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20 juin 2011 - Conseil de sécurité - Soudan et Soudan du Sud - Intervention de M. Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président,

Je remercie le Président Mbeki et le Représentant spécial Menkerios pour leurs présentations.

Comme l’ont dit le représentant permanent du Soudan et le représentant du Sud-Soudan, la conclusion d’un accord à Addis-Abeba sur Abyei constitue un grand pas en avant pour mettre un terme à la crise que connaissait cette région depuis l’occupation d’Abyei par l’armée soudanaise le 21 mai dernier. C’est une bonne nouvelle.

Je salue l’engagement de l’Ethiopie, et particulièrement du Premier Ministre Meles, qui offre une solution à cette crise en permettant le déploiement de soldats éthiopiens. Il revient maintenant aux parties, en coordination avec le Conseil de sécurité, de permettre la mise en œuvre de l’accord qui vient d’être conclu. Je me félicite que les Etats-Unis aient annoncé leur intention de présenter une résolution pour permettre le déploiement des soldats éthiopiens.

Monsieur le Président,

La région d’Abyei reste pour le moment occupée. Des milices armées continuent de piller les maigres ressources des habitants de la région qui ont fui pour échapper aux combats. Les personnels de la Mission des Nations unies au Soudan font l’objet d’intimidations, qu’il s’agisse de tirs répétés à l’arme lourde à proximité du camp de la MINUS ou encore d’entraves à la liberté de circulation.

Monsieur le Président,

Les informations qui nous ont été rapportées du Sud-Kordofan témoignent d’une situation de guerre. Les combats qui opposent depuis le 5 juin les forces armées soudanaises aux forces du SPLA dans la région de Kadougli ont entrainé le déplacement de plus de 60 000 civils. La situation humanitaire se dégrade et les opérateurs humanitaires n’ont aucun accès aux populations en raison des restrictions imposées.

La France appelle d’urgence les parties à conclure un cessez-le-feu, à permettre la délivrance de l’aide humanitaire, et à reprendre la voie du dialogue pour assurer la mise en œuvre du CPA et permettre à terme une juste représentation de toutes les minorités du Sud-Kordofan.

Il est par ailleurs impératif que la Mission des Nations unies actuellement présente dans cette région mette en œuvre son mandat de protection des civils, placé sous chapitre VII de la Charte. Des milliers de civils cherchent actuellement refuge auprès des Nations unies, notamment à Kadougli. Il est du devoir de la force d’utiliser les moyens nécessaires pour les protéger.

Monsieur le Président,

Si nous devons tirer un enseignement des violences à Abyei et dans le Sud-Kordofan méridional, c’est que la paix obtenue grâce au CPA est précieuse, mais aussi fragile.

La MINUS a appuyé les parties dans la préservation de la paix au Soudan depuis 2005. Il apparaît aujourd’hui que la présence des Nations unies reste justifiée tant que tous les volets du CPA n’ont pas été mis en œuvre et que les tensions dans les zones frontalières ne sont pas apaisées.

Nous invitons donc les parties soudanaises à apprécier la valeur de cette présence des Nations unies et à engager un dialogue sur les mécanismes envisageables, au delà du 9 juillet, pour assurer un appui au maintien de la paix et faciliter ainsi la paix et la prospérité dans la région. Le rapport spécial du Secrétaire général sur cette question constitue selon nous une base de référence pour contribuer à éviter une reprise des violences qui aurait des conséquences dramatiques pour les deux parties.

Je vous remercie./.



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