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20 décembre 2012 - Conseil de sécurité - Consolidation de la paix post-conflit - Intervention de M. Martin Briens, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies


Je remercie le Secrétaire général et le Président de la Commission de consolidation de la paix pour leurs présentations. Je m’associe à la déclaration que prononcera l’Union européenne.

Vingt ans après la publication du rapport de l’ancien Secrétaire général, M. Boutros Boutros Ghali, intitulé « Agenda pour la Paix », les Nations unies se sont dotées de nombreux moyens pour faire face au défi de la consolidation de la paix. Nous avons aujourd’hui l’opportunité de faire le bilan des initiatives conduites dans ce domaine.

La consolidation de la paix constitue un véritable défi pour l’Organisation des Nations unies. Il est indispensable que la Communauté internationale dispose d’outils efficaces afin d’éviter la « rechute » et la résurgence de la violence dans les Etats fragilisés par les conflits. L’actualité nous offre de nombreux exemples de la persistance des risques dans les situations post-conflits. Il est donc nécessaire que les Nations unies, dans leur ensemble, utilisent au mieux les moyens à leur disposition pour répondre au défi de la consolidation de la paix.

Je souhaiterais revenir sur trois aspects qui ont été présentés comme prioritaires dans le rapport du Secrétaire général :

Premièrement, les processus de consolidation de la paix doivent être inclusifs.

Aucune reconstruction n’est possible sans une véritable appropriation nationale des objectifs de consolidation de la paix. Mais pour être durable, cette reconstruction doit reposer sur un processus inclusif.

Ce Conseil a encore pu constater hier à propos de la situation en République centrafricaine. Il est essentiel que toutes les parties prenantes acceptent les termes du processus de consolidation de la paix et y participent pleinement. Il est indispensable que ces processus passent par la tenue de dialogues politiques larges, dans lesquels l’opposition, dans un cadre démocratique, a toute sa place.

Il faut également prendre en compte l’avis de différents segments de la société. Travailler à la consolidation de la paix dès la fin d’un conflit doit également passer par une valorisation de la contribution des femmes.

Les femmes doivent avoir accès, de manière plus systématique et sur un pied d’égalité avec les hommes, aux domaines politiques, économiques, sociaux et culturels. A cet égard, nous soutenons pleinement la recommandation du Secrétaire général d’assurer une participation active des femmes dans tous les aspects de la consolidation de la paix. Les objectifs de son Plan d’action en sept points doivent être mis en œuvre.

Deuxièmement, l’effort qui porte sur la mise en place d’institutions doit être renforcé

La mise en place d’institutions est un facteur clé pour la réussite de la consolidation de la paix. Mais au-delà des institutions stricto sensu, c’est tout un environnement propice à la consolidation de la paix qui doit être mis en place. Cela passe donc également par la mise en œuvre de RSS (réforme de secteur de la sécurité), du processus de DDR (démobilisation, désarmement, réintégration), d’un soutien à la réconciliation nationale, à la constitution d’un Etat de droit et à la revitalisation du tissu économique.

La mise en place de tous ces éléments suppose une excellente coordination des acteurs impliqués sur la durée et un séquençage adéquat des transitions.

- La coordination de tous est indispensable à tous les niveaux. La Commission de consolidation de la paix (CCP), dont je voudrais saluer le travail aujourd’hui, peut jouer ce rôle de contact entre différents membres de la communauté internationale (Etats, organisations internationales, institutions financières). Nous encourageons la CCP à intensifier ses efforts dans ce domaine.

- Les transitions doivent se prévoir dans la durée. Ces transitions recouvrent de nombreuses réalités (par exemple passage d’une opération de maintien de la paix à une mission politique spéciale, ou d’une mission politique à un retrait de l’action des Nations unies). La mise en place d’une séquence adéquate passe par la définition de critères mais également par l’anticipation. Le plan de transition mis en place avec la MINUT au Timor-Leste, développé sur la durée et en étroite coordination avec les autorités locales, nous donne un exemple dans lesquelles les réformes institutionnelles ont pu être ajustées avec attention afin de préparer le retrait de la mission.

Troisièmement, le soutien international doit être durable et fondé sur le principe de responsabilité mutuelle.

La consolidation de la paix implique des efforts de long terme. Je souhaiterais mettre l’accent sur deux initiatives qui sont sources d’espoir pour une consolidation de la paix durable : le « New Deal » et l’initiative sur la revue des capacités civiles.

— Le rôle de la communauté internationale est de créer les conditions d’un rétablissement du pays. Les Etats qui reçoivent une aide ne doivent pas être maintenus indéfiniment sous perfusion. Pour y faire face, une option à privilégier est la mise en place de contrats, tels que le « Compact » du « New Deal », qui a été défini lors du Forum sur l’efficacité de l’aide à Busan. Ces contrats consistent à définir des engagements des Etats et permettent donc de l’impliquer dans la démarche.

Les initiatives visant à restaurer un tissu économique viable doivent être particulièrement encouragées. L’organisation d’un événement conjoint entre l’ECOSOC et la Commission de consolidation de la paix au mois de juin sur les partenariats pour la création d’emploi des jeunes a été utile. Mais l’important est qu’il trouve une traduction concrète sur le terrain.

— Pour assurer la durabilité de l’engagement de la communauté internationale, certaines réflexions ont été lancées, comme par exemple la revue des capacités civiles.

Nous tenons à encourager le Secrétaire général à continuer à élargir et à approfondir le vivier d’experts civils pour répondre aux besoins immédiats de renforcement des capacités des pays sortant d’un conflit. La question du développement des partenariats est un élément central de cette revue et nous estimons que là réside le meilleur espoir d’un engagement dans la durée de tous les partenaires. Nous notons avec intérêt le lancement de l’initiative CAPMATCH.

En conclusion, je relève que la mobilisation forte de nombreux acteurs sur cette question cruciale a permis la mise en place de nombreux outils performants. A nous maintenant de les exploiter au mieux, en nous appuyant autant que possible sur les synergies entre les différents instruments dont nous disposons. C’est de cette façon que pourra être assurée la cohérence de l’action internationale et la lisibilité de l’action des Nations unies en matière de consolidation de la paix.

Je vous remercie.

En savoir plus sur la consolidation de la paix.



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