de leurs relations.

Cette normalisation a été fixée par l’Union Européenne comme critère commun de leur rapprochement européen respectif. Il conviendra dès lors de veiller à ce que l’un comme l’autre restent engagés de manière constructive, et dans la durée, dans l’amélioration de leurs relations. Il en va, en ce qui concerne la Serbie de l’ouverture effective des négociations d’adhésion (que recommande désormais la Commission), il en va également de la poursuite des discussions visant à la conclusion de l’Accord de Stabilisation et d’Association avec le Kosovo.

Au-delà de la normalisation de leurs relations, nous encourageons enfin Belgrade comme Pristina à poursuivre les réformes internes, notamment en matière d’Etat de droit et de protection des minorités. C’est l’unique chemin pour permettre au Kosovo et à la Serbie d’ouvrir ensemble une nouvelle page de leur histoire, qui soit résolument tournée vers la paix et la coopération régionale.

Ces développements positifs imposent que la communauté internationale en prenne acte et à cet égard nous invitons la Mission des Nations Unies au Kosovo (MINUK) à adapter sa présence à la situation sur le terrain, en accord avec les autorités kosovares et en fonction de leurs besoins effectifs.

Je vous remercie.

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